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Berlin et Paris récompensent les défenseurs des droits de l’Homme

02.12.2016 - Communiqué de presse

Du Brésil au Tchad et de la Russie à la Chine, ils consacrent leur temps et leur énergie à protéger les droits d’autrui, souvent au péril de leur propre vie.

Raed al-Saleh, lauréat du Prix franco-allemand des droits de l’Homme et de l‘État de droit, dirige les Casques blancs qui risquent leur vie pour secourir les victimes des bombardements en Syrie © picture alliance/dpa
Raed al-Saleh, lauréat du Prix franco-allemand des droits de l’Homme et de l‘État de droit, dirige les Casques blancs qui risquent leur vie pour secourir les victimes des bombardements en Syrie© picture alliance/dpa

Seize hommes et femmes engagés pour la défense des droits de l’Homme à travers le monde ont reçu jeudi le premier Prix franco-allemand des droits de l’Homme et de l’État de droit.

Les lauréats ont été proposés en commun par les ambassades d’Allemagne et de France dans le monde, puis choisis parmi 39 candidats. Leurs parcours sont des plus divers. Les uns se battent pour faire respecter les droits de l’Homme dans leur pays, les autres dans un pays tiers ou au sein d’organisations internationales.

Mais « il y a un élément qui vous unit », a dit le chef de la diplomatie allemande, Frank-Walter Steinmeier, « c’est votre courage, votre compassion et votre opiniâtreté dans l’engagement au service d’autrui ».

Des parcours impressionnants

Maria da Penha, lauréat du Prix franco-allemand des droits de l’Homme et de l‘État de droit, milite au Brésil pour la protection des femmes contre la violence conjugale © picture alliance/dpa
Maria da Penha, lauréat du Prix franco-allemand des droits de l’Homme et de l‘État de droit, milite au Brésil pour la protection des femmes contre la violence conjugale© picture alliance/dpa

Lors de la remise du prix, dans la grande salle du ministère des Affaires étrangères, à Berlin, en présence de M. Steinmeier et de son homologue français, Jean-Marc Ayrault, chacun des lauréats a eu l’honneur d’une ovation debout. Il est vrai que les biographies et les actions des seize récipiendaires suscitent le respect.

Ainsi, la Brésilienne Maria da Penha vit en fauteuil roulant depuis qu’elle a été violentée par son mari dans les années 1970. Depuis, elle milite sans relâche pour la protection des femmes contre la violence conjugale.

En Inde, Sunitha Krishnan lutte contre la prostitution et la traite des êtres humains.

Au Tchad, Jacqueline Moudeïna s’est battue pendant plus de quinze ans pour traduire en justice l’ancien président Hissène Habré pour les atrocités commises pendant son mandat.

Au Cameroun, Maximilienne Ngo Mbe a fondé le Réseau des Défenseurs des Droits Humains en Afrique Centrale (REDHAC), une ONG qui s’efforce de faire progresser le respect des droits de l’Homme en Afrique centrale.

Au Bangladesh, Tahmima Rahman, dirige l’ONG « Article 19 » qui lutte pour la liberté d’expression, en particulier celle des journalistes et des blogueurs sur Internet.

En Italie, le gynécologue Pietro Bartolo, natif de l’île de Lampedusa, milite depuis plusieurs années pour la mise en place d’un examen médical pour les réfugiés qui affluent de la mer.

Quant à Raed al-Saleh, c’est un ancien homme d’affaires. Il dirige aujourd’hui les Casques blancs, ces bénévoles qui risquent leur vie pour secourir les victimes des bombardements et reconstruire les infrastructures en Syrie.


Les lauréats du Prix franco-allemand des droits de l’Homme et de l’État de droit :

  • Tahmima Rahman (Bangladesh)
  • Oleg Goulak (Biélorussie)
  • Maria da Penha (Brésil)
  • Saray Thun (Cambodge)
  • Maximilienne Ngo Mbe (Cameroun)
  • Beverley K. Jacobs (Canada)
  • Wang Qiaoling (Chine)
  • Montserrat Solano Carboni (Costa Rica)
  • Sunitha Krishnan (Inde)
  • Mary Lawlor (Irlande)
  • Pietro Bartolo (Italie)
  • Eva Abou Halaweh (Jordanie)
  • Sarah Belal (Pakistan)
  • Valentina Tcherevatienko (Russie)
  • Jacqueline Moudeïna (Tchad)
  • Les Casques blancs (Syrie)

Les droits de l’Homme, « au cœur des politiques étrangères » française et allemande

Le Prix franco-allemand des droits de l’Homme et de l’État de droit sera désormais remis chaque année à des lauréats du monde entier. C’est pour la France et l’Allemagne, unies par l’amitié par-delà des tombeaux du XXe siècle, une manière de regarder vers l’avenir et d’affirmer ensemble leurs valeurs communes d’humanité, de solidarité et de démocratie.

Car la protection de ces droits fondamentaux constitue pour la France comme pour l’Allemagne « le cœur de nos efforts de politique étrangère », a souligné M. Steinmeier.

Or, s’ils constituent « le fondement et la condition préalable à la paix et à la justice dans le monde », ces droits sont un acquis à défendre dans un « monde où un nombre croissant de gouvernements restreignent les libertés publiques et individuelles, au nom de la sécurité, de la stabilité politique ou de spécificités culturelles », soulignent M. Ayrault et M. Steinmeier dans une tribune commune. C’est d’autant plus vrai que « ce phénomène n’épargne pas les démocraties ».

A.L.

Plus d’informations :

Ministère fédéral des Affaires étrangères (en allemand)

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