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Des paroles au lieu des armes : médiation pour la paix au Nigéria

28.11.2016 - Communiqué de presse

Le ministère fédéral des Affaires étrangères soutient la réconciliation de groupes de population en conflit. Une représentante de l’ambassade participe à la première réunion des parties en conflit.

Des conflits sanglants entre différents groupes de population sévissent depuis des décennies au centre du Nigéria. Il s’agit des terres, du droit à la participation et de la religion. Le ministère fédéral des Affaires étrangères soutient les organisations non gouvernementales (ONG) qui proposent des médiations pour aider les parties en conflit à se réconcilier. Une représentante de l’ambassade a participé à la première rencontre des parties en conflit.

Négociations pendant la médiation de paix © Ambassade d'Allemagne, Abidjan
Négociations pendant la médiation de paix© Ambassade d'Allemagne, Abidjan

Il fait lourd dans la salle municipale de Shendam, le thermomètre atteint presque 40 °C. Les rues sont poussiéreuses et parsemées de nids-de-poule. À moto, en bus ou à pied en marchant de longues heures, les représentants de quinze groupes ethniques se sont déplacés pour participer à cette rencontre. Ils sont tous investis d’une grande mission : représenter leur communauté à une médiation visant à régler les conflits qui les opposent. Cette médiation a été organisée par l’ONG Centre for Humanitarian Dialogue avec le soutien de l’ambassade d’Allemagne à Abuja.

Des paysans chrétiens contre des bergers musulmans

Une représentante de l’ambassade d’Allemagne soutient la médiation de paix © Ambassade d'Allemagne, Abidjan
Une représentante de l’ambassade d’Allemagne soutient la médiation de paix© Ambassade d'Allemagne, Abidjan

Shendam se trouve dans le sud de l’État du Plateau au centre du Nigéria. Des conflits sanglants opposent depuis des décennies les différents groupes ethniques de cette région. Le conflit entre les bergers musulmans et les paysans chrétiens compte notamment parmi les plus anciens. En raison de la sécheresse aggravée et de la menace que représente le groupe terroriste Boko Haram, les bergers, nomades traditionnels du nord du Nigéria, descendent de plus en plus vers le sud où leur bétail détruit fréquemment la récolte des paysans de la région. Les querelles au sujet des terres, qui sont vitales pour les deux parties, se terminent souvent par des affrontements violents.

Le cercle vicieux de la violence et de la vengeance a durci les positions des deux parties. « Ils veulent prendre nos terres et nous islamiser ! », affirment les paysans. « En tant que nomades, nous ne sommes reconnus nulle part et n’avons pas de droits ! », répondent les bergers. Une profonde méfiance divise les deux camps. Mais il existe aussi des conflits entre les différentes communautés de paysans. La communauté la plus ancienne revendique le statut d’ « autochtone » pour elle toute seule. En tant qu’ « allochtones », les autres communautés se sentent marginalisées parce qu’elles sont privées de droits politiques.

Le ministère fédéral des Affaires étrangères soutient les médiations

Réunion des représentants des communautés qui présentent leurs revendications © Ambassade d'Allemagne, Abidjan
Réunion des représentants des communautés qui présentent leurs revendications© Ambassade d'Allemagne, Abidjan

Afin de permettre une médiation entre les différentes parties, le ministère fédéral des Affaires étrangères soutient les médiations de l’ONG Centre for Humanitarian Dialogue. Dans le cadre d’une procédure structurée, toutes les communautés se réunissent dans les capitales régionales pour présenter leurs positions et revendications. Sous l’égide de l’ONG, les participants doivent trouver des solutions de compromis susceptibles d’être acceptées par leurs communautés respectives.

L’atmosphère est tendue : une chaise déplacée suffit à provoquer une dispute âpre entre les représentants de deux communautés. La majorité des représentants est impliquée personnellement dans ces querelles qui remontent souvent à plusieurs décennies. Beaucoup ont perdu des proches lors des combats. L’ONG a dû déployer des campagnes de plusieurs semaines pour convaincre les parties de se réunir autour d’une table.

Des négociations chargées d’émotion

Au fil de négociations longues et souvent chargées d’émotion, des solutions ont fini par surgir. « Nous sommes fatigués de nous battre. Nous avons perdu tant de monde. Nous devons enfin faire la paix. », pouvait-on entendre autour de la table. Les négociations ont porté leurs fruits. Une communauté renonce à ses revendications concernant une ville et reconnaît les membres d’une communauté comme étant les premiers habitants historiques. Un représentant de la communauté des bergers et une représentante de la communauté des paysans autochtones se serrent la main et se promettent de trouver désormais des solutions ensemble.

Les négociations bénéficient du soutien de deux participants qui se sont réconciliés lors d’une médiation antérieure. Compte tenu de leur passé, une telle réconciliation semblait presque impossible. Des frères et sœurs de l’un d’entre eux avaient été assassinés sous ses yeux. Aujourd’hui, ils travaillent étroitement ensemble et montrent qu’on peut régler les conflits même si cela semble parfois impossible.


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