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Migrations : présentation à Berlin du Rapport mondial de suivi sur l’éducation 2019 de l’UNESCO

Allocution de Mme Audrey Azoulay, présidente-générale de l'UNESCO, lors de la présentation mondiale du dernier Rapport de suivi sur l'Education pour tous au Ministère fédéral des Affaires étrangères à Berlin

Allocution de Mme Audrey Azoulay, présidente-générale de l'UNESCO, lors de la présentation mondiale du dernier Rapport de suivi sur l'Education pour tous au Ministère fédéral des Affaires étrangères à Berlin, © dpa

23.11.2018 - Article

Communiqué de presse conjoint du ministère fédéral des Affaires étrangères, du ministère fédéral de la Coopération économique et du Développement et de la Commission allemande de l’UNESCO.

L’éducation est indispensable pour une bonne gestion des effets des flux migratoires.

Dans de nombreux pays du monde, on ne reconnaît toujours pas suffisamment aux enfants de réfugiés et de migrants le droit d’obtenir une bonne éducation. Certains gouvernements le leur refusent entièrement. C’est le constat du nouveau Rapport mondial de suivi sur l’éducation de l’UNESCO intitulé « Migration, déplacement et éducation : bâtir des ponts, pas des murs » et présenté ce 20 novembre au ministère fédéral des Affaires étrangères à Berlin. Au cours des deux dernières années, les enfants et adolescents réfugiés ont manqué au total 1,5 milliard de journées scolaires. Les auteurs du rapport saluent les différentes mesures mises en place en Allemagne pour favoriser l’intégration des réfugiés et des migrants, tout en relevant un besoin d’amélioration du système éducatif allemand concernant l’égalité des chances.

Au nom du ministère fédéral des Affaires étrangères, la ministre adjointe Michelle Müntefering a déclaré :

Il est essentiel de permettre aux enfants et aux adolescents du monde entier de participer à l’éducation. Dans le cas des réfugiés et des migrants, cela ne peut réussir qu’à travers la coopération internationale, comme en témoigne le Rapport mondial de suivi sur l’éducation 2019 de l’UNESCO présenté le 20 novembre au ministère fédéral des Affaires étrangères. En matière de fuite et de migration, il est primordial de dialoguer avec respect et attention pour trouver des solutions ensemble.

Martin Jäger, secrétaire d’État au ministère fédéral de la Coopération économique et du Développement, a souligné :

Lorsqu’on prive des enfants de l’accès à l’éducation, on les prive de leur avenir. Car l’éducation est la clé du développement non seulement de chaque individu, mais aussi de la société entière. Notre objectif est donc de permettre aux enfants et aux adolescents de suivre une scolarité même dans des conditions très difficiles, que ce soit dans des régions en crise ou en tant que réfugiés.

Comme d’autres pays, l’Allemagne s’est engagée à mettre en œuvre le Programme de développement durable à l’horizon 2030 qui prévoit notamment l’accès à une éducation de qualité à égalité des chances.

La présidente de la Commission allemande de l’UNESCO, Maria Böhmer, a affirmé :

En matière d’intégration des réfugiés au système éducatif, l’Allemagne a déjà parcouru un long chemin ! Les grands efforts que nous investissons dans la promotion linguistique sont justifiés car la langue est le sésame de notre système éducatif et de notre société. Dans le domaine de l’enseignement professionnel également, il est clair que nous sommes sur la bonne voie. Des structures d’appui fiables déployées au niveau de la Fédération, des Länder et des communes contribuent d’ores et déjà à ce que les réfugiés trouvent une formation et un emploi. Nous devons poursuivre nos investissements et développer les offres de formation afin qu’elles bénéficient à tous les adolescents et aux jeunes adultes.

Dans de nombreux pays, les réfugiés sont exclus du système éducatif

Plus de la moitié des réfugiés dans le monde ont moins de 18 ans. Or de nombreux pays excluent ces jeunes du système éducatif national. Les demandeurs d’asile mineurs vivant dans des camps en Australie, en Hongrie, en Indonésie, en Malaisie ou au Mexique ont tout au plus un accès restreint à l’éducation. Les Rohingya au Bangladesh, les Burundais en Tanzanie, les Karen en Thaïlande et de nombreux Afghans au Pakistan fréquentent des écoles séparées et parfois non homologuées. Par ailleurs, quelques-uns de ces pays d’accueil ne proposent pas aux réfugiés de cours de langue, qui pourtant sont indispensables pour leur insertion sociale et leur intégration au marché du travail. Souvent les réfugiés ont accès à l’éducation mais ne peuvent pas suivre les mêmes cours que les enfants de leur âge dans le pays.
Cependant, les auteurs du rapport relèvent aussi des points positifs : parmi les dix pays accueillant le plus de réfugiés, huit ont réalisé de nets progrès concernant leur intégration au système éducatif national, notamment des pays économiquement faibles comme le Tchad, l’Éthiopie et l’Ouganda.

Les enfants et les jeunes issus de l’immigration toujours défavorisés

Dans les pays à haut revenu, le taux d’élèves issus de l’immigration a grimpé de 15 à 18 pour cent (36 millions) entre 2005 et 2017. Néanmoins, ces jeunes restent défavorisés en matière d’éducation.
En 2017, dans l’Union européenne, les enfants et adolescents nés à l’étranger étaient deux fois plus nombreux à quitter l’école prématurément que ceux nés dans le pays. Les élèves de la première génération d’immigrés continuent d’être défavorisés dans les pays de l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE). Leurs chances d’acquérir des notions de base en lecture, en mathématiques et en sciences naturelles est inférieure de 32 pour cent par rapport aux enfants nés dans le pays.
Parmi les sept pays industrialisés les plus riches, le Canada compte le plus fort pourcentage de personnes issues de l’immigration. Le rapport salue l’approche du pays qui s’engage à enseigner à tous les enfants dès le cours élémentaire des connaissances de base sur les migrations. L’Irlande, dont le pourcentage d’immigrés de la première génération est le plus élevé de l’Union européenne, a financé en plein milieu d’une crise financière une stratégie d’éducation interculturelle axée sur la diversité et les personnes de différentes origines.

Rapport Mondial de suivi sur l'Education pour tous 2019 de l'UNESCO
Rapport Mondial de suivi sur l'Education pour tous 2019 de l'UNESCO© dpa

Les auteurs du rapport de l’UNESCO recommandent de

  • défendre le droit à l’éducation des migrants et des personnes déplacées,
  • intégrer les migrants et les personnes déplacées au système éducatif national,
  • comprendre les besoins éducatifs des migrants et des personnes déplacées et établir des plans en conséquence,
  • veiller à ce que l’éducation donne une représentation exacte de l’histoire des migrations et des déplacements afin de lutter contre les préjugés,
  • préparer les enseignants des migrants et des réfugiés à faire face à la diversité et aux situations difficiles,
  • valoriser le potentiel des migrants et des personnes déplacées,
  • répondre aux besoins éducatifs des migrants et des personnes déplacées dans le cadre de l’aide humanitaire et de l’aide au développement.

Pour en savoir plus :

Télécharger le résumé allemand du Rapport mondial de suivi sur l’éducation

Télécharger la version intégrale du Rapport mondial de suivi sur l’éducation (en anglais)

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