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Pas de paix sans les femmes

Manifestation de Women for peace à Nairobi

Manifestation de « Women for peace » à Nairobi, © SOPA via ZUMA Wire

21.09.2018 - Article

Simone Wisotzki, chercheuse spécialiste de la paix, explique pourquoi l’égalité des sexes rend le monde plus sûr.

Dans les guerres et les conflits, les femmes sont souvent considérées seulement comme des victimes. Cette perspective masque le fait qu’elles peuvent avoir beaucoup d’influence pour vaincre la violence. Simone Wisotzki est membre de la direction de la Fondation hessoise de recherche sur la paix et les conflits (HSFK) de l’Institut Leibniz à Francfort-sur-le-Main : nous l’avons interrogée à ce sujet. Pour elle, la résolution 1325 de l’ONU « Les femmes, la paix, la sécurité » est un pas en avant, mais il ne faut pas oublier que le chemin vers la sécurité est souvent semé d’embûches.

Simone Wisotzki, chercheuse spécialiste de la paix
Simone Wisotzki, chercheuse spécialiste de la paix© Privé
Madame Wisotzki, pourquoi les femmes doivent-elles prendre la parole lorsqu’il s’agit de guerre et de paix ?Des études montrent que dans les sociétés ayant l’égalité des sexes, il y a moins de conflits intra- et inter-étatiques. Lorsque les femmes participent aux négociations, la perspective d’un traité de paix ferme augmente. Cela a réussi au Rwanda, où la proportion de femmes élues au parlement est aujourd’hui l’une des plus élevées au monde.

Lorsque les femmes participent aux négociations, la perspective d’un traité de paix ferme augmente.

Le film «  Pray the Devil Back to Hell » montre l’exemple du Liberia : les partis en conflit de la guerre civile ne cessaient de négocier – sans résultat. Des femmes se rassemblèrent alors autour de la salle de négociations et prévinrent les hommes « Nous ne vous laisserons pas partir d’ici tant que vous ne vous serez pas mis d’accord ». C’est ainsi que les femmes ont obtenu la solution du conflit.

Quelles sont les difficultés ?
Lors des négociations de paix, les femmes sont encore souvent sous-représentées. Il est même parfois difficile de faire comprendre aux acteurs venus d’Allemagne pourquoi les femmes doivent être associées au désarmement et à la reconstruction, même si cela fait partie des directives militaires. Lorsqu’il s’agit de pays comme l’Afghanistan, où les femmes sont discriminées dans leur accès à la vie publique, on se voit souvent rétorquer que ces propositions ne trouvent pas écho sur place. Mais ce n’est pas la bonne approche !

Comment parvient-on à ce que les femmes s’assoient à la table de négociations ?
En nouant des contacts sur le terrain avec la société civile ou avec les associations de femmes qui s’organisent à l’extérieur du pays. Au sein des missions de paix des Nations unies, des conseillers en matière de genre établissent ces contacts. Il est en revanche plus difficile d’atteindre les mouvements populaires.  
Il faut établir un dialogue avec les femmes sur place et s’employer à leur donner plus de force. Un exemple positif est celui du processus de paix sur l’île de Mindanao aux Philippines : Miriam Coronel Ferr y a négocié en 2014 un traité de paix avec le groupe rebelle MILF. Des organisations locales de femmes y ont participé systématiquement et demeurent responsables pour la mise en vigueur du traité de paix.
La durabilité est déterminante. La communauté internationale doit aussi, à long terme, octroyer des fonds et ancrer systématiquement l’égalité des sexes dans tous les domaines de la reconstruction. La réalité est malheureusement tout autre.  

Interview : Tanja Zech

Davantage d’informations sur ce thème

Réseau de points focaux de l’ONU « Femmes, paix et sécurité » (en anglais)

Peace Lab : une politique étrangère féministe pour l’ONU (en allemand)

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