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L’histoire du colonialisme allemand

12.10.2016 - Communiqué de presse

Le Deutsches Historisches Museum (Musée de l’histoire allemande) à Berlin présente l'exposition « Le colonialisme allemand. Fragments de son histoire et du présent » du 14 octobre 2016 au 14 mai 2017. Dans une interview, le commissaire de l'exposition M. Arnulf Scriba en donne un aperçu.

M. Scriba, le Deutsches Historisches Museum à Berlin propose à partir du 14 octobre 2016 une exposition sur le colonialisme allemand avec quelque 500 objets. Pouvez-vous nous en présenter deux ou trois ?

Artillerie de campagne allemande au Cameroun lors de la Guerre 14-18 © picture alliance/akg
Artillerie de campagne allemande au Cameroun lors de la Guerre 14-18 © picture alliance/akg© picture alliance/akg
Chaque pièce exposée informe sur un certain aspect de l’histoire coloniale. Ainsi, nous thématisons la conférence berlinoise de 1884/85 sur l’Afrique, tenue en l’absence de représentants africains, qui est considérée comme le symbole de l’arrogance impériale et, aussi, comme un grand lieu de mémoire de l’histoire coloniale allemande et européenne. Si l’on veut, la conférence marque l’entrée de l’Empire allemand dans la phase active du colonialisme. L’acte final original de la conférence, daté du 26 février 1885, se trouve au début de l’exposition et place le colonialisme allemand dans un contexte européen général.

Un grand objectif de l’exposition est, grâce à un accès thématique, de donner un aperçu sur les intérêts, le déroulement et la dynamique de l’histoire coloniale allemande et de montrer l’idéologie du colonialisme. Le pouvoir colonial était structurellement violent et associé à des manifestations de puissance. Nous présentons donc entre autres une mitraillette Maxim qui, avec plus de 500 tirs à la minute, était l’arme la plus efficace de l‘époque et un symbole de la soumission coloniale de l’Afrique.


L’exposition ne s’achève pas sur 1919, l’année où l’Empire allemand s’est vu retirer toutes ses colonies lors du traité de Versailles.

Non, car nous nous interrogeons aussi sur la façon d’aborder le passé colonial. Son évocation a longtemps été marquée en République fédérale par la nostalgie et par un souvenir public positif du colonialisme allemand. Ce n’est qu’avec le mouvement étudiant des années 1960 que l’on commença à réviser progressivement l’histoire coloniale allemande. L’un des plus gros objets de l’exposition est le monument dressé à Hermann von Wissmann, l’ancien gouverneur de la Deutsch-Ostafrika, qui a été renversé en 1967 à Hambourg et est encore conservé à l’observatoire de l’université de Hambourg.

Ces dernières années, on critiqua beaucoup le fait que le DHM ne se penche pas assez sur l’histoire coloniale allemande. Y réagissez-vous avec cette exposition ?

Cimetière allemand de Waterberg en Namibie pour les soldats tombés lors de la révolte des Herero en 1904/05 © picture alliance/akg
Cimetière allemand de Waterberg en Namibie pour les soldats tombés lors de la révolte des Herero en 1904/05 © picture alliance/akg© picture alliance/akg

L’exposition n’est pas une réaction directe à ces critiques mais elles nous ont confortés dans notre volonté de la réaliser. Ce projet tenait tout d’abord compte du fait que le colonialisme n’a guère été thématisé jusqu’à présent dans les musées d’histoire allemands. Après avoir organisé les expositions « Tsingtau – Un chapitre de l’histoire coloniale allemande en Chine. 1897–1914 » (en 1998) et « Namibie – Allemagne. Une histoire partagée » (en 2004/05) en coopération avec le Rautenstrauch-Joest-Museum à Cologne, le Deutsches Historisches Museum réfléchissait depuis longtemps à une exposition sur le colonialisme allemand. Les débats actuels sur la reconnaissance du génocide des Hereros et des Namas montrent d’ailleurs l’importance du thème de l’histoire coloniale jusqu’à aujourd’hui.

Le DHM accorde une grande importance à l’inclusion. Comment permettez-vous aux aveugles et aux sourds de découvrir l’exposition ?

Nous proposons tout d’abord tous les textes en salles en langage simple, en braille et en langue des signes sur un écran. Les 16 stations inclusives les reprennent et approfondissent différents contenus. La sculpture représentant un colon, par exemple, sinon présentée dans une vitrine en verre, peut être touchée et auscultée avec les mains. Un globe tactile montre aux visiteurs aveugles où se situaient les colonies allemandes. Il existe en outre nombre d’autres éléments pouvant être toucher ainsi que des descriptions audio d’objets et de passages de film.



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