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Un nouvel élan dans le Sahel

22.04.2016 - Communiqué de presse

Le ministre néerlandais des Affaires étrangères, Bert Koenders, et son homologue allemand, Frank‑Walter Steinmeier, expliquent l’importance des efforts déployés en commun par leurs deux pays dans le cadre du processus de reconstruction au Mali.

Dans une tribune publiée le 21 avril 2016 dans le quotidien allemand « Rheinische Post », le ministre néerlandais des Affaires étrangères, Bert Koenders, et son homologue allemand, Frank‑Walter Steinmeier, expliquent l’importance des efforts déployés en commun par leurs deux pays dans le cadre du processus de reconstruction au Mali.

Le château d’Oranienburg © picture alliance/dpa
Le château d’Oranienburg © picture alliance/dpa© picture alliance/dpa

Tout près de Berlin, à Oranienburg, l’amitié germano-néerlandaise est très vivante ces jours‑ci. La « fête orange » célébrée dimanche au château d’Oranienburg commémore en effet notre histoire commune et témoigne de la relation étroite entre l’Allemagne et les Pays-Bas.

Sur le plan politique, ce lien se traduit par les deuxièmes consultations germano-néerlandaises qui ont lieu aujourd’hui à Eindhoven. Nous nous tenons également côte à côte dans l’Union européenne où la présidence néerlandaise offre un appui fiable. Face aux défis de taille que doit actuellement relever l’Europe, cet appui est plus nécessaire que jamais, comme le montrent la crise des réfugiés et des migrants, la lutte contre le terrorisme islamiste et les crises en Syrie, en Libye et en Ukraine.

Dans la zone sahélienne © picture alliance/dpa
Dans la zone sahélienne © picture alliance/dpa© picture alliance/dpa

Mais il y a aussi dans la zone sahélienne, à cinq heures de vol à peine, c’est‑à‑dire guère plus loin que les îles Canaries, des tensions qui mettent en péril la stabilité de toute la région et nous affectent nous aussi en Europe. Le terrorisme et la criminalité organisée affaiblissent en effet les pays en plein processus de réconciliation et marqués par la pauvreté, l’inégalité et des déficits en matière de démocratie et de droits de l’homme.

Dans cette situation précisément, il est essentiel que nous continuions d’apporter notre soutien au Mali et aux autres pays du Sahel. Ce soutien porte notamment sur la lutte contre la pauvreté, la faim et le manque de perspectives de même que sur le respect de l’État de droit et des droits de l’homme, le renforcement des structures démocratiques et la mise en œuvre des réformes administratives urgentes.

La lutte contre la pauvreté, la faim et le manque de perspectives de même que sur le respect de l’État de droit et des droits de l’homme, le renforcement des structures démocratiques et la mise en œuvre des réformes administratives urgentes au Mali © pi...
La lutte contre la pauvreté, la faim et le manque de perspectives de même que sur le respect de l’État de droit et des droits de l’homme, le renforcement des structures démocratiques et la mise en œuvre des réformes administratives urgentes au Mali© picture alliance/dpa

L’Allemagne et les Pays-Bas participent par exemple sur le plan civil à divers projets de développement bilatéraux et européens. Car sans le développement, il n’y a pas de paix possible, et sans la sécurité et la stabilité, il ne peut y avoir de développement. De plus, la criminalité et le terrorisme ne faisant pas halte aux frontières nationales, nous soutenons également la coopération régionale entre les pays sahéliens. Cette coopération est essentielle pour la paix au Mali et pour une plus grande sécurité et stabilité dans toute la région du Sahel.

Tous les efforts visant à améliorer la stabilité ne pourront cependant aboutir que dans un environnement sûr. C’est pourquoi nous, Européens, avons commencé à agir dès 2013 à la demande du gouvernement malien lorsque des djihadistes menaçaient de prendre le contrôle du pays : la France a alors fermement soutenu l’armée malienne afin de repousser les islamistes, les Néerlandais ont largement contribué à la MINUSMA, la Mission multidimensionnelle intégrée des Nations Unies pour la stabilisation au Mali, et l’Allemagne s’est occupée de former des forces de sécurité maliennes dans le cadre de l’EUTM, la Mission de formation de l’Union européenne. Depuis le printemps, l’Allemagne et les Pays-Bas développent encore leur étroite coopération au Mali dans le cadre de la MINUSMA. Jusqu’à 650 Casques bleus allemands sont stationnés à la base onusienne de Gao, aménagée par des soldats néerlandais à quelque 1200 kilomètres de Bamako. Des troupes allemandes et néerlandaises vont continuer de développer et d’optimiser ensemble la surveillance militaire pour la mission des Nations Unies.

Au moins 10 000 soldats venant de plus de 50 pays participant à la MINUSMA doivent faire avancer le processus de paix © picture alliance/dpa
Au moins 10 000 soldats venant de plus de 50 pays participant à la MINUSMA doivent faire avancer le processus de paix © picture alliance/dpa© picture alliance/dpa

Au moins 10 000 soldats venant de plus de 50 pays participant à la MINUSMA doivent faire avancer le processus de paix. Au mois de juin 2015, un accord de paix a ainsi pu être conclu entre le gouvernement et les troupes rebelles. La MINUSMA aide maintenant à la mise en œuvre de cet accord. Il s’agit de veiller à la décentralisation du pouvoir, à la réintégration des rebelles dans l’armée et au développement économique dans le nord du Mali. L’objectif de la mission est d’aider à stabiliser le Mali de façon à ce qu’il puisse offrir des perspectives d’avenir à sa population.

L’Allemagne et les Pays-Bas fournissent pour cela aux Nations Unies des soldats hautement qualifiés et des technologies ultra modernes. Mais ce sont néanmoins les Maliens qui détiennent la clé d’un pays prospère. Ils ont entrepris des pas importants dans la bonne direction. Néanmoins, les efforts déployés par le gouvernement malien en faveur du développement du nord du pays sont jusqu’ici trop peu visibles pour la population.

Il importe de progresser en matière de décentralisation. Les citoyens doivent être mieux à même de régler de façon autonome leurs affaires locales. Il faut par ailleurs parvenir à satisfaire les besoins élémentaires tels que la sécurité, l’éducation et l’approvisionnement en électricité. De même, la population doit avoir la possibilité de générer ses propres revenus. De concert avec l’ONU, l’UE et à travers d’étroits contacts bilatéraux, nous œuvrons pour que des progrès décisifs puissent être réalisés dans ces domaines.

Dans la période à venir, l’Allemagne et les Pays-Bas feront preuve au Mali d’un engagement solidaire en faveur d’un Sahel stable. La politique étrangère ne se limite pas à une politique de voisinage. Ce qui compte pour nous, c’est ce qui se passe chez les voisins de nos voisins.

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