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À Francfort, plaisir de lire et liberté de penser

Impression Walking Act. Vu à la Foire du livre de Francfort en 2017. La France était le pays invité. Cette année, il s’agit de la Géorgie.

Impression Walking Act. Vu à la Foire du livre de Francfort en 2017. La France était le pays invité. Cette année, il s’agit de la Géorgie., © Foire du livre de Francfort

10.10.2018 - Article

La 70e Foire du livre de Francfort a ouvert ses portes aujourd’hui. Elle met cette année en avant les droits de l’Homme, et notamment la liberté de penser et d’écrire.

Foire du livre de Francfort : derniers préparatifs avant le coup d’envoi, ce mercredi 10 octobre
Foire du livre de Francfort : derniers préparatifs avant le coup d’envoi, ce mercredi 10 octobre© dpa

C’est le plus grand rendez-vous mondial des professionnels de l’édition et l’événement littéraire de l’automne en Allemagne. La Foire du livre de Francfort a ouvert ses portes ce matin. Elle accueille près de 7 500 exposants de 110 pays, un chiffre en hausse de 3 % par rapport à l’année dernière. Les 300 000 visiteurs attendus peuvent y découvrir la littérature géorgienne, invitée officielle du salon. Ils profitent aussi d’un riche programme de conférences dont le thème principal est celui des droits de l’Homme.

Ce choix n’a rien d’un hasard. La Foire du livre de Francfort célèbre cette année sa 70e édition, et l’on fêtera au mois de décembre le 70e anniversaire de la Déclaration universelle des droits de l’Homme. Or, où que l’on se tourne, le monde regorge de lieux où ceux-ci ne sont pas respectés. La liberté d’expression et la liberté de la presse ? Elles sont muselées en Turquie, à quatre heures de vol des rives du Main. Les droits des femmes ? Ils sont bafoués un peu partout, de l’Asie au Proche Orient en passant par l’Occident, comme est venue le rappeler à Francfort l’auteure nigériane Chimamanda Ngozi Adichie.

Francfort s’engage en faveur des droits de l’Homme

Les organisateurs de la Foire du livre ont donc décidé de lancer une campagne internationale, en partenariat avec ARTE, la chaîne allemande ZDF et le magazine « Der Spiegel ». Baptisée « On the same page » (#onthesamepage), son objectif est d’inciter chacun à s’engager pour le respect des droits de l’Homme.

« Où que l’on s’en prenne aux droits de l’Homme, où que l’on enferme des hommes en raison de leur seule foi, où que l’État les harcèle en raison de leur activité littéraire, nous n’avons pas le droit de détourner les yeux », souligne Alexander Skipis, le directeur de la Fédération allemande du livre. « C’est ce que nous commande, à elle seule, la responsabilité des actes de la Fédération du livre et d’autres représentants du secteur entre 1933 et 1945. La diffusion d’une parole libre est l’une de nos principales missions. »

Parmi les participants, des libraires ont réservé des présentoirs pour présenter une sélection de livres sur les droits de l’Homme. Des maisons d’édition ont proposé des lectures et des conférences. Des auteurs, des créatifs, des personnages de la vie publique ont tourné des vidéos pour évoquer des articles de la Déclaration universelle des droits de l’Homme qui leur parlent le plus.

La Foire du livre a également invité des personnalités (Gretchen Dutschke, Asli Erdogan, Basch Mika, Margarete Stokowski, Günter Wallraff ou encore Deniz Yücel) à venir débattre avec le public. Et elle tient à ce que toutes les opinions aient droit de cité. « Depuis ses débuts, la Foire du livre de Francfort s’engage pour le pluralisme et la liberté d’opinion, de discours, de publication », a rappelé son directeur, Jürgen Boos. Les sujets et les auteurs polémiques ont donc leur place dans les allées. La capacité à « leur faire face et à leur apporter une réponse argumentée fait partie des acquis d’une société démocratique ».

Le président allemand, Frank-Walter Steinmeier, également présent, est du même avis. « Nous ne devons pas cesser d’utiliser la Déclaration universelle des droits de l’Homme pour appeler à ce que les journalistes et les écrivains se voient accorder la liberté dont ils ont besoin », a-t-il fait valoir lors d’un débat avec l’auteure croate Ivana Sajko et l’écrivain belge Stefan Hertmans.

A.L.

Plus d’informations :

Foire du livre de Francfort - site officiel (en allemand et anglais)

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