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Klaus Voormann, le « Beatle » de Hambourg

Klaus Voormann dans son atelier à Tutzing, sur le lac de Starnberg (Bavière). Ami des Beatles depuis leurs débuts à Hambourg, le graphiste et musicien allemand a notamment créé la pochette de leur album « Revolver » (1966)

Klaus Voormann dans son atelier à Tutzing, sur le lac de Starnberg (Bavière). Ami des Beatles depuis leurs débuts à Hambourg, le graphiste et musicien allemand a notamment créé la pochette de leur album « Revolver » (1966), © dpa

24.04.2018 - Article

Jeunes, fauchés mais prometteurs : tels étaient les Beatles quand il les a connus à Hambourg vers 1960. Cela a créé des liens indéfectibles. L’artiste allemand Klaus Voormann, le « Beatle » de Hambourg, fêtera ses 80 ans le 29 avril.

Début avril, il a reçu un ECHO (Victoire de la musique allemande) pour l’ensemble de son œuvre. Cela lui a paru étrange. À 80 ans, il n’a pas l’impression de l’avoir achevée. Peu importe, moins d’un mois plus tard, il le rendait sa distinction en signe de protestation après la récompense obtenue par deux rappeurs aux textes antisémites. Que de bruit, soudain, autour de Klaus Voormann ! Le graphiste, musicien et producteur allemand n’en a pas l’habitude. Il est du genre humble et (très) discret. N’a-t-il pas intitulé seul album A Sideman’s Journey (2009) (le voyage d’un musicien accompagnateur) ? Et pourtant, celui que l’on surnomme parfois le « 5e Beatle » a participé à l’écriture de plusieurs grandes pages de l’histoire de la pop music.

Le Revolving New Beetle“, Coccinelle customisée par le designer, musicien et producteur allemand Klaus Voormann en 2008
Le "Revolving New Beetle“, Coccinelle customisée par le designer, musicien et producteur allemand Klaus Voormann en 2008© picture alliance/dpa-Report

Tout commence vers 1960. Klaus Voormann, issu d’une famille bourgeoise de Berlin, fait ses études d’art à Hambourg. Un beau soir, alors qu’il erre sur la Reeperbahn après une dispute, des sons d’une originalité et d’une fraîcheur inhabituelles frappent son oreille. Du rock’n’roll... Il entre dans le Kaiserkeller, un club modeste de cette artère chaude de Hambourg. Cinq jeunes gens sont sur scène. Des Anglais de Liverpool. Les futurs Beatles, encore jeunes, fauchés, mal logés mais prometteurs. Ils sont de la même génération. Et entre eux, une amitié indéfectible va naître.

Klaus Voorman et son amie, la photographe Astrid Kirchherr, accompagnent les débuts de John, Paul, George et bientôt Ringo. À l’époque, le batteur s’appelle encore Pete Best et le bassiste, Stuart Stutcliffe (1940-1962). Celui-ci s’éprend de la jeune Astrid. C’est elle qui fera adopter aux Beatles leur mythique coupe au bol…

Une coupe qui fera bientôt le tour du monde. Mais l’amitié entre Klaus Voorman et les Beatles demeurera intacte. Avec George Harrison, en particulier : au milieu des années 1960, Klaus Vormann vit un temps en colocation avec lui et Ringo Starr en Grande-Bretagne.

En 1966, les Beatles sont au faîte de leur gloire. Et c’est tout naturellement à Klaus Voorman qu’ils demandent de concevoir la pochette de leur nouvel album. Son titre : « Revolver ». La pochette, restée mythique, vaudra à l’artiste allemand un Grammy Award.

Ayant entamé une carrière parallèle de bassiste, Klaus Voormann n’en restera pas là. Il accompagnera les plus grands pendant plusieurs décennies : outre John Lennon sur « Imagine » et George Harrison sur « All things must past », il jouera avec  des artistes comme Randy Newman (« Short People »), Lou Reed (« Transformer »), Eric Clapton, Manfred Mann ou Cat Stevens. Il sera aussi, par exemple, sur scène lors du concert de soutien au Bangladesh en 1971. Puis il produira également des pointures de la musique.

Aujourd’hui, Klaus Voorman a quitté Londres et Los Angeles, où il a longtemps vécu, pour regagner l’Allemagne. Il vit tranquillement en famille au bord du lac de Starnberg, en Bavière. Mais pas question de ranger ses crayons, ni ses souvenirs. Sa mémoire, souvent sollicitée par les historiens du rock et de la pop, contient sûrement encore des mines d’or à découvrir.

A.L.

Plus d’informations :

Klaus Voormann, site officiel (en anglais)

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