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100 ans de normes allemandes

06.04.2018 - Article

Du format A4 pour le papier à la pointure de nos chaussures, les normes sont partout. Invisibles, mais essentielles à l’économie. En Allemagne, l’Institut allemand de normalisation (DIN) vient de fêter les 100 ans de sa première norme.

C’est une pièce de métal de forme oblongue dont l’utilité n’apparaît pas au non initié. Une goupille conique, selon le vocabulaire spécialisé, autrement dit une pièce qui entre dans la fabrication de machines industrielles. Elle n’aurait rien de remarquable si elle n’était le premier objet à avoir fait l’objet d’une norme en Allemagne. C’était il y a cent ans, en mars 1918.

Formats papier, pièces mécaniques, tailles de vêtements : l’Institut allemand de normalisation (DIN) a produit en cent ans près de 34 000 normes
Formats papier, pièces mécaniques, tailles de vêtements : l’Institut allemand de normalisation (DIN) a produit en cent ans près de 34 000 normes© dpa

L’Institut allemand de normalisation (DIN), l’équivalent allemand de l’AFNOR, venait de voir le jour, en décembre 1917, à Berlin. Organisme de droit privé, travaillant à la demande des entreprises, sa création répondait aux besoins de standardisation de la production de masse dans la société industrielle.

La Première Guerre mondiale n’y était sans doute pas pour rien non plus. En allemand, l’expression « 08/15 » (« Null acht fünfzehn ») reste couramment employée jusqu’à nos jours pour désigner une routine ou un objet standard, de qualité souvent médiocre. Il semble qu’elle tire son origine d’un modèle de mitrailleuse (MG08/15) qui fut massivement utilisé par l’armée allemande pendant Grande Guerre…

Format A3 ou A4

Quoi qu’il en soit, le DIN est à l’origine de nombreuses normes qui règlent notre quotidien jusqu’à aujourd’hui. On lui doit par exemple, en 1922, la normalisation des formats de papier A1, A2, A3 et… A4. Ce format (utilisé à l’origine pour définir la taille des cahiers) s’est très vite imposé comme norme internationale.

D’ailleurs, le DIN a beau être un institut de droit privé, il travaille main dans la main avec les autorités publiques. Il les représente notamment dans les institutions de normalisation européennes et internationales comme l’ISO (Organisation internationales de normalisation). À l’échelle mondiale, il est l’un des principaux producteurs de normes.

Efficacité, commerce et… économies

Le commerce et la mondialisation seraient impensables sans l’existence des normes. Et c’est encore plus vrai à l’ère numérique : les objets doivent désormais pouvoir s’interconnecter
Le commerce et la mondialisation seraient impensables sans l’existence des normes. Et c’est encore plus vrai à l’ère numérique : les objets doivent désormais pouvoir s’interconnecter© picture alliance

Ainsi, le citoyen ne s’en rend pas compte, mais le monde serait très différent sans l’existence du DIN et de ses normes. Sans elles, comment faire passer des containers chinois sur des navires allemands dans le port de Hambourg ? Comment permettre qu’une locomotive française puisse rouler en Allemagne ? Et comment s’assurer qu’un barbecue ne provoquera pas un incendie ?

Pour les entreprises et pour les consommateurs, le travail du DIN est synonyme d’efficacité, de baisse des prix et de sécurité. L’Université Technique de Bonn a calculé qu’en Allemagne, la seule unification des normes était à l’origine de 0,8 % de la croissance annuelle du produit intérieur brut. Cela représente environ 15 milliards d’euros de richesses créées par an…

Mondialisation et numérisation

La mondialisation serait également impensable sans l’existence des normes, qui rendent les échanges possibles. La manière la plus simple de s’en rendre compte est de partir en vacances dans un pays où les normes régissant les prises électriques sont différentes. À moins de posséder un adaptateur, impossible de recharger son smartphone ou de se raser !

En cent ans, le DIN a produit près de 34 000 normes. Aujourd’hui, il emploie à Berlin 450 collaborateurs et produit quelque 3 000 normes par an dont le volume varie de 10 à 300 pages.

Et même si l’on accuse parfois les normes d’être une source de bureaucratie inutile, leur avenir est assuré. Songeons aux objets numériques qui envahissent notre quotidien… Dans un monde où tout est interconnecté, la fixation de normes communes permettant à tous les appareils de communiquer entre eux s’annonce plus cruciale que jamais.

A.L.


Plus d’informations :

Institut allemand de normalisation (DIN) (en allemand et anglais)

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