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Friedrich Wilhelm Raiffeisen, père de l’idée de coopérative

04.04.2018 - Article

Un collectif solidaire peut davantage qu’un individu seul : c’est la base de l’idée de coopérative. Le père de cette forme d’organisation originale et moderne, l’Allemand Friedrich Wilhelm Raiffeisen, aurait aujourd’hui 200 ans.

L’agriculture a été l’un des premiers domaines d’application de l’idée de coopérative © Dpa
L’agriculture a été l’un des premiers domaines d’application de l’idée de coopérative.© Dpa

Agriculture, logement, énergies renouvelables, crédit, consommation, action sociale, écoles : on en trouve aujourd’hui dans tous les domaines. À l’échelle de la planète, elles emploient plus de 100 millions de personnes. Un milliard d’êtres humains font partie de l’une d’entre elles. Les coopératives, sociétés basées sur la solidarité entre des membres partageant un même intérêt, ont le vent en poupe en ce début de XXIe siècle. Mais, on l’ignore souvent, c’est dans l’esprit d’un Allemand, Friedrich Wilhelm Raiffeisen (1818-1888), qu’a germé l’idée sur laquelle elles sont fondées.

Face à la misère

L’ancienne maison de Friedrich Wilhelm Raiffeisen (1818-1888) à Flammersfeld (Rhénanie-Palatinat) héberge aujourd’hui un musée © Dpa/pa
L’ancienne maison de Friedrich Wilhelm Raiffeisen (1818-1888) à Flammersfeld (Rhénanie-Palatinat) héberge aujourd’hui un Musée.© Dpa/pa

Friedrich Wilhelm Raiffeisen aurait eu 200 ans le 30 mars dernier. Il était né à Hamm an der Sieg, une petite commune de la forêt du Westerwald, en Rhénanie-Palatinat. L’enfant, doué, aurait pu faire des études supérieures. Mais la situation sociale de cette famille de paysans l’interdisait. Friedrich Wilhelm Raiffeisen eut toutefois la chance de recevoir l’aide de son parrain, un pasteur protestant qui lui donna une éducation plus poussée que celle de l’école communale. C’est dans cette formation spirituelle que le réformateur social puisera toute sa vie la force de son engagement social.

En attendant, Friedrich Wilhelm Raiffeisen s’engagea dans l’armée jusqu’à ce qu’une maladie des yeux l’oblige à revenir à la vie civile, en 1845. Il devint alors maire de Weyerbusch, un village du Westerwald où la pauvreté était omniprésente. Immédiatement, il prit le taureau par les cornes, engagea un boulanger et fonda une boulangerie pour que les pauvres ne meurent pas de faim. Son idée était la suivante : les nécessiteux ne paieraient leur pain qu’une fois la disette passée, quand ils seraient en mesure de le faire. En attendant, comment financer la farine ? Par la générosité de donateurs aisés, pensa Friedrich Wilhelm Raiffeisen. Une idée originale était née, celle de la solidarité organisée : aider l’autre à s’aider lui-même.

Solidarité organisée

Alimentation, fermes éoliennes ou photovoltaïques, banque : l’idée de coopérative a le vent en poupe en ce début de XXIe siècle.
Alimentation, fermes éoliennes ou photovoltaïques, banque : l’idée de coopérative a le vent en poupe en ce début de XXIe siècle.© Dpa/pa

Dans les années et les décennies suivantes, Raiffeisen devint maire de deux autres communes rurales, Flammersfeld, puis Heddesdorf (devenue un quartier de Neuwied). Et il ne cessa plus de décliner son idée de coopérative. Il construisit des routes pour permettre aux paysans et aux commerçants de trouver de nouveaux débouchés. Il édifia une bibliothèque populaire, mit en place un accompagnement pour les détenus sortis de prison et pour les enfants abandonnés. Puis il créa une coopérative de crédit. Elle permettait aux paysans pauvres d’acheter du bétail et des machines, tout en échappant à l’avidité des usuriers.

L’idée était juste : un collectif solidaire peut davantage qu’un individu seul. Aucune des coopératives créées par Raiffeisen ne fit faillite de son vivant. En certaines occasions, le réformateur social dut néanmoins s’adapter. Il arriva un temps où les citoyens aisés réduisirent leur soutien aux coopératives. Raiffeisen restructura alors ses associations autour d’un principe d’aide mutuelle entre les membres.

Une idée moderne

Aujourd’hui, près de 8 000 coopératives réunissant 22,6 millions de membres continuent à faire vivre cette idée en Allemagne – et bien d’autres pays à travers le monde. Car le XXIe siècle mondialisé et de plus en plus numérisé semble en passe de retrouver dans ce mode d’organisation solidaire une efficacité et un sens qui tend à se perdre dans la société consumériste et individualiste.

Un sondage réalisé récemment en Allemagne par l’institut Forsa en témoigne. 64 % des personnes interrogées (70 % chez les moins de 30 ans) jugent que les coopératives renforcent la justice sociale. Et les trois quarts d’entre elles y voient une forme d’organisation économique moderne. Seules 11 % la jugent dépassée.

Le bicentenaire de la naissance de Friedrich Wilhelm Raiffeisen a d’ailleurs donné lieu en Allemagne à plusieurs cérémonies de commémoration.
A.L.

Plus d’informations :

Année Raiffeisen – site web officiel (en allemand et anglais)

Musée Raiffeisen à Hamm (Westphalie) (en allemand, anglais et français)

Route Raiffeisen (en allemand)

Confédération Coopérative et Raiffeisen Allemande (DGRV) (en allemand, anglais, espagnol)

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