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Exposition : Martin Kippenberger, influenceur avant l’heure

Vue de l’exposition « Martin Kippenberger. S’il vous plaît. Merci. Une rétrospective », à visiter à Bonn jusqu’au 16 février 2020

Vue de l’exposition « Martin Kippenberger. S’il vous plaît. Merci. Une rétrospective », à visiter à Bonn jusqu’au 16 février 2020, © Kunst- und Ausstellungshalle der Bundesrepublik Deutschland GmbH/ Photo : Peter-Paul Weiler, 2019

06.11.2019 - Article

Le musée de la Bundeskunsthalle à Bonn consacre une rétrospective à Martin Kippenberger (1953-1997), l’un des artistes les plus influents de sa génération.

« Aucun autre artiste n’est aussi abondamment cité par ses confrères comme source d’inspiration », soutient Rein Wolfs. Le directeur de la Bundeskunsthalle vient d’inaugurer à Bonn une exposition haute en couleurs. Elle retrace l’œuvre de l’un des artistes les plus marquants de sa génération : Martin Kippenberger (1953-1997).

Le tempétueux Allemand, décédé en 1997 à 44 ans, incarnait le type de l’artiste jusqu’à la caricature. Touche-à-tout anticonformiste, excessif, en perpétuel auto-questionnement, il a créé une œuvre multiforme où se mêlent l’humour, l’ironie et la provocation.

La toile « Zuerst die Füße » (« D’abord les pieds ») (1990) a soulevé la controverse : blasphème ou allégorie douce-amère de la vie d’artiste dans toute sa vulnérabilité.
La toile « Zuerst die Füße » (« D’abord les pieds ») (1990) a soulevé la controverse : blasphème ou allégorie douce-amère de la vie d’artiste dans toute sa vulnérabilité. Vue de l’exposition « Martin Kippenberger. S’il vous plaît. Merci. Une rétrospective », à visiter à Bonn jusqu’au 16 février 2020© Kunst- und Ausstellungshalle der Bundesrepublik Deutschland GmbH/Photo : Peter-Paul Weiler, 2019

L’une de ses toiles les plus célèbres et les plus controversées s’intitule « Zuerst die Füße » (« D’abord les pieds »). Elle représente trois grenouilles crucifiées tenant une chope de bière. Elle a soulevé de vives controverses en 1990. Blasphème ou allégorie douce-amère de la vie d’artiste dans toute sa vulnérabilité ? Chacun choisira.

De soi à l’art

La plupart des œuvres de Martin Kippenberger sont des autoportraits au sens large. Elles disent quelque chose de lui ou de ce qui l’entoure. L’artiste était un observateur perspicace de la vie quotidienne doté d’un sens aigu de l’autocritique ironique.

Ainsi, quand il découvrit le cliché de Picasso en slip par David Douglas Duncan en 1988, Martin Kippenberger se portraitura lui-même en sous-vêtements. Mais le ventre bedonnant, enveloppé d’une culotte extra-large aussi peu seyante… que la pose du peintre espagnol était altière. « À partir de sa propre vie, il créait des œuvres reflétant l’universalité de la condition humaine », analyse Rein Wolf.

Ironie, humour, provocation

Sa vision influence l’art contemporain jusqu’à aujourd’hui. Ancré dans la tradition dadaïste, Kippenberger citait abondamment les œuvres des autres dans les siennes. Et il interrogeait tout, remettait tout en question : le rôle de l’artiste, l’art, l’existence même d’un auteur-créateur. Son œuvre est d’une ouverture totale. Il déconstruisait pour mieux construire quelque chose de particulier et de nouveau.

Vue de l’exposition « Martin Kippenberger. S’il vous plaît. Merci. Une rétrospective », à visiter à Bonn jusqu’au 16 février 2020
Vue de l’exposition « Martin Kippenberger. S’il vous plaît. Merci. Une rétrospective », à visiter à Bonn jusqu’au 16 février 2020© Kunst- und Ausstellungshalle der Bundesrepublik Deutschland GmbH/Photo : Peter-Paul Weiler, 2019

Jamais avare d’humour, ni d’ironie sur lui-même, Kippenberger pouvait apparaître comme un dilettante. Fausse piste ! Artiste plastique mais aussi comédien, créateur et organisateur d’expositions, il disposait d’un vaste réseau dans le monde de l’art. En tant que créateur, il construisait son œuvre selon une stratégie bien précise. « Je veux exercer une influence sur la façon de débattre de cette époque », disait-il.

Grand voyageur, toujours en train de déménager, Martin Kippenberger a parcouru la planète. À l’âge de 16 ans, il a quitté sa Ruhr natale pour s’embarquer à bord d’un cargo en partance pour le Brésil. Curieux, passionné, avide de découvertes, il a vécu en Italie, en France, à Vienne... Toujours entre les mondes.

Toujours entre les arts. Peintre, sculpteur, dessinateur, artiste plastique, photographe, illustrateur, voire musicien, Martin Kippenberger a laissé l’une des œuvres les plus prolifiques de sa génération. 360 de ses productions sont à découvrir à Bonn jusqu’au 16 février 2020.

A.L.

Martin Kippenberger. S’il vous plaît. Merci. Une rétrospective
Martin Kippenberger. Bitteschön. Dankeschön. Eine Retrospektive »)
Exposition au musée de la Bundeskunsthalle à Bonn jusqu’au 16 février 2020

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