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Toi, le robot…

[À g.] Alejandro Cañedo, Couverture du magazine Astounding Science Fiction, mars 1949; [À dr.] Vincent Di Fate, Couverture du magazine Analog Science Fiction and Fact, novembre 1975

[À g.] Alejandro Cañedo, Couverture du magazine Astounding Science Fiction, mars 1949; [À dr.] Vincent Di Fate, Couverture du magazine Analog Science Fiction and Fact, novembre 1975, © Penny Publications/Dell Magazines, 2019 / Vincent Di Fate und Penny Publications/Dell Magazines, 2019

14.10.2019 - Article

Ami ? Ennemi ? Une exposition à Essen explore les relations entre l’homme et la machine à travers la science-fiction.

Et si l’espèce humaine était dépassée ? Et si l’avenir appartenait aux cyborgs ? Aux robots ? À l’heure du numérique, de l’intelligence artificielle et de la recherche transhumaniste, certains en rêvent. D’autres en font des cauchemars. Nous n’avons qu’une seule certitude : ils sont parmi nous. Il va falloir compter avec eux… les robots. Alors pourquoi ne pas tenter de décrypter les rapports que nous entretenons avec eux ? Une exposition qui vient d’ouvrir ses portes à Essen, dans la Ruhr, nous accompagne dans cette étonnante aventure.

« I was a robot. Science fiction et culture pop », c’est son titre, n’a pas la prétention de prédire l’avenir. Elle fait mieux : elle nous raconte l’histoire de l’avenir. Le musée Folkwang, qui l’accueille jusqu’au 15 mars 2020, a en effet collaboré pour la concevoir avec Maison d’Ailleurs, un musée suisse dont la collection de science-fiction est l’une des plus riches du monde. Il a sélectionné des livres, magazines, films, affiches, couvertures d’albums et bandes dessinées. 250 objets en tout qui ciblent l’histoire des rapports entre l’homme et la machine, vu par les créateurs.

Un siècle de rapports entre l’homme et la machine

Anonyme, Affiche du film Futureworld, 1976; [À dr.] Frank Rudolph Paul, couverture du magazine Wonder Stories, janvier 1931
Anonyme, Affiche du film Futureworld, 1976; [À dr.] Frank Rudolph Paul, couverture du magazine Wonder Stories, janvier 1931© American International Pictures/Gernsback Publications, Inc., 1930 (Prêt & photo : Maison d'Ailleurs, Suisse)

On prend d’abord conscience d’une chose : cette question qui nous semble d’une actualité brûlante est vieille de plus d’un siècle. Au moins. Porté par l’accélération du progrès technique, le début du XXe siècle a, en effet, vu fleurir les visions de l’avenir dans la littérature et les arts. Utopie ou dystopie, foi dans le progrès ou crainte de l’avenir, le genre de la science-fiction est né à ce moment-là. Il n’a plus cessé de se développer.

Sur les 800 mètres carrés d’exposition, on trouve quelques pépites : des affiches du film « Metropolis » et de la série « Terminator », des couvertures de mangas japonais, des éditions de romans du célèbre auteur de science-fiction Isaac Asimov et de la série Perry Rhodan.

L’exposition pose les grandes questions. Créé comme outil technique pour assister l’être humain, le robot ne risque-t-il pas créer à son tour son propre univers ?  De s’émanciper de son créateur, voire de se retourner contre lui ? C’est la trame d’innombrables scénarios de science-fiction et de très nombreux films hollywoodiens. Mais ces scénarios ne font finalement que nous révéler… à quel point nous projetons sur les robots nos propres attentes, utopies et peurs.

C’est ce que montre cette exposition originale. Qu’ils imitent nos comportements, qu’ils créent ou qu’ils s’émancipent de leur état de machine pour s’individualiser, les robots nous renvoient souvent à nous-mêmes. Ou à nos limites. Même le cyborg, parfois vanté comme « humain 2.0 » ou « homme augmenté », n’est peut-être qu’un miroir de notre refus d’affronter la souffrance.

De même, les jeux vidéo ne seraient pas des fabricants d’utopies. Ils libéreraient plutôt des espaces métaphoriques pour permettre au joueur de faire travailler son imagination, de vivre de nouvelles émotions et, d’une certaine manière…de devenir acteur de sa vie.

A.L.

Exposition « I was a robot. Science fiction et culture pop »
À voir au musée Folkwang à Essen jusqu’au 15 mars 2020

Plus d'informations (en allemand)

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