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L’art est-allemand, cet inconnu

Wolfgang Mattheuer, „Die Flucht des Sisyphos“ (La fuite de Sisyphe), 1972, Huile sur panneau de fibres, 96 x 118 cm, Albertinum, Galerie Neue Meister, Staatliche Kunstsammlungen Dresden

Wolfgang Mattheuer Die Flucht des Sisyphos, 1972 Öl auf Hartfaserplatte, 96 x 118 cm Albertinum | Galerie Neue Meister, Staatliche Kunstsammlungen Dresden, © Wolfgang Mattheuer / VG Bild-Kunst Bonn, 2019, Foto: bpk / Staatliche Kunstsammlungen Dresden / Elke Estel / Hans-Peter Klut

11.09.2019 - Article

À l’heure du 30e anniversaire de la chute du mur de Berlin, le musée Kunstpalast de Düsseldorf invite à découvrir l’art de la RDA. Longtemps méconnu, mal compris ou ignoré, ce dernier étonne par son éclectisme.

Est-ce un symptôme du sentiment d’incompréhension, voire d’abandon que disent ressentir certains habitants des nouveaux länder ? On peine en tout cas à le croire : depuis la chute du mur de Berlin, en novembre 1989, aucun musée de l’Ouest n’avait consacré de rétrospective à l’art de la RDA. Le musée Kunstpalast de Düsseldorf (Rhénanie-du-Nord-Westphalie) répare aujourd’hui cette injustice. À l’occasion du 30e anniversaire de l’événement, il invite le public à redécouvrir cet art éclectique, qui fut bien trop hâtivement classé au rayon des « documents historiques ».

L’exposition s’intitule « Utopie et déclin. L’art en RDA ». Elle présente jusqu’au 5 janvier 2020 plus de 130 tableaux et travaux sur papier peints et dessinés par 13 artistes de la fin de la Seconde Guerre mondiale à la révolution pacifique de 1989.

Les œuvres sont signées Bernhard Heisig (1925–2011), A. R. Penck (1939–2017), Wolfgang Mattheuer (1927–2004) ou Werner Tübke (1929–2004). Elles invitent aussi à découvrir le talent pictural de femmes telles qu’Elisabeth Voigt (1893–1977) dans l’après-guerre ou Angela Hampel (*1956).

Surtout, elles montrent l’hétérogénéité de scène artistique est-allemande en présentant les travaux parfois inclassables d’artistes tels que Wilhelm Lachnit (1899–1962), Gerhard Altenbourg (1926–1989), Carlfriedrich Claus (1930–1998), Michael Morgner (*1942), Hermann Glöckner (1889–1987) ou Cornelia Schleime (*1953).

(1) A.R. Penck, Der Übergang (Le passage), 1963. © A.R. Penck / VG Bild-Kunst Bonn, 2019, Photo: akg-images – (2) Angela Hampel, Medea (Médée), 1985 © Angela Hampel / VG Bild- Kunst Bonn, 2019, Photo: bpk / Nationalgalerie, SMB / Karin März – (3) Cornelia Schleime, o.T. (Sans titre), 1986 © Cornelia Schleime, Photo: Eric Tschernow – (4) Wilhelm Lachnit, Gliederpuppe (Mannequin), 1948, © Héritage Wilhelm Lachnit dans l‘indivision, Photo: bpk / Nationalgalerie, SMB
(1) A.R. Penck, Der Übergang (Le passage), 1963. © A.R. Penck / VG Bild-Kunst Bonn, 2019, Photo: akg-images – (2) Angela Hampel, Medea (Médée), 1985 © Angela Hampel / VG Bild- Kunst Bonn, 2019, Photo: bpk / Nationalgalerie, SMB / Karin März – (3) Cornelia Schleime, o.T. (Sans titre), 1986 © Cornelia Schleime, Photo: Eric Tschernow – (4) Wilhelm Lachnit, Gliederpuppe (Mannequin), 1948, © Héritage Wilhelm Lachnit dans l‘indivision, Photo: bpk / Nationalgalerie, SMB© Voir titre de l'image ci-dessus

Une première conclusion s’impose : les artistes est-allemands sont loin de s’être coulés sans résistance dans le style du réalisme socialiste promu par le régime. Ils ont, au contraire, presque systématiquement cherché des chemins de traverse. Ils ont exploré souterrains et passerelles, inventé autant d’objets et de styles originaux qu’il y avait de palettes possibles.

« L’exposition », souligne son commissaire, Steffen Krautzig, « montre que les tentatives de classer les œuvres entre un art d’État conformiste et un art souterrain non-conformiste n’aboutissent pas ».

Et de cette profusion inattendue surgit alors un second enseignement : l’Ouest a eu tort de ne regarder l’art est-allemand que sous l’angle politique. Souvent exposé à l’époque de la Guerre Froide, il a disparu des musées avec la RDA. C’était une erreur répandue, mais une erreur, montre l’exposition.

30 ans après, l’heure est donc peut-être enfin venue d’ouvrir une nouvelle page. Le président allemand, Frank-Walter Steinmeier, a invité les visiteurs lors de l’inauguration de l’exposition à porter un « regard sans préjugés » sur les œuvres. « Nous voulons transmettre un regard neuf et ouvert sur la production artistique de la RDA », commente Felix Krämer, le directeur du Kunstpalast. « Il en va de l’extension de notre mémoire commune inter-allemande ».

A.L.

Exposition « Utopie et déclin. L’art en RDA »
Au musée Kunstpalast de Düsseldorf jusqu’au 5 janvier 2020.

Informations :

Musée Kunstpalast de Düsseldorf (en anglais et allemand)

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