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Mort de Peter Lindbergh, révélateur de la beauté féminine

Le photographe allemande Peter Lindbergh (1944-2019) a révolutionné la photo de mode en misant sur le naturel et en sublimant les femmes de tous âges

Le photographe allemande Peter Lindbergh (1944-2019) a révolutionné la photo de mode en misant sur le naturel et en sublimant les femmes de tous âges, © Eventpress

04.09.2019 - Article

Le célèbre photographe allemand est décédé à l’âge de 74 ans. Il avait révolutionné la photo de mode au tournant des années 1990.

Naomi Campbell, Claudia Schiffer, Cindy Crawford, Linda Evangelista ont posé devant son objectif. Inspirateur du phénomène des « super modèles » dans les années 1990 et inventeur d’un nouveau regard sur les femmes, l’Allemand Peter Lindbergh était l’un des photographes de mode les plus influents de ces quarante dernières années. Il est décédé hier à l’âge de 74 ans.

De son vrai nom Peter Brodbeck, il était né en 1944 à Lissa, dans l’actuelle Pologne. Expulsée à la fin de la guerre, sa famille s’était installée à Duisbourg où le futur photographe a grandi en plein cœur du bassin minier de la Ruhr. D’abord apprenti décorateur,  il a suivi les cours du soir de l’École supérieure d’arts plastiques de Berlin. À 27 ans, il entame une formation de photographe et s’installe à son compte.

Le succès vient en 1978 avec une série de clichés de mode réalisés pour le magazine allemand « Stern ». Lindbergh travaille à Paris pour « Vogue ». Et bientôt pour d’autres titres prestigieux : « The New Yorker », « Vanity Fair », « Rolling Stone », puis l’édition américaine de « Vogue ». Anna Wintour, la nouvelle rédactrice en chef, l’embauche en 1988 à New York. Peter Lindbergh ne le sait pas encore. Mais la gloire l’attend au tournant.

Un regard novateur sur la mode

Rebuté par la sophistication, la préciosité et l’artifice qui règnent sur les podiums, le photographe a l’idée, en janvier 1988, d’emmener des mannequins pour un shooting sur la plage de Santa Monica. Linda Evangelista, Karen Alexander, Christy Turlington, Estelle Lefébure, Tatjana Patitz et Rachel William posent en simple chemise, presque sans maquillage. Les clichés sont tellement éloignés des canons de la mode de l’époque que « Vogue » ne les publie pas tout de suite. Mais une fois imprimés, c’est la ruée. Le phénomène des « super modèles » est né.

Cliché de l’actrice Julianne Moore par Peter Lindbergh pour le calendrier Pirelli 2017. Exposition à Moscou en 2017
Cliché de l’actrice Julianne Moore par Peter Lindbergh pour le calendrier Pirelli 2017. Exposition à Moscou en 2017© TASS

L’œil Peter Lindbergh a créé une nouvelle tendance. Une quête de naturel qui va dominer la dernière décennie du XXe siècle : peu de maquillage, chevelure libre et T-shirt, photo en noir et blanc souvent sur fond de paysage industriel. « Ce qui m’intéressait », expliquera-t-il, « c’étaient les femmes qui avaient quelque chose à dire, qui rayonnaient d’indépendance ».

Les femmes au naturel

Quand il travaille, le photographe prend son temps. Il veut voir derrière la façade des modèles qu’il photographie. Un mannequin qui arrive dans son studio couverte de make-up est d’abord priée de se démaquiller. « Pour dévoiler l’être humain », expliquait-il récemment au magazine Spiegel Online. Son sujet, ce ne sont pas des vêtements dont les femmes seraient des faire-valoir, des objets. Ce sont les femmes elles-mêmes, leur personnalité.

Année après année, Peter Lindbergh révèle ainsi la beauté des femmes de tous âges. « Le temps m’a fait comprendre que la beauté n’a rien à voir avec la jeunesse », soulignait-il en mai dernier au « Spiegel ». « Avoir en face de soi un véritable être humain dont le visage résume toute la vie est formidable. Et rare ». Ces dernières années, Peter Lindbergh n’avait pas de mots assez durs pour fustiger l’image de la femme renvoyée par les magazines de mode contemporains à coup de retouches Photoshop.

A.L.

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