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Exposition : les Anglais vus par les Allemands

Mini, une marque anglaise culte

Mini, une marque anglaise culte, © Maison de l’histoire de Bonn /Axel Thünker

11.07.2019 - Article

À l’heure du Brexit, comment les Allemands perçoivent-ils les Anglais ? Pour le savoir, rendez-vous à Bonn jusqu’au 8 mars 2020.

« Ils boivent le thé à 17 h », « Il pleut souvent chez eux », « On les reconnaît à leur flegme et à leur humour », « Ils sont »polis« , »déjantés« , »froids« ou »arrogants« : les stéréotypes ne manquent pas quand il est question des Anglais. Chaque Français a son opinion sur ces voisins étranges, européens hier, indépendants demain, qui partagent une longue histoire avec la France et sont à la fois si proches et si lointains. Mais qu’en est-il outre-Rhin ? À l’heure du Brexit, la Maison de l’histoire de Bonn propose de (re)découvrir nos amis anglais avec des lunettes allemandes.

Le char de carnaval de Jacques Tilly créé pour le défilé du Lundi des roses en 2017 a aussi foulé le pavé londonien malgré les protestations
Le char de carnaval de Jacques Tilly créé pour le défilé du Lundi des roses en 2017 a aussi foulé le pavé londonien malgré les protestations© Maison de l’histoire de Bonn /Axel Thünker

»Very british : Un regard allemand« : c’est le titre de l’exposition. Elle est foisonnante. Près de 500 objets originaux sont à découvrir jusqu’au 8 mars 2020 : un costume de scène du »Beatle« George Harrison, l’original du tapis en peau de tigre du sketch »Dinner for One « , une chasuble de l’évêque de Coventry, un char du carnaval de Düsseldorf évoquant le »Brexit« , une Mini Cooper, ainsi qu’une robe et un sac à main ayant appartenu à la Première ministre Margareth Thatcher.

Des pièces rares et uniques

Certaines pièces sont rares et uniques. De fait, les musées britanniques se sont montrés extrêmement généreux et coopératifs. Le visiteur découvre, par exemple, la robe portée par la Reine Elisabeth II lors de son premier voyage en République fédérale en 1965. Il admire aussi l’original de la couronne du prince électeur de Hanovre, devenu le roi George Ier en montant sur le trône d’Angleterre en 1714.

Car l’Allemagne et l’Angleterre partagent aussi une longue histoire commune. Une histoire  jalonnée de drames, au premier rang desquels figurent les deux guerres mondiales avec les bombardements de Coventry et de Dresde. Une histoire économique, aussi, faite de rivalité autant que d’admiration réciproque. Une histoire culturelle, enfin, qui rapproche les peuples par des passions communes : le football, la musique pop, les belles automobiles ou encore la famille royale britannique, d’ascendance allemande, et qui a toujours fasciné les Allemands.

Histoire commune

Grâce à la culture, les Anglais se sont très vite débarrassés de leur image de puissance occupante au lendemain de la guerre en Allemagne. Ils ont endossé le statut de source d’inspiration pour une jeunesse ouest-allemande avide d’émancipation. Les Beatles et les Stones, la mini-jupe et le pop art : le »Swinging London« des années 1960 a très vite fait des émules en Allemagne. Rien de surprenant à ce que la Reine Elisabeth II ait reçu des Allemands un accueil triomphal en 1965.

Outre-Manche, les blessures ont été plus difficiles à refermer. Le passé nazi a longtemps eu du mal à passer. La presse et des milieux comme celui du football se sont fait une spécialité de le rappeler. Mais là aussi, les choses changent. Et si la rivalité économique demeure, c’est la coopération et des sentiments d’amitié qui dominent à l’heure du Brexit. L’association dans le deuil et la mémoire des villes de Coventry et de Dresde, victimes des bombardements les plus terribles de la Seconde Guerre mondiale, en témoigne. Quel meilleur symbole de réconciliation ?

Il n’empêche. Il est aussi des souvenirs moins graves qui laissent une trace profonde entre les peuples. Et c’est peu dire que ni le Royaume-Uni, ni surtout l’Allemagne n’ont oublié la finale de Coupe du monde de football qui les a opposés au stade de Wembley en 1966. Les Anglais ont gagné 4 à 2, laissant aux Allemands l’amertume d’un but controversé. Quarante-cinq ans plus tard, le ballon du match est à découvrir dans l’exposition. Mais pendant deux petites semaines seulement. On ne va quand même pas refaire le match…

 A.L.

» Very british. Ein deutscher Blick « ( » Very british. Un regard allemand « )
Exposition à la Maison de l’histoire de Bonn du 10 juillet 2019 au 8 mars 2020

Plus d'informations (en allemand/anglais)

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