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Festival : philosopher en temps de crise

Questions éternelles et interrogations actuelles partagent l‘affiche depuis ce matin au Festival de philosophie Phil.Cologne

Questions éternelles et interrogations actuelles partagent l‘affiche depuis ce matin au Festival de philosophie Phil.Cologne, © blickwinkel

03.06.2019 - Article

Comment sortir du sentiment d’impasse quant à l’avenir ? Qui seront les révolutionnaires de demain ? Jusqu’où avons-nous le droit d’être parfaits ? Du 3 au 9 juin, le 7e Festival international de philosophie Phil.Cologne ouvre grand les fenêtres de la pensée.

Il y a un siècle, on rêvait des « lendemains qui chantent ». Il y a 30 ans, on prédisait la « fin de l’histoire » dans le sillage de la chute du communisme. Et aujourd’hui, le doute s’est installé. Il craquèle nos certitudes sur le bien-fondé d’un capitalisme triomphant et « sans alternative ». Il brouille nos repères. Il s’exprime d’une voix de plus en plus forte dans des discours apocalyptiques ou dans la nostalgie d’un passé fantasmé. Comment en sortir ? Comment rouvrir cet horizon bouché ? Faire émerger la nouveauté ? Cette question brûlante est ce soir le sujet d’un débat entre le président des Verts allemands, Robert Habeck, et le psycho-sociologue Harald Weltzer. Elle inaugure le Festival international de philosophie Phil.Cologne qui se tient toute cette semaine sur les bords du Rhin. Mieux : elle en donne le ton.

La philosophie serait-elle le remède à un monde en crise ? À lire le programme du festival, on est tenté de le croire. Ou du moins de l’espérer. Gilets jaunes, féministes, héros de la Silicon Valley ou mouvements identitaires : « Qui réussira la prochaine révolution ? ». « L’histoire du Bien et du Mal » : qu’est-ce qui différencie le devoir moral de la générosité spontanée ? « Avons-nous le droit de nous ‘optimiser’ grâce à la génétique ? ». « L’Europe ou l’Asie : vers quels rivages souffle le vent de l’avenir ? ». Parmi les 51 exposés et débats annoncés, beaucoup remuent le couteau dans la plaie en quête de compréhension ou les méninges en quête de solutions.

Public attentif au festival Phil.Cologne (2016)
Public attentif au festival Phil.Cologne (2016)© Phil.Cologne

Le festival n’en reste pas moins fidèle à sa tradition. Il veut éclairer le présent, mais surtout faire réfléchir. Il mêle le passé et le présent, la réflexion abstraite et les préoccupations pratiques. Il est le fils Socrate arpentant la cité. Mais aussi le successeur d’Épictète en quête de sagesse, l’héritier de la rationalité kantienne et le rejeton de l’élan nietzschéen.

On y découvrira ainsi une réflexion tous azimuts sur le romantisme d’Iéna (« La République des esprits libres : que voulaient les romantiques »), sur l’amour (« Pourquoi l’amour finit-il ? »), sur l’esprit visionnaire du mathématicien Alan Turing (1912-1954), sur le football (« Qui comprend le football ? En quête du jeu parfait »). Ou encore sur le Disque de Nebra, dont la découverte en 1999 a apporté la preuve qu’une civilisation existait en Europe il y a 4000 ans, à l’époque de l’Égypte ancienne. Sans compter une quête plus proche du développement personnel avec des débats sur les émotions ou sur le rapport au corps.

A.L.


7e Festival international de philosophie Phil.Cologne
À Cologne du 3 au 9 juin 2019

Plus d’informations :

Site officiel du 7e Festival international de philosophe Phil.Cologne (en allemand/ anglais)

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