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Le Prix du film allemand couronne un film sur la RDA

Le réalisateur allemand Andreas Dresen a reçu six récompenses pour « Gundermann », portrait d’un chanteur de l’ex-RDA

Le réalisateur allemand Andreas Dresen a reçu six récompenses pour « Gundermann », portrait d’un chanteur de l’ex-RDA, © ZB

07.05.2019 - Article

Heureuse coïncidence : à la veille du 30e anniversaire du mur de Berlin, le Prix du film allemand a vu triompher vendredi 3 mai le portrait d’un chanteur de l’ex-RDA.

C’est l’histoire d’un homme ambivalent dans un monde tissé d’infinies nuances de gris. Une fois n’est pas coutume, « Gundermann » de l’Allemand Andreas Dresen est un film sur la RDA qui échappe aux clichés. Il refuse les pièges d’une vision manichéenne. Trente ans après la chute du mur de Berlin, estime son réalisateur, l’heure était venue de « raconter des histoires complexes, nuancées, capables de parler des subtilités humaines qui font partie de la vie au lieu de tout réduire au bien et au mal, ou à l’opposition victime-bourreau ». C’était visiblement une bonne intuition. « Gundermann » vient de triompher lors de la remise du Prix du film allemand. Il a raflé six récompenses dont le Lola d’Or du meilleur film.

Refus d’une vision en noir et blanc

« Gundermann » raconte la vie de Gerhard Gundermann (1955-1998), un chanteur de rock qui fut très populaire en RDA. L’homme aux lunettes et à la queue de cheval était devenu conducteur d’excavatrice dans une mine de lignite à ciel ouvert après avoir passé son adolescence à Hoyerswerda (Saxe), dans le bassin minier de Lusace proche de la frontière polonaise. Au milieu des années 1970, la Stasi, la police politique est-allemande, le recruta un temps comme « collaborateur informel » sous le pseudonyme de « Grigori ». Au début des années 1980, il prit son envol musical avec le groupe « Brigade Feuerstein », puis en solo.

Ses textes teintés de mélancolie traitaient de la vie et de la mort. Ils trouvèrent leur public, tout comme sa critique sociale et un discours de plus en plus écologiste sur l’exploitation, l’homme et la nature. Dans les années 1990, ses chansons se nourrirent d’une critique poétique de la réunification allemande et des problèmes des bassins miniers en déclin. Mais l’homme dut aussi affronter les fantômes qui resurgirent soudain de son passé. Il le fit humblement avant de succomber à un infarctus.

Andreas Dresen, lui-même originaire de l’ex-RDA, espère que son film trouvera un écho dans ce qu’on appelait autrefois les « nouveaux länder ». De Berlin, il est reparti avec plusieurs des Prix les plus prestigieux : meilleur film, meilleure réalisation, meilleur scénario, meilleur interprète masculin pour Alexander Scheer dans le rôle-titre.

Il partage ces lauriers avec le drame « Styx » de Wolfgang Fischer et la tragicomédie « Der Junge muss an die frische Luft » (lit. « Le jeune garçon a besoin d’aller à l’air ») de Caroline Link.

Le premier met en scène la rencontre en mer d’une jeune navigatrice avec un bateau de réfugiés. Il a remporté quatre « Lolas » dont le Lola d’argent du meilleur film et le Prix d’interprétation féminine pour Susanne Wolff.

Dans le second, la réalisatrice allemande lauréate d’un Oscar en 2003 pour « Nowhere in Africa » raconte l’enfance de l’humoriste Hape Kerkeling. Elle a reçu trois récompenses dont le Lola de bronze du meilleur film et le Prix de la meilleure fréquentation en 2018 (près de 3,5 millions de spectateurs).

Un Prix d’honneur a distingué l’actrice et réalisatrice Margarethe von Trotta (« L’honneur perdu de Katharina Blum », « Les années de plomb », « Rosa Luxemburg », « Rosenstraße », « Hannah Arendt ») pour l’ensemble de sa contribution au cinéma allemand. Elle en est un « modèle » et une « source d’inspiration », a loué l’actrice Katja Riemann.

A.L.

Plus d’informations :

Prix du film allemand : site officiel (en allemand)

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