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Une heure au jardin avec Goethe

Le jardin de J.W. Goethe (1749-1832) à Weimar reconstitué jusqu’au 15 septembre sur le toit du musée de la Bundeskunsthalle à Bonn.

Le jardin de J.W. Goethe (1749-1832) à Weimar reconstitué jusqu’au 15 septembre sur le toit du musée de la Bundeskunsthalle à Bonn., © Bundeskunsthalle

03.05.2019 - Article

Jusqu’au 15 septembre, le musée de la Bundeskunsthalle à Bonn propose à ses visiteurs de venir se détendre dans le jardin du poète allemand, reconstitué à ciel ouvert.

Écrivain, homme d’État… et jardinier ! Depuis la mi-avril, le musée de la Bundeskunsthalle à Bonn propose de découvrir une facette méconnue de Johann Wolfgang Goethe (1749-1832) : sa passion pour la botanique. Ce génial touche-à-tout avait aménagé le jardin de ses maisons de Weimar avec la curiosité passionnée qu’il mettait en toutes choses. Le musée de Bonn les a reconstitués à l’identique sur son toit en prélude à l’ouverture d’une exposition sur le grand poète allemand («  Goethe. La métamorphose du monde  », à partir du 17 mai). Les visiteurs peuvent venir s’y délasser jusqu’au 15 septembre.

Tout commence quand le jeune Goethe, auréolé du succès des « Souffrances du jeune Werther  », s’installe à Weimar en 1775 pour entrer au service du duc Carl August von Sachsen-Weimar und Eisenach. Une solide amitié va lier les deux hommes, et le duc ne tarde pas à offrir une résidence au prince des poètes. C’est le «  Pavillon de jardin  » (Goethes Gartenhaus), une maison toute simple d’un étage nichée dans un écrin de verdure (l’actuel Parc de l’Ilm). Cette demeure attire aujourd’hui les touristes par milliers. Ils repartent séduits, notamment par le jardin qui lui donne son nom et son âme.

 

Esthète, curieux, gourmet

La sculpture de la « Pierre de la bonne chance » associe un dé et une boule dans un geste étonnant de modernité. Elle orne le jardin du « Pavillon de jardin » de J.W. Goethe à Weimar.
La sculpture de la «  Pierre de la bonne chance  » associe un dé et une boule dans un geste étonnant de modernité. Elle orne le jardin du «  Pavillon de jardin  » de J.W. Goethe à Weimar.© Bundeskunsthalle

Goethe avait, en effet, lu très tôt les écrits de Christian Hirschfeld (1742-1792), philosophe des Lumières et théoricien de l’art des jardins. Il y avait puisé le goût du jardin à l’anglaise. Son Pavillon s’élève ainsi au milieu d’une profusion de verdure qui s’étage fougueusement à flanc de colline. Le jardin est serpenté d’allées bordées des espèces végétales les plus variées : asters, mauves, agrumes, figues, artichauts et un ginkgo qui faisait la fierté de son propriétaire. Ici et là, un banc offre son hospitalité sous l’ombre d’une charmille.

Plusieurs de ces variétés de plantes ont été ramenées de voyages à l’étranger. Où qu’il soit, Goethe pensait à son jardin et apportait le plus grand soin à ce qu’il soit cultivé selon ses volontés. La première raison était esthétique. Mais le penseur souhaitait aussi rassasier d’expérimentations botaniques son esprit toujours en quête de découvertes. La «  Pierre de la bonne chance  », une sculpture à la forme presque abstraite et éminemment moderne (photo), témoigne de cette quête intime pour concilier les principes apparemment contraires de la permanence (symbolisée par un dé) et de la métamorphose (la boule). Enfin, un espace est réservé au verger et au potager. En amoureux de la nature, le poète aimait manger les produits de son jardin.

Goethe, devenu conseiller, puis ministre du duc, devait quitter le Pavillon de jardin en 1782 pour emménager dans une vaste demeure bourgeoise conforme à son statut et à ses fonctions de représentation (Goethes Haus am Frauenplan). Il aménagea là aussi un vaste jardin, reproduit sur le toit de la Bundeskunsthalle. Le Pavillon de jardin, située à quelques centaines de mètres seulement de sa nouvelle résidence, n’en restera pas moins son refuge jusqu’à sa mort en 1832.

A.L.

Plus d’informations :

Musée de la Bundeskunsthalle à Bonn (en allemand)

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