Bienvenue sur les pages du Ministère fédéral des Affaires étrangères

Exposition : l’art en quête d’imaginaire

Le peintre romantique allemand Caspar David Friedrich (1774-1840) fut l’un des premiers artistes à utiliser la toile comme surface de projection de sa propre intériorité

Le peintre romantique allemand Caspar David Friedrich (1774-1840) fut l’un des premiers artistes à utiliser la toile comme surface de projection de sa propre intériorité. Ici, le tableau « Récif de rocher sur la plage de mer » (Felsenriff am Meeresstrand), vers 1824. Huile sur toile, 22 x 31 cm, © akg

08.02.2019 - Article

À partir de 1900, l’art s’émancipe de l’imitation de la nature et se met en quête d’imaginaire. La toile va désormais déployer sa propre (ir)réalité, qu’elle soit esthétique, symbolique, mythique ou psychique. Une aventure à découvrir jusqu’au 17 février à Heidelberg.

Qu’est-ce que l’art ? Pendant très longtemps a prévalu l’idée, formulée par Aristote, que « l’art imite la nature ». Mais au tournant du XXe siècle, l’œil du photographe concurrençant celui du peintre, nombreux furent les artistes à s’émanciper de cette vision. Symbolisme, expressionnisme, surréalisme, cubisme, futurisme, abstraction, etc : la plupart des  mouvements picturaux cherchent depuis à créer sur la toile une réalité propre. Ils puisent dans la sensation, le rêve, l’inconscient, le mythe ou bien encore l’analyse de la couleur et de la forme. Une exposition nous fait partager cette aventure fascinante. Elle entame actuellement ses derniers jours à Heidelberg.

Pablo Picasso (1881-1973) dans son atelier. L’exposition « Irréalités », à Heidelberg
Pablo Picasso (1881-1973) dans son atelier. L’exposition « Irréalités », à Heidelberg, parcourt le chemin qui mène du romantisme au cubisme via l’expressionnisme et le symbolisme, dans une quête toujours nouvelle d’émancipation par rapport à la réalité extérieure au profit du rêve, de l’inconscient, du mythe ou de l’abstraction© A0001_UPI

Elle s’intitule « Irréalités. L’imaginaire dans l’art de Caspar David Friedrich (1774-1840) jusqu’à Pablo Picasso (1881-1973) » et se visite jusqu’au 17 février au Musée du Palatinat électoral. Une centaine de toiles y sont rassemblées dont beaucoup sont rares, voire n’ont jamais été exposées car elles proviennent de collections privées. Le musée a également puisé dans ses propres collections et reçu des prêts d’institutions prestigieuses en Allemagne et à l’étranger.

Le nom des artistes exposés donne une idée de l’ambition du projet. Il y a là des tableaux de Francisco de Goya, Caspar David Friedrich, Lovis Corinth, Edvard Munch, Franz von Stuck, Giorgio de Chirico, Emil Nolde, Ernst Ludwig Kirchner, Max Pechstein ou encore Pablo Picasso.

Les romantiques précurseurs

Ce sont les romantiques qui, les premiers, se sont servis de la toile comme d’une surface de projection de leur intériorité et de leurs interrogations existentielles. Les paysages de l’Allemand Caspar David Friedrich (photo) en sont l’un des exemples plus impressionnants et les plus célèbres. Rochers, falaises, montagnes, mers et nuées y peuplent des étendues souvent désertes. Ils sont hérissés de formes abruptes et baignés de couleurs invitant à la nostalgie.

Un siècle plus tard, toujours en Allemagne, on retrouve une volonté d’expression de soi similaire sous une tout autre forme chez les expressionnistes. Nolde, Kirchner, Pechstein, Heckel, Schmidt-Rottluff : leurs toiles explosent de formes et couleurs qui sont souvent sans rapport avec celles de la réalité visible. Elles disent, expriment, crient, dénoncent… et créent.

L’exposition montre ainsi les divers chemins empruntés par les artistes depuis un siècle pour sortir de la prétention d’objectivité. Elle n’aligne les toiles dans l’ordre chronologique. Elle les fait dialoguer entre elles, en n’hésitant à miser sur la surprise pour donner de la profondeur à la réflexion.

Le spectateur passe ainsi en revue cinq grands chapitres : la « symbolisation du paysage » (romantiques, symbolistes et expressionnistes), les énigmatiques « images de l’intériorité et de l’inconscient » (Goya, Munch, Böcklin, Kublin), les « nouveaux mythes » (Stuck, Chirico), les stratégies désintégration de la réalité (expressionnistes, cubistes et futuristes) et enfin l’« abstraction et la non-figuration », incarnées par exemple par les recherches sur la « couleur pure » et la perception du spectateur d’Alexandra Exter et Josef Albers.

A.L.

Exposition « Irréalités. L’imaginaire dans l’art de Caspar David Friedrich à Picasso »
Jusqu’au 17 février 2019 au Musée du Palatinat électoral, à Heidelberg
Finissage (avec visites guidées) le 15 février à partir de 18h

Visite de l’exposition en vidéo (en allemand)

Plus d’informations :

Musée du Palatinat électoral (en allemand)

Retour en haut de page