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La République de Weimar, âge d’or du cinéma allemand

Werner Krauß, Le cabinet du Dr. Caligari (Robert Wiene, 1920). Source : Cinémathèque allemande, Archives photographiques

Werner Krauß, Le cabinet du Dr. Caligari (Robert Wiene, 1920). Source : Cinémathèque allemande, Archives photographiques, © Bundeskunsthalle

05.02.2019 - Article

À l’occasion du centenaire de la République de Weimar (1918-1933), le musée de la Bundeskunsthalle revient sur ces 14 années qui virent émerger une société éprise de modernité et qui constituèrent l’âge d’or du cinéma allemand.

Une anecdote raconte que, dans les années 1930, le grand réalisateur américain Irving Thalberg aurait convoqué un jour tous ses collaborateurs pour leur montrer « M le maudit » (« M – Eine Stadt sucht einen Mörder »). Puis il les aurait sermonnés : « Mais comment se fait-il que  vous ne fassiez pas des films aussi innovants et passionnants que ce Fritz Lang ? ».

Qu’elle soit vraie ou non, l’histoire reflète une réalité : dans les années 1918-1933, sous la République de Weimar, le cinéma allemand connut un âge d’or qui en fit par moments un rival direct d’Hollywood. Moderne, inventif, il était créateur de tendance à l’échelle mondiale et il s’inspirait d’une société elle-même trépidante et en plein mouvement. Cent ans après, le musée de la Bundeskunsthalle, à Bonn, nous replonge à travers l’exposition « Kino der Moderne » (jusqu’au 24 mars) dans cette époque fascinante.

À l’occasion du centenaire de la République de Weimar, la commissaire a eu l’idée de puiser dans un fonds incomparable : celui de la Cinémathèque allemande, à Berlin. Elle en a ressorti des kilomètres de pellicule, bien sûr, mais aussi des photos, dessins, affiches, scénarios, etc. Elle a aussi retrouvé des costumes, des projecteurs, des objets du quotidien, etc.

Erwin Splettstößer, Christl Ehlers, Brigitte Borchert et Wolfgang von Waltershausen, Des gens, le dimanche
Erwin Splettstößer, Christl Ehlers, Brigitte Borchert et Wolfgang von Waltershausen, « Des gens, le dimanche » (Robert Siodmak, Rochus Gliese, Edgar G. Ulmer, 1930). Source : Cinémathèque allemande, Archives photographiques© Bundeskunsthalle

Ensemble, tous ces éléments composent un kaléidoscope précis et varié de l’époque. On (re)découvre une société moderne qui ressemble parfois beaucoup à la nôtre, par exemple dans sa perception de l’accélération du temps. On explore la grande ville, le progrès scientifique, une image de la femme en pleine révolution, les nouvelles formes d’emplois, la recherche effrénée des plaisirs, mais aussi les versants plus sombres de ces « années folles » que furent les problèmes sociaux et la pauvreté des enfants.

Le 7e art, imaginatif et expérimental, reflète cette effervescence. C’est l’utopie de la grande dessinée par Fritz Lang qui vire au cauchemar dans « Metropolis », le traumatisme de la Grande guerre et les débuts de la psychanalyse avec « Nerven », « Le cabinet du Dr. Caligari » ou « Geheimnisse einer Seele » de G.W. Pabst. C’est Marlene Dietrich et Emil Jannings dans « L’Ange bleu », « Nosferatu » de Friedrich Wilhelm Murnau et les débuts de Leni Riefenstahl. On y évoque le sport, la mode, la nature, mais aussi la femme, l’avortement, l’homosexualité.

Beaucoup est à découvrir et à redécouvrir dans cette exposition foisonnante qui part de la pellicule pour exposer la vie de tous les jours, et qui multiplie les perspectives en interrogeant  aussi la littérature, les arts plastiques, l’architecture ou la psychologie. Une exposition qui nous replonge dans le passé comme pour mieux faire écho aux questions du présent.

A.L.


KINO DER MODERNE - Film in der Weimarer Republik
(Le cinéma de la modernité – Le 7e art sous la République de Weimar)
Jusqu’au 24 mars 2019 au musée de la Bundeskunsthalle, à Bonn

Plus d’informations :

Musée de la Bundeskunsthalle (en allemand et anglais)

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