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Exposition : Humboldt, fou de photo

Un jardin à Cuernavaca, extrait de l’album « Vues photographiques du Mexique et du Venezuala 1857–1858 » offert à Alexander von Humboldt 1858, 1857–1858. Musée Ludwig, Cologne. Reproduction: Rheinisches Bildarchiv Köln Köln

Un jardin à Cuernavaca, extrait de l’album « Vues photographiques du Mexique et du Venezuala 1857–1858 » offert à Alexander von Humboldt 1858, 1857–1858. Musée Ludwig, Cologne. Reproduction: Rheinisches Bildarchiv Köln, © Musée Ludwig, Cologne

07.12.2018 - Article


Naturaliste et globe-trotter, Alexander von Humboldt (1769-1859) a assisté enthousiaste à la naissance de la photographie à Paris en 1839. Il soutiendra jusqu’à sa mort des expéditions photographiques. Le musée Ludwig de Cologne nous dévoile son héritage.

Les traces d’Alexander von Humbolt dans l’histoire de la photographie… Voilà un thème inattendu ! On connaissait le voyageur et l’explorateur. On a eu vent de ses travaux de naturaliste. On sait qu’il était le frère du philosophe et linguiste Wilhelm von Humboldt… Mais la photo ? Quel rôle a bien pu y tenir cet enfant du XVIIIe siècle ? La clé de l’énigme se trouve actuellement au musée Ludwig. Le célèbre établissement de Cologne a puisé dans ses fonds photographiques pour nous dévoiler une nouvelle facette d’un scientifique décidément insatiable – et inclassable.

L’exposition (« Alexander von Humboldt, la photographie et l’héritage ») se tient jusqu’au 27 janvier 2019. Elle occupe le nouvel espace photo où le musée met en valeur depuis 2017 un fonds riche de 70 000 clichés. C’est, pourrait-on, dire un prélude. Elle ouvre une année anniversaire, celle des 250 ans de la naissance d’Alexander von Humboldt. L’occasion, sans doute, d’aller explorer les coulisses de son extraordinaire existence.

Et notre XXIe siècle féru d’images y trouvera son compte. Il découvrira en Humboldt un précurseur. En effet, le scientifique allemand aimait vivre au milieu des images, imprimées ou peintes. Elles jouaient un rôle non négligeable dans ses travaux. Il évoquait les images « artistico-physionomiques » de la nature. À la fin de sa vie, il dépensera sans compter pour illustrer la somme de ses recherches, intitulée « Cosmos ».

« Les gens veulent voir », disait-il. Et dans ces conditions, on ne s’étonnera pas que Humboldt se soit vite passionné pour la photographie. Il est à Paris lorsque Louis Daguerre présente pour la première fois, en 1839, son daguerréotype. Mieux, il est l’un des trois membres de la commission chargée de statuer sur l’invention, car il est alors en poste dans la capitale française en tant que diplomate.  Ses lettres témoignent de son enthousiasme. « C’est l’une des inventions les plus réjouissantes et les plus admirables de notre époque », clame-t-il. « Les images ont un caractère naturel inimitable que seule la nature peut produire ».

Humboldt a déjà 70 ans lorsqu’apparaît le daguerréotype. Sa vie de voyages est derrière lui. Mais il lui reste vingt ans à vivre, et la photo ne le quittera plus. Il s’entoure de clichés. Et surtout, il encourage et finance les expéditions d’explorateurs qui s’en vont photographier les quatre coins de la planète.

On lui fait cadeau, en retour, d’albums de photos glanées autour du monde. Le musée Ludwig en possède deux qui sont spectaculaires. Le premier est un album de 22 photos de W.H.F. Talbot, l’inventeur de la photographie sur papier. Il fut offert dédicacé à Humboldt en 1844. Il s’agit de l’un des plus anciens albums photos existants. Le second date de 1858. Il présente 47 clichés réalisés en Amérique Latine dans les années 1857-1858 par le photographe d’origine hongroise Paul de Rosti, dont Humboldt avait financé le voyage.

 

A.L.


Alexander von Humboldt, Fotografie und sein Erbe

(Alexander von Humboldt, la photographie et l’héritage)

À visiter au Musée Ludwig de Cologne  jusqu’au 27 janvier 2019

Plus d’informations :

Musée Ludwig, à Cologne (en allemand et anglais)

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