Bienvenue sur les pages du Ministère fédéral des Affaires étrangères

Exposition : George Grosz dans le Berlin des « années folles »

George Grosz, Feuille 2 du portfolio Hintergrund (1928), 1927, impression taille-douce manuelle, collection privée

George Grosz, Feuille 2 du portfolio « Hintergrund » (1928), 1927, impression  taille-douce manuelle, collection privée, © Estate of George Grosz, Princeton, N.J./VG Bild-Kunst, Bonn 2018

04.12.2018 - Article

Jusqu’au 6 janvier, le musée Bröhan de Berlin consacre une vaste rétrospective au peintre George Grosz qui fut l’un des plus grands chroniqueurs politiques et satiriques de la République de Weimar.

Quelle image conserverions-nous de la vie sous la République de Weimar sans ses dessins ? Du Berlin des « années folles » sans ses tableaux et caricatures ? Le peintre George Grosz (1893-1959) a marqué l’histoire de l’art autant que celle des représentations. Témoin privilégié de l’Allemagne des années 1920, il en fut l’un des chroniqueurs les plus féconds, les plus engagés et surtout les plus mordants. Le musée Bröhan de Berlin propose de redécouvrir cette œuvre foisonnante et indémodable jusqu’au 6 janvier 2019 à travers une vaste rétrospective.

Satiriste et visionnaire

L’exposition - la première rétrospective consacrée à l’artiste en Allemagne depuis 25 ans - rassemble plus de 200 œuvres. Il s’agit de toiles, dessins, collages et photos issus de musées berlinois et de collections privées. On y suit le parcours de Grosz, enfant de Berlin élevé en Poméranie et très vite attiré par l’art, qu’il étudie à Dresde puis à Berlin avec Emil Orlik. Ses premiers dessins, datés de 1908, sont encore très influencés par l’Art nouveau. Mais le jeune homme trouve rapidement sa voie, son style et ses motifs de prédilection : le cirque, le théâtre de variété, la prostitution, le crime…

La Première Guerre mondiale éclate et George Grosz décide de devancer l’appel. Il se porte volontaire dans un régiment de grenadiers. Il en revient blessé au printemps 1915 et commence alors à se faire un nom en publiant ses dessins dans des revues. En 1919, il est incarcéré pendant la révolte spartakiste. Il prend sa carte au Parti communiste allemand.

Le début de la République de Weimar est une phase de bouleversements et de ruptures. C’est une période pleine de contradictions dans les domaines politique, économique et social, et en même temps une ère d’épanouissement majeure pour la culture et les arts.

George Grosz est aux premières loges. Il observe ces bouillonnements dans les moindres détails. Et il s’en fait le peintre sous les traits d’une satire provocatrice et sans concession. Il croque les fractures de l’époque : le fossé entre les riches et les pauvres, la classe ouvrière et la bourgeoisie, etc. Il est même visionnaire : dès 1923, il dessine « Siegfried Hitler », un dessin qui annonce la figure du dictateur.

Les revues dans lesquelles il publie ses dessins et ses poèmes sont sans cesse dans le viseur de la censure. Il sera lui-même accusé trois fois : pour outrage envers l’armée, atteinte à la morale publique et blasphème. Mais le succès est au rendez-vous, jusqu’à ce que l’arrivée des nazis au pouvoir le pousse à s’exiler durablement aux États-Unis.

Grosz inconnu

L’exposition nous montre alors un visage moins connu de George Grosz. C’est celui du photographe, qui capte sur la pellicule sa traversée de l’Atlantique et ses premières impressions de New York. C’est aussi celui du créateur de décors et de costumes pour le théâtre, et notamment pour une mise en scène du « Brave Soldat Chvéïk » par Erwin Piscator en 1927.

Georg Grosz ne reviendra à Berlin qu’en 1959, quelques semaines avant sa mort.

A.L.

« George Grosz à Berlin »

Exposition au musée Bröhan, à Berlin, jusqu’au 6 janvier 2019

 

Plus d’informations :

Portail officiel de la ville de Berlin (en allemand)

Musée Bröhan (en allemand et anglais)

Retour en haut de page