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Exposition : l’art du flâneur

Louis Anquetin, Femme sur les Champs-Élysées, la nuit, et Rudolf Schlichter, Hausvogteiplatz, vers 1926

Louis Anquetin, Femme sur les Champs-Élysées, la nuit, 1890/91, Huile sur toile, 83,2 x 100 cm, Van Gogh Museum, Amsterdam, Acquisition avec le soutien de la BankGiro Loterij et de la Rembrandt Association, et celui du Prins Bernard Cultuurfonds et de la VSB foundation ; Rudolf Schlichter, Hausvogteiplatz, vers 1926, Aquarelle, 66,5 x 51,5 cm, Collection Christiana und Volker Huber, Offenbach am Main, © Ediition und Galerie Volker Huber

30.11.2018 - Article

Il marche d’un pas nonchalant sur les boulevards. Il lit son journal à la terrasse d’un café. Et il observe : la grande ville, les passants, l’atmosphère. De la fin du XIXe siècle à notre époque  pressée, le flâneur n’a cessé d’inspirer les artistes. Il est le sujet d’une exposition à Bonn.

« Pour le parfait flâneur », écrivait Baudelaire, « pour l'observateur passionné, c'est une immense jouissance que d'élire domicile dans le nombre, dans l'ondoyant, dans le mouvement, dans le fugitif et l'infini ». Contemporain de la naissance du Paris moderne, l’auteur des Fleurs du mal a été l’un des premiers à essayer de décrire le « flâneur ». Ce personnage étrange, né avec le développement de la grande ville, a fasciné les écrivains, puis les peintres et les photographes depuis la fin du XIXe siècle. Une exposition du musée d’art de Bonn en dresse un magnifique portrait à travers l’art jusqu’au 13 janvier 2019.

Ernst Ludwig Kirchner, Straßenszene (Scène de rue), 1926, Aquarelle, 37 x 52 cm, Brücke-Museum Berlin
Ernst Ludwig Kirchner, Straßenszene (Scène de rue), 1926, Aquarelle, 37 x 52 cm, Brücke-Museum Berlin© Brücke-Museum Berlin

Elle s’intitule « Der Flâneur », en français. Car Paris, avec ses grands boulevards et ses cafés, est depuis toujours le paradis du flâneur, son biotope naturel. Il s’y promène l’air nonchalant, hume l’air, suit la foule pressée sans s’y fondre. Et il observe. Il prend le pouls de la ville grouillante, détaille les passants, les variations de la lumière, l’atmosphère. Il analyse. Rien ne lui échappe. C’est une version bourgeoise du dandy . Le type même de l’homme moderne, disait le philosophe allemand Walter Benjamin.

À Paris ou à Berlin

Car même si Benjamin a été Parisien, Paris n’est pas la seule ville à avoir ses flâneurs. Berlin a été un autre terrain de jeu privilégié du personnage. L’exposition en apporte mille témoignages. Elle juxtapose les nombreuses toiles ayant pour cadre la Ville lumière (Pissaro, Caillebotte, Auguste Chabaud, etc.) à une série d’œuvres inspirées par Berlin à Ernst Ludwig Kirchner, Gerg Grosz, Rudolf Schlichters, Ludwig Medner, Karl-Horst Hödicke, Lovis Corinth ou Thomas Struth. Paris et Berlin apparaissent ainsi comme deux pôles de flânerie privilégiés, quoique très différents, voire opposés.

Istanbul (Beat Streuli), Liverpool (Candida Höfer), New York (Tod Papageorge, Lee Friedländer, Gary Winograd) ou encore Bonn (August Macke) n’en ont pas moins inspiré les peintres et les photographes. L’exposition rassemble au total plus de 160 œuvres de 68 artistes. Elle traverse les époques et les genres, de l’impressionnisme à l’art contemporain en passant par l’expressionnisme et la Nouvelle objectivité, de la fin du XIXe siècle à notre XXIe siècle pressé.

Il en ressort un portrait très complet du « flâneur », scruté sous tous les angles, sous toutes les lumières, sous toutes les coutures. Un portrait qui séduit le grand public si l’on en juge par les chiffres de la fréquentation. Car les scientifiques l’observent : notre époque hyper-connectée, qui vit dans le flux et la vitesse, voit naître un mouvement opposé depuis quelques années. À Paris ou à Berlin, le flâneur a encore de beaux jours devant lui.

A.L.

LE FLÂNEUR,
De l’impressionnisme à l’époque contemporaine

Exposition au Musée d’art de Bonn jusqu’au 13 janvier 2019

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