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Splendeurs des bords de l’Elbe

Boîte en laiton de forme ovale à l’effigie d‘Elisabeth de Brandebourg

Boîte en laiton de forme ovale à l’effigie d‘Elisabeth de Brandebourg. Pièce exposée au Château de la Résidence, à Dresde, dans le cadre d’une exposition sur la provenance des collections d’art (« Kunstbesitz. Kunstverlust. Objekte und ihre Herkunft », jusqu’au 25 mars 2019), © ZB

23.11.2018 - Article

Récemment élues « Marque culturelle de l’Année », les Collections nationales de Dresde sont l’un des plus anciens complexes culturels du monde. Et l’un des plus fascinants. Leurs quinze musées sont comme un pont jeté sur l’Elbe entre passé, présent et avenir.

Il suffit de les évoquer pour faire surgir un cortège de merveilles. La splendeur baroque de la « Florence de l’Elbe ». Auguste le Fort, le roi de Saxe ébloui par Versailles. Le goût de la collection. L’appétit d’art et de culture universels. Les grandes heures et les tragédies de l’histoire, aussi. Les Collections nationales de Dresde (Saxe) sont l’un des plus anciens et des plus beaux complexes culturels au monde. Elles ont reçu ce mois-ci en Allemagne le titre de « Marque culturelle de l’Année ». De quoi récompenser leur ardeur à relier les richesses du passé, du présent et de l’avenir.

La passion des collections d’art

Les Collections nationales de Dresde trouvent leur origine au XVIe siècle dans le trésor des princes électeurs de Saxe. Ces derniers amassaient des objets, des outils, des instruments mais aussi des objets rares, innovants et précieux dans le but de constituer une collection universelle.

Mais c’est leur successeur Auguste le Fort (1670-1733), prince électeur de Saxe, roi de Pologne et grand admirateur de Versailles et du Roi Soleil qui donna l’impulsion décisive à la collection. Lui-même collectionneur frénétique, il décida de l’enrichir de manière systématique. On lui doit jusqu’à aujourd’hui la Voûte verte avec ses chefs-d’œuvre de joaillerie et d’orfèvrerie, la collection de sculptures, le cabinet de gravures, ainsi qu’un grand nombre de porcelaines et de pièces de grande valeur.  

Cette magnifique collection sera fortement détériorée par la Guerre de Sept Ans (1756-1763). Mais son développement reprendra au XIXe siècle, en particulier avec la construction du Zwinger par Gottfried Semper à partir de 1855 et la construction de l’Albertinum en 1891.

D’hier à aujourd’hui

La Salle Mosaïque du Musée Albertinum et ses 24 sculptures
La Salle Mosaïque du Musée Albertinum et ses 24 sculptures, dont un moulage en plâtre de l’écrivain Gotthold Ephraim Lessing (g.), œuvre du sculpteur allemand Ernst Rietschel© ZB

Aujourd’hui, les Collections nationales de Dresde rassemblent un million d’objets, dont 19 000 sont exposés dans quinze musées et six bâtiments et 127 700 sont directement accessibles en ligne. En 2017, elles ont accueilli plus de deux millions de visiteurs. Des chiffres qui donnent le tournis. Mais qui ne font qu’encourager leurs responsables à s’investir encore davantage pour mettre en valeur l’art sous toutes ses formes, jusqu’à nos jours.

Ainsi, les mois à venir s’annoncent riches. Après la réouverture de la mythique galerie de peinture Alte Meister, entièrement rénovée, les Collections nationales de Dresde célèbreront en 2019 les 500 ans de leur collection numismatique. Le cabinet de gravures rendra hommage à Rembrandt à l’occasion du 350e anniversaire de sa mort. Quant aux collections de peinture, elles mettront à l’honneur deux pointures de l’art allemand contemporain, tous deux enfants de Dresde : A.R. Penck (1939-2017) et Gerhard Richter (né en 1932).

Riche de leur passé flamboyant, les Collections nationales vont même encore plus loin. Jusqu’en mars 2019, elles présentent une exposition qui relate leurs travaux de recherche sur la provenance des œuvres d’art, un thème à la fois très actuel et sensible.

Elles ne cessent pas non plus d’approfondir leur travail sur les avant-gardes. Elles prévoient ainsi l’an prochain, dans le cadre du centenaire du Bauhaus, une exposition intitulée « Espaces du futur. Kandinsky, Mondrian, Lissitzky et l’avant-garde de l’abstraction constructiviste à Dresde de 1919 à 1932 ». Elles entendent aussi mettre sur pied d’ici à 2022 des Archives des avant-gardes, grâce à un don important du mécène Egiodio Marzona.

A.L.

Plus d’informations :

Site web des Collections nationales de Dresde (en allemand et anglais)
Accès aux collections en ligne (en allemand)

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