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Exposition : il y a un siècle, les rock-stars de l’art

Vue de l’exposition.

Vue de l’exposition., © Kunst- und Ausstellungshalle der Bundesrepublik Deutschland, Photo : Peter-Paul Weiler, 2018

25.10.2018 - Article

Le musée de la Bundeskunsthalle, à Bonn, éclaire jusqu’au 27 janvier 2019 la carrière des peintres arrivistes de la Belle-Époque. Un phénomène peu connu aux échos pourtant très contemporains.

Ils étaient couverts de gloire et d’argent. Ils vivaient dans des résidences somptueuses. Ils organisaient des fêtes dispendieuses. Ils dialoguaient d’égal à égal avec les puissants.  Et l’adulation de leurs fans n’avait rien à envier au culte de Mickael Jackson. Leur profession ? Peintre. Voilà qui tranche avec l’image d’Épinal de l’artiste maudit qui vit dans une mansarde et tire le diable par la queue ! Les « peintres arrivistes » ont pourtant constitué une réalité en Europe dans les années 1870 et 1880. Le musée de la Bundeskunsthalle jette un regard curieux sur ce phénomène peu connu de l’histoire de l’art.

Franz von Stuck, Affiche de la VIIe Exposition internationale d’art, 1897. 72 x 100 cm. Musée municipal de Munich
Franz von Stuck, Affiche de la VIIe Exposition internationale d’art, 1897. 72 x 100 cm. Musée municipal de Munich© Musée municipal de Munich

L’exposition, qui s’intitule « Malerfürsten » (princes de la peinture, peintres arrivistes), se tient à Bonn jusqu’au 27 janvier 2019. Elle dresse le portrait de sept de ces rock-stars de l’art européen de la Belle-Époque : Frederic Lord Leighton, Hans Makart, Jan Matejko, Mihály von Munkácsy, Franz von Lenbach, Friedrich August von Kaulbach et Franz von Stuck.

On se laisse surprendre par leur train de vie princier : le palais de Munkacsy, les carreaux importés du Proche-Orient décorant la très chic demeure de Leighton dans le quartier londonien de Kensington, la coupole et la colonnade antique qu’il comptait faire construire dans son atelier, le sceptre royal offert à Matejko par la ville de Cracovie en signe d’adoration, les petits-déjeuners de Kaulbach avec la famille des tsars de Russie et les 80 portraits privés de Bismarck réalisés par Lenbach…

Échos contemporains

Mais le plus intéressant est ailleurs. Il réside dans la dimension sociétale de ce culte artistique rendu à une infime minorité de privilégiés. « On ne peut pas comprendre la figure du Malerfürst sans connaître les conditions sociales et politiques de l’époque », souligne Rein Wolfs, intendant de la Bundeskunshalle. « L’exposition inscrit l’art et l’artiste dans l’histoire sociale. Elle nous raconte l’histoire du XIXe siècle sous un jour nouveau et passionnant, qui évoque l’art mais aussi l’argent, le pouvoir et la gloire ». Elle pourrait d’ailleurs ouvrir de nouvelles perspectives pour les chercheurs.

Quant au visiteur, ce qui le frappera, c’est l’aspect très contemporain de ces Elvis Presley de la peinture. Comme les vedettes d’aujourd’hui, ils entretenaient leur réseau, leur communauté de fans et géraient leur communication au cordeau en jouant des effets d’annonce. Bref, ils maîtrisaient à la perfection… l’art de se vendre. Jusqu’à ce que la Première Guerre mondiale n’éclate. Et de ces « peintres princiers » ne laisse que… les « peintres ».

A.L.

Plus d’informations :

Bundeskunsthalle (en allemand)

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