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Exposition : quand la nature se déchaîne

Eugène Isabey (1803–1886), Naufrage du trois-mâts « Emily » en 1823, 1865. Huile sur toile, 200 x 345 cm. Musée d’arts de Nantes

Eugène Isabey (1803–1886), Naufrage du trois-mâts « Emily » en 1823, 1865. Huile sur toile, 200 x 345 cm. Musée d’arts de Nantes, © Photo: Gérard Blot / Agence photographique de la Réunion des Musées Nationaux - Grand Palais des Champs Elysées

02.07.2018 - Article

De l’éruption du Vésuve en 79 au Titanic et de l’incendie de Londres en 1666 à l’effondrement du World Trade Center, la catastrophe est partout. Une exposition à Hambourg montre comment les artistes l’on représentée depuis quatre siècles.

Calamités naturelles, guerres, bouleversements politiques et crises : les catastrophes rythment nos journaux télévisés et elles influent bien souvent sur notre vision du monde. Mais qu’est-ce qu’une catastrophe ? Sur quels critères les événements sont-ils considérés comme tels ? Ces critères sont-ils les mêmes que ceux de nos ancêtres ? C’est ce qu’une exposition originale explore à Hambourg jusqu’au 14 octobre à partir d’œuvres d’art datant des quatre derniers siècles.

Joseph Wright of Derby (1734–1797), Éruption du Vésuve, vers 1790. Huile sur toile, 58,6 x 73,5 cm
Joseph Wright of Derby (1734–1797), Éruption du Vésuve, vers 1790. Huile sur toile, 58,6 x 73,5 cm© Hamburger Kunsthalle / bpk. Photo : Elke Walford

L’exposition s’intitule « La nature déchaînée. La représentation de la catastrophe depuis 1600 ». Elle rassemble près de 200 œuvres appartenant à tous les genres : peinture, dessin, graphisme, sculpture, photo et cinéma. On y trouve pêle-mêle des tableaux de Wenzel Hollar (1607–1677), Jan Asselijn (1610–1652),  une représentation du Vésuve signée Johann Wolfgang von Goethe (1749–1832), des toiles de Caspar David Friedrich (1774–1840) et Théodore Géricault (1791–1824), des œuvres de John Martin (1789–1854), Martin Kippenberger (1953–1997) et jusqu’aux contemporains Christian Jankowski (*1968) et Julius von Bismarck (*1983).

L’originalité du musée de la Kunsthalle est de ne pas avoir voulu classer ces œuvres de manière chronologique, mais d’avoir mélangé les thèmes et les époques. Cela permet de faire ressortir des évolutions assez franches. Par exemple, la représentation de la catastrophe a d’abord été cantonnée aux sujets bibliques et mythologiques, avant que les peintres ne se tournent vers des événements réels. Dès le début du 19e siècle, ils commencent aussi à peindre les victimes des incendies, tremblements de terre ou naufrage.

Kota Ezawa (*1969), Flood, 2011 (Crue), boîte à lumière, 100 x 150 cm
Kota Ezawa (*1969), Flood, 2011 (Crue), boîte à lumière, 100 x 150 cm© Courtesy the artist and Galerie Anita Beckers, Frankfurt/M.

À la même époque, le naufrage devient d’ailleurs un motif récurrent dans la peinture. Les artistes n’hésitent pas à représenter les victimes échouées sur une plage. Et l’exposition nous invite à nous interroger en confrontant leurs œuvres à un film sur la tragédie du Titanic (1912) et à une vidéo sur le drame actuel des migrants en Méditerranée.

Curieusement, certains événements qui sont davantage représentés que d’autres. Outre les naufrages, les éruptions volcaniques ou les incendies, tel que celui de Londres en 1666, sont prisés des artistes. En revanche, on ne trouve pas de représentation véritablement éloquente du tremblement de terre qui détruisit Lisbonne en 1755, alors que celui-ci contribua à inspirer de nombreuses œuvres telles que Candide de Voltaire ou la nouvelle Le tremblement de terre au Chili d’Heinrich von Kleist.

A.L.

Entfesselte Natur. Das Bild der Katastrophe seit 1600

(La nature déchaînée. La représentation de la catastrophe depuis 1600)

Exposition au musée de la Hamburger Kunsthalle jusqu’au 14 octobre

Plus d’informations :

Musée de la Hamburger Kunsthalle (en allemand)

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