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Architecture : les murs et nous

Que devient l’espace urbain quand les murs disparaissent ? C’est ce qu’explore le projet « Unbuilding walls », contribution allemande à la 16e Biennale d’architecture de Venise, à visiter jusqu’au 25 novembre dans la Cité des Doges © Dpa/pa

Que devient l’espace urbain quand les murs disparaissent ? C’est ce qu’explore le projet « Unbuilding walls », contribution allemande à la 16e Biennale d’architecture de Venise, à visiter jusqu’au 25 novembre dans la Cité des Doges., © Dpa/pa

29.05.2018 - Article

La 16e Biennale d’architecture de Venise a ouvert ses portes. Jusqu’au 25 novembre, le Pavillon allemand s’interroge sur le devenir de l’espace urbain une fois les murs tombés, à Berlin comme ailleurs.

Le seuil franchi, le visiteur butte sur un mur opaque. Impossible de continuer à avancer ? Si. Il suffit de faire un pas de côté pour se rendre compte que cette cloison est pleine d’ouvertures. C’est un ensemble de stèles placées côte à côte qui crée l’illusion de la fermeture. Le mur, une question de perspective ? C’est ce que semble nous suggérer le Pavillon allemand qui vient d’ouvrir ses portes à la Biennale d’architecture de Venise.

L’Allemagne à la Biennale de Venise

Vue de Venise, Le Canal Grande, rive droite © Dpa/pa
Vue de Venise, Le Canal Grande, rive droite© Dpa/pa

Le projet est né dans la tête  d’un bureau d’architectes berlinois, Graft (Lars Krückeberg, Wolfram Putz et Thomas Willemeit), et de Marianne Birthler, ancienne directrice de l’Office fédéral des archives de la Stasi. C’est une métaphore de la destinée de Berlin. Désormais, la ville a vécu aussi longtemps sans le Mur (28 ans) qu’avec le mur (de 1961 à 1989), se sont-ils dit. Et ce parallélisme a suscité des questions : qu’est-il advenu des traces du mur dans l’espace urbain, et dans la vie des gens ?

Le projet est baptisé « Unbuilding walls ». Il explore cette tension entre passé et présent. Il part sur les traces physiques du Mur de Berlin, le long de la « zone de la mort », de triste mémoire, qui a vu mourir tant d’innocents. Il rappelle à la mémoire l’histoire de la division de l’Allemagne, avec toutes ses blessures. Mais il se demande aussi « ce que le mur a fait de nous », c’est-à-dire comment le mur, puis sa disparition ont transformé la société.

« Le projet nous fait prendre conscience de ce que l’on finit parfois par oublier dans le quotidien », a commenté le maire de Berlin, Michael Müller. « Et notamment du fait que cette liberté qu’il a fallu conquérir est un immense cadeau et qu’il vaut la peine de continuer à lutter pour elle tous les jours ».

Quant au devenir de l’espace urbain « après » le mur, « l’exposition montre à quel point il est important de permettre que subsiste une tension entre la mémoire spatiale et un nouveau départ pour la ville », a souligné Gunther Adler, secrétaire d’État au ministère de l’Intérieur, de la Construction et du Territoire. . « C’est la seule façon de faire émerger des quartiers et des villes qui ont une identité, qui sont divers et qui offrent une bonne qualité de vie ».

L’exemple de Berlin ne se veut toutefois tourné ni vers le passé, ni vers la seule Allemagne. Sur tous les continents, des murs continuent de diviser les populations. La leçon allemande se veut universelle, de la Corée à la frontière américano-mexicaine, et de Chypre au Proche Orient.


A.L.

Plus d’informations :

Projet "Unbuilding walls" - site officiel (en anglais et allemand)

Graft (description du projet avec photos, en anglais et allemand)

Ministère allemand de l'Intérieur, de la Construction et du Territoire (en allemand)

Biennale d'architecture de Venise (en anglais et Italien)

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