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Trèves célèbre Karl Marx

Ausstellungen über Karl Marx

Ausstellungen über Karl Marx, © dpa

04.05.2018 - Article

Karl Marx est né à Trèves le 5 mai 1818. Ce week-end, la ville commémore le 200e anniversaire de son enfant le plus célèbre, révolutionnaire allemand exilé en France, puis en Angleterre, observateur de son époque et penseur lu dans le monde entier.

C’est une ville tranquille baignée par la Moselle, creusée entre les coteaux de vignes il y 2 000 ans sous l’Empereur Auguste et devenue résidence de l’Empereur Constantin au IVe siècle (dont il reste encore des thermes et une basilique). Trèves n’est pas peu fière de revendiquer le titre de « plus ancienne ville d’Allemagne ». Mais ce week-end, la ville de Rhénanie-Palatinat, proche de la France et du Luxembourg, se souvient qu’elle a aussi vu naître un autre illustre personnage : Karl Marx (1818-1883).

Influence de la France et des Lumières

Maison natale de Karl Marx à Trèves, riche d’une toute nouvelle exposition permanente
Maison natale de Karl Marx à Trèves, riche d’une toute nouvelle exposition permanente© dpa

Le grand penseur allemand y est né le 5 mai 1818. Rattachée à la Prusse par le Congrès de Vienne, Trèves est alors une ville marquée par l’influence française : elle a été le centre administratif du département français de la Sarre de 1795 à 1814. Elle a été pénétrée par les idées des Lumières et par le Code civil napoléonien. Les juifs, comme le père de Karl Marx, un avocat aux idées libérales, avaient obtenu l’égalité, mais celle-ci leur est retirée par le pouvoir prussien. Lorsque naît son fils Karl, Heinrich Marx vient ainsi de se convertir au protestantisme pour pouvoir continuer d’exercer sa profession.

Karl Marx grandit dans un milieu aisé et protégé. C’est un élève doué et débordant de vie, mais un élève moyen. Le bac en poche, il entame des études de droit à Bonn, puis à Berlin, où il suit les cours disciples de Hegel. Il fait partie du cercle des « jeunes hégéliens », un groupe de jeunes gens qui débattent d’idées et rêvent de liberté et de démocratie. Lecteur obsessionnel et passionné, Marx se découvre à cette époque une passion pour la philosophie. Il lit Feuerbach. Il rédige sa thèse de doctorat sur Épicure et Démocrite. Mais les pressions exercées par le régime prussien sur ses mentors lui barrent l’entrée de la carrière universitaire.

Marx devient donc journaliste. En 1842, il rejoint à Cologne la Gazette rhénane (Rheinische Zeitschrift), dont il devient rapidement le rédacteur en chef. Mais la revue, surveillée par les autorités prussiennes, est interdite en mars 1843. Marx, qui vient de donner sa démission s’installe à Paris avec Jenny von Westfalen, amie d’enfance et passion de sa vie qu’il vient d’épouser. Il se lie avec Heinrich Heine, un autre exilé, devient ami avec Friedrich Engels, fréquente les milieux socialistes français et allemands émigrés, et devient communiste. En 1845, il est expulsé par la France sous la pression du gouvernement prussien. Il se réfugie à Bruxelles, mais il en est bientôt également expulsé. Il finit par prendre le chemin de Londres. Il y restera finalement…toute sa vie.

Observateur privilégié des révolutions politique et industrielle

À Paris et en Allemagne, Marx a été aux premières loges pour observer les mouvements révolutionnaires de 1848. En Angleterre, il est aux avant-postes de la révolution industrielle en cours. Journaliste, il lit et travaille sans discontinuer. Friedrich Engels, fils d’un entrepreneur textile qui gère une affaire à Manchester, l’aide financièrement. Mais, panier percé, il tire le diable par la queue et vit une existence précaire ponctuée par les déménagements alors que sa famille s’agrandit. Rat de bibliothèque, Marx étudie les grands auteurs de l’économie politique, tels que Smith et Ricardo, et développe à partir de ses observations ses propres analyses du capitalisme à l’heure de la révolution industrielle.

Le premier tome de son œuvre maîtresse, Le Capital, paraît en 1867. Elle trouve d’abord peu de lecteurs – alors qu’elle deviendra l’œuvre la plus lue après la Bible. Les deux autres tomes seront publiés quinze ans plus tard par Engels. Mais Marx est mort à Londres le 14 mars 1883 sans se douter de l’ample écho que ses théories trouveront bientôt.

A.L.