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À Berlin, sur l’Allée Karl Marx

Silhouette de l’Allée Karl Marx au coucher du soleil. Au premier plan, les célèbres tours de la Frankfurter Platz. À l’horizon, on distingue l’Alexanderplatz et sa tour de télévision © Dpa/pa

Silhouette de l’Allée Karl Marx au coucher du soleil. Au premier plan, les célèbres tours de la Frankfurter Platz. À l’horizon, on distingue l’Alexanderplatz et sa tour de télévision, © Dpa/pa

03.05.2018 - Article

Plus large que les Champs-Élysées, l’Allée Karl Marx, à Berlin, était l’artère de prestige de la capitale de la RDA. Elle reste un quartier d’habitation prisé.

Inutile de chercher longtemps pour découvrir à Berlin l’héritage de la monumentalité de l’architecture socialiste. Il suffit de se rendre sur l’Allée Karl-Marx (Karl-Marx-Allee) ! La large avenue qui porte le nom du célèbre penseur allemand dont on célèbrera samedi 5 mai le bicentenaire, s’étire au centre de Berlin entre les quartiers de Mitte et de Friedrichshain. Entièrement détruite durant la Seconde Guerre mondiale, elle a été reconstruite entre 1952 et 1960 par le régime de la RDA. Et elle est restée une vitrine de l’architecture socialiste.

L’Allée Karl Marx n’a pas toujours porté le nom de l’auteur du Capital. Elle a d’abord été baptisée Stalinallee – Allée Staline. C’est sous ce nom, reçu le 21 décembre 1949, jour des 70 ans du « petit père des peuples », qu’elle a été conçue comme avenue de prestige.

Vitrine du socialiste

Allée Karl-Marx, à Berlin © Dpa/pa
Allée Karl-Marx, à Berlin© Dpa/pa

Et monumentale, l’Allée Staline l’était à tous les égards. Plus large (90 mètres) que les Champs-Élysées. Hérissée d’immeubles de sept à neuf étages, rebaptisés « palais ouvriers », qui mariaient le style du classicisme socialiste des années 1950 à la tradition architecturale berlinoise dans le style de Karl Friedrich Schinkel (1781-1841). Bordée de bâtiments parfois classés monuments historiques comme ses deux cinémas. Ouverte, enfin, entre les deux tours remarquables de la Frankfurter Platz et la Straußberger Platz, située au pied de la célèbre tour de télévision de l’Alexanderplatz.

Mais voilà, le rêve socialiste a vite perdu de sa superbe. Le 17 juin 1953, une insurrection se leva à Berlin-Est (puis dans toute la RDA), et c’est sur la Stalin-Allee que les ouvriers berlinois vinrent porter leurs revendications pour de meilleures conditions de travail. Une insurrection réprimée dans le sang avec l’aide de l’Armée rouge…

Le vent de l’Histoire

Le 13 novembre 1961, huit ans après la mort de Staline et quelques semaines après le début de la construction du Mur de Berlin, on débaptisa donc l’Allee Staline pour en faire l’Allée Karl Marx. Et c’est sous le nom du penseur de Trèves (Rhénanie-Palatinat) que cette vaste artère accueillit à l’automne 1989 d’autres manifestations – pour la chute du Mur de Berlin cette fois.

On sait que l’issue fut toute autre qu’en 1953. L’Allée Karl Marx devait-elle pour autant conserver ce nom ? Le débat fut porté jusque devant le Sénat de Berlin. On envisagea d’autres noms, tels que l’Allée Hegel. Mais on en resta finalement à Karl Marx. L’avenue conserva son caractère de vitrine du socialisme réel de la RDA. Mais elle n’en devint pas moins un quartier prisé de l’ancien Berlin-Est, où se côtoient aujourd’hui des habitants de toutes origines.

A.L.


Plus d’informations :

Se promener sur la Karl-Marx-Allee à Berlin (en allemand)

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