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Exposition : la paix sous toutes les coutures

Au premier plan : Der Gestürzte/„Jeune homme tombé“, statue pacifiste de Wilhelm Lehmbruck. En arrière-plan : le panorama d’un champ de bataille peint par Otto Dix. Une partie de l’exposition « La paix, de l‘Antiquité à nos jours » est à découvrir au Musée d’art et de culture LWL de Münster jusqu’au 2 septembre

Au premier plan : "Der Gestürzte"/„Jeune homme tombé“, statue pacifiste de Wilhelm Lehmbruck. En arrière-plan : le panorama d’un champ de bataille peint par Otto Dix. Une partie de l’exposition « La paix, de l‘Antiquité à nos jours » est à découvrir au Musée d’art et de culture LWL de Münster jusqu’au 2 septembre, © dpa

30.04.2018 - Article

À Münster, cinq institutions se sont associées pour explorer toutes les facettes d’un sujet aussi vaste qu’actuel : la paix.

« Oh fidèle et silencieuse présence de puissances bienveillantes, qui merveilleusement protègent et consolent, c’est en elle que je veux vivre ces jours en votre compagnie et entrer avec vous dans une année nouvelle. » Ces quelques mots ouvraient une lettre de vœux que Dietrich Bonhoeffer envoya à sa fiancée le 19 décembre 1944 depuis sa geôle du camp de concentration de Flossenburg. Le pasteur et résistant sera pendu quatre mois plus tard. Mais son texte est devenu un célèbre chant religieux. Jusqu’au 2 septembre, l’original est l’une des 660 pièces à découvrir dans une vaste exposition que cinq musées de Münster (Rhénanie-du-Nord-Westphalie) consacrent ensemble à un thème éternel : la paix.

Statues en bronze d’Auguste Rodin, „Les Bourgeois de Calais“, exposées au Musée d’art et de culture LWL de Münster dans le cadre de l’exposition « La paix, de l‘Antiquité à nos jours ».
Statues en bronze d’Auguste Rodin, „Les Bourgeois de Calais“, exposées au Musée d’art et de culture LWL de Münster dans le cadre de l’exposition « La paix, de l‘Antiquité à nos jours ». En 1347, après onze mois de siège par les Anglais et une résistance héroïque des habitants, six bourgeois de la ville de Calais se livrent en otages au roi d’Angleterre Édouard III, se sacrifiant pour que le reste de la population ait la vie sauve© dpa

Syrie, Ukraine, Corée, etc. La lecture du journal suffit pour constater que le sujet est d’une brûlante actualité. Mais l’aspiration à la paix est en réalité un sujet éternel. Il a travaillé toutes les époques depuis l’Antiquité, montre l’exposition, qui s’efforce d’en retracer l’histoire à travers l’art (tableaux, dessins, photos, statues antiques) et un grand nombre de documents historiques.

Une idée aussi ancienne que l’Antiquité

On s’arrête, par exemple, dans la partie hébergée par le Musée archéologique (« Eiréné – Pax »), sur ce parchemin daté de 1259 avant Jésus-Christ. Il s’agit du plus ancien traité de paix de l’histoire : il fut conclu entre l’Empire hittite et l’Égypte. Il voisine avec une statue de la déesse grecque de la paix, Eiréné qui tient dans ses bras le dieu Pluton encore enfant, une allégorie de la prospérité. Cette dernière est depuis toujours un motif d’apaisement.

L’idée de paix est aussi une idée chrétienne. Elle oscille entre la lumière et l’ombre selon les périodes de l’histoire, comme le montre la partie de l’exposition proposée par l’Évêché de Münster (« La paix. Sur la Terre comme au ciel ? ») et hébergée par le  Musée régional pour l’art et la culture LWL. Au total, près d’une centaine de prêts s’efforcent de cerner la notion chrétienne de paix et ses déclinaisons depuis 2 000 ans.

Münster, ville et symbole de paix

Façade de l’Hôtel de ville de Münster (Westphalie) où furent signés le 24 octobre 1648 les traités de Westphalie mettant fin à la Guerre de Trente Ans (1618-1648). La salle où la signature a eu lieu se visite toujours
Façade de l’Hôtel de ville de Münster (Westphalie) où furent signés le 24 octobre 1648 les traités de Westphalie mettant fin à la Guerre de Trente Ans (1618-1648). La salle où la signature a eu lieu se visite toujours© dpa

Et dans ce périple à travers les âges, il faut bien sûr s’arrêter à Münster au 17e siècle. En 1648 les traités de Westphalie y ont été signés. Ils ont mis un terme à la Guerre de Trente Ans, suite de conflits religieux et politiques qui ont ravagé l’Allemagne et une partie de l’Europe de 1618 à 1648. La salle où a eu lieu la signature se visite dans l’Hôtel de ville. Et le Musée municipal de Münster s’associe à l’exposition « La paix de l’Antiquité à nos jours » en proposant un segment consacré au conflit et à ses suites. Faut-il célébrer la paix de Westphalie ? Avant le XXe siècle, tout le monde n’en était pas sûr…

De Rubens à Picasso

On ne pouvait, cependant, évoquer l’histoire de la paix sans recourir à l’art. L’une des pièces maîtresses de cette quintuple exposition est donc le segment « Les chemins vers la paix ». Visible au Musée régional pour l’art et la culture LWL, il s’appuie sur 180 œuvres de maîtres de la peinture et de la sculpture du Moyen-Âge à nos jours. Rubens, Delacroix, Otto Dix, Wilhelm Lehmbruck ou encore Käthe Kollwitz sont convoqués, qui pour traduire l’horreur de la guerre, qui pour mieux comprendre l’aspiration à la paix.

Enfin, Picasso se voit consacrer une place à part. Sans doute parce que les réflexions du peintre de « Guernica » (1937) et de la colombe de la paix résonnent encore plus clairement que d’autres dans le vacarme du XXIe siècle. Le Musée Picasso de Münster est en tout cas associé au projet avec quelque 60 œuvres de l’artiste espagnol, ainsi qu’une analyse de la réception de son œuvre.

A.L.

La paix, de l’Antiquité à nos jours
Exposition à Münster en cinq parties (jusqu’au 2 septembre) :
- Musée régional pour l’art et la culture LWL (« Les chemins vers la paix »)
- Musée archéologique (« Eiréné – Pax »)
- Évêché de Münster (« La paix. Sur la Terre comme au ciel ? », exposition hébergée par le musée régional pour l’art et la culture LWL)
- Musée municipal de Münster (« La Paix de Westphalie. Un motif de célébration ? »)
- Musée Picasso (« Picasso – Des atrocités de la guerre à la colombe de la paix »)

Plus d’information :

Site web de l'exposition (en allemand et anglais)

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