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Exposition : Max Beckmann spectateur du monde

Max Beckmann: Comédien. Triptyque 1941/42, Harvard Art Museums/Fogg Museum, Cambridge, MA, Schenkung Lois Orswell © VG Bild-Kunst, Bonn 2018, Photo: Imaging Department © President and Fellows of Harvard College

Comédien. Triptyque 1941/42, Harvard Art Museums/Fogg Museum, Cambridge, MA, Schenkung Lois Orswell, © VG Bild-Kunst, Bonn 2018, Photo: Imaging Department © President and Fellows of Harvard College

16.04.2018 - Article

Jusqu’au 10 juin, le musée Barberini de Potsdam s’intéresse à un thème rarement abordé de l’œuvre du peintre Max Beckmann : le monde comme scène de théâtre.

VG Bild-Kunst, Bonn 2018 Photo: bpk, Berlin/ Fondation des collections d’art de Rhénanie du Nord-Westphalie, Düsseldorf/Walter Klein
Cabines, 1948, Fondation des collections d’art de Rhénanie du Nord-Westphalie, Düsseldorf© VG Bild-Kunst, Bonn 2018 Photo: bpk, Berlin/ Fondation des collections d’art de Rhénanie du Nord-Westphalie, Walter Klein

Comédiens, artistes de music-hall, acrobates, clowns : à partir des années 1920, ils ont peuplé l’œuvre de Max Beckmann (1884-1950). Le peintre allemand voyait dans l’univers du spectacle une métaphore des affaires humaines. Le musée Barberini de Potsdam consacre jusqu’au 10 juin une exposition à ce thème inexploré de son œuvre.

Intitulée Welttheater (lit. Le théâtre du monde), elle rassemble 112 toiles, sculptures et gravures dont de nombreux chefs-d’œuvre jamais exposés en Europe. C’est le cas du triptyque Comédiens qui est au centre de l’exposition. Toutes ces œuvres proviennent de grands musées allemands et étrangers ou de collections privées.

L’univers de la scène, métaphore des relations humaines

Ces toiles nous invitent au spectacle. Le spectateur, à travers l’œil du peintre, se laisse griser par l’univers fascinant des arts de la scène. Mais ce qu’il voit ne s’arrête pas à la réalité concrète. Le pinceau représente symboliquement la scène du monde, où chacun joue un rôle que le peintre démasque.

Max Beckmann se sentait l’obligation de réaliser un reportage sincère sur l’homme. Il voulait révéler la vie sans fard, au quotidien et avec ses antagonismes sociaux. La mettre ainsi en lumière, la placer sous le feu des projecteurs lui permettait de commenter l’actualité et de réfléchir sur sa propre expérience.

Parfois, il s’est d’ailleurs représenté lui-même en clown ou en artiste, entouré de comédiens ou de forains. C’était une manière de souligner son intention : jeter, depuis la marge de la société, un regard incorruptible sur les affaires humaines.

Plusieurs de ses tableaux nous font même pénétrer derrière la scène : dans les coulisses de numéros de cirque ou de music-hall, ou auprès des comédiens dans leurs loges.

L’expérience d’une génération en quête

Portrait de famille, 1920, The Museum of Modern Art, New York, Donation Abby Adrich Rockefeller, 1935
Portrait de famille, 1920, The Museum of Modern Art, New York, Donation Abby Adrich Rockefeller, 1935© VG Bild-Kunst, Bonn 2018, Photo: Scala, Florence/The Museum of Modern Art

Ce n’est pas un hasard si cette intention de déchirer les masques a commencé à travailler le peintre allemand au début des années 1920. Max Beckmann avait été ambulancier pendant la Première Guerre mondiale. Il avait vu la souffrance dans toute son ampleur.

Il appartenait à une génération qui s’était sentie livrée au destin, qui avait perdu foi dans l’idée d’un ordre du monde et qui se posait des questions : de quel libre arbitre dispose l’être humain, de quelle souveraineté sur soi ? Max Beckmann a traduit ces interrogations - on ne peut plus actuelles au XXIe siècle - sur la toile. Ses personnages de bouffons en sont une expression directe.

Malheureusement pour Max Beckmann, son expérience personnelle des drames du monde ne devait pas s’arrêter là. En 1933, il fut congédié de son emploi de professeur à la Städelschule de Francfort. En 1937, il dut prendre le chemin de l’exil à Amsterdam.

Comment s’étonner dans ces conditions que le drame théâtral ou le cirque n’aient pas cessé de lui apparaître comme un reflet du monde contemporain, et que ce dernier ait continué à nourrir sa quête de vérité derrière la mascarade ?

A.L.

Max Beckmann, Exposition Welttheater

Musée Barberini, Potsdam du 24 février au 10 juin 2018

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