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« Transit », l’exil d’hier à aujourd’hui

Le réalisateur allemand Jürgen Petzold a présenté son film « Transit » à la Berlinale 2018 © Dpa/pa

Le réalisateur allemand Jürgen Petzold a présenté son film « Transit » à la Berlinale 2018., © Dpa/pa

09.04.2018 - Article

Librement adapté du roman éponyme d’Anna Seghers, le film « Transit » de l’Allemand Jürgen Petzold sortira sur les écrans français le 25 avril.

Christian Petzold, Hans Fromm, Maryam Zaree, Matthias Brandt et Franz Rogowski lors de l’avant-première du film à Munich © DPA/pa
Christian Petzold, Hans Fromm, Maryam Zaree, Matthias Brandt et Franz Rogowski lors de l’avant-première du film à Munich.© DPA/pa

Présenté pour la première fois à la Berlinale, sorti jeudi dernier en Allemagne, le nouveau film de Christian Petzold, Transit, prépare sa sortie en France, prévue pour le 25 avril. Paris et Marseille sont le théâtre de ce drame librement adapté du roman éponyme de l’écrivain Anna Seghers (1900-1983), paru en 1942. Christian Petzold s’appuie sur son récit pour évoquer une expérience universelle et d’une brûlante actualité : celle de l’exil. 

Destin d’incertitude 

Le réalisateur allemand met l’accent sur l’incertitude qui caractérise la situation de l’exilé. Transit décrit un espace d’attente permanent, un entre-deux où tout semble suspendu. 

L’auteure allemande Anna Seghers (1900-1983) © DPA/pa
L’auteure allemande Anna Seghers (1900-1983)© DPA/pa

Cela commence avec le choix de l’époque. Le film débute à Paris sous ce que l’on pressent être un régime fasciste, en écho avec le roman d’Anna Seghers qui se passe sous la Seconde Guerre mondiale. Mais les rues, les décors, les personnages indiquent que nous sommes dans la ville d’aujourd’hui. C’est le pari esthétique du film : entremêler les époques, transformer le roman historique en un drame contemporain. 

L’ambiguïté, c’est aussi celle de l’horizon qui s’offre aux personnages. Ou plutôt qui se dérobe à eux. Anna Seghers avait écrit l’histoire d’un réfugié allemand fuyant le nazisme. Jürgen Petzold met en scène celle de son compatriote Georg (Franz Rogowski), un homme hésitant qui prend l'identité d'un écrivain mort pour profiter de son visa, et de Marie (Paula Beer), en quête désespérée de l'homme qu'elle aime et sans lequel elle ne partira pas.
 

Georg tombe amoureux de Marie. La brève histoire de ces deux êtres ballotés par le destin, soumis à la répression, à la peur, à la détresse et qui vivent accrochés à leur espoir, est le miroir de la situation politique. À travers eux se cristallise le destin d’une foule d’hommes et de femmes sans nom qui errent en quête d’un refuge.

Le film évite tout sentimentalisme. Mais il offre de beaux moments d’émotion. Et il nous invite à réfléchir sur la coïncidence entre hier et aujourd’hui, sur la liberté, sur la politique ou encore sur la culpabilité.

A.L.