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Berlin fait entrer l’avenir… au musée

Promenade sur le toit du nouveau „Futurium“. Ce nouveau « musée de l’avenir » vient d’ouvrir ses portes à Berlin

Promenade sur le toit du nouveau « Futurium ». Ce nouveau « musée de l’avenir » vient d’ouvrir ses portes à Berlin, © dpa

05.09.2019 - Article

Il y a une multiplicité de futurs possibles. C’est ce que montre le Futurium, un musée au concept novateur qui vise à éveiller la curiosité, à faire réfléchir, à inspirer des projets et à ouvrir de nouvelles fenêtres sur demain. Il ouvrait ses portes aujourd’hui à Berlin.

À force de vivre dans l’instant et de courir après le présent, nous l’avions négligé. À force de de regretter le passé ou de le dénoncer, nous l’avions oublié. L’avenir… semble faire son grand retour dans nos pensées et nos conversations. Mais il faut le reconnaître, il emprunte souvent les voies de l’inquiétude, de la peur ou du catastrophisme. Changement climatique, extinction des espèces, hausse des inégalités, mouvements migratoires, révolutions liées au numérique, intelligence artificielle, questions éthiques sont autant de spectres qui viennent hanter nos sociétés. Qui prétend se soustraire entièrement à leur emprise ? Pourtant, depuis ce jeudi, à Berlin, un « musée » prétend nous aider à rouvrir les portes de l’avenir.

Le « Futurium », c’est son nom, est un musée comme il n’en existe nulle part ailleurs. Il se déploie sur 3 000 mètres carrés à côté de la gare centrale de Berlin, sur la rive de la Spree, à deux pas de la chancellerie fédérale et des ministères. Sa haute façade en verre témoigne de son ambition : être un musée et un lieu d’apprentissage, mais surtout un laboratoire de l’avenir. Un lieu pour réfléchir, imaginer et rêver, peut-être, à des futurs possibles.

Car s’il y a une conviction qui pourrait être inscrite au frontispice de l’institution, c’est bien celle-ci : il n’y a pas « un » avenir mais une multitude de futurs possibles. À nous de les imaginer, de les choisir, de les créer. Chacun a un rôle à jouer. Et une responsabilité. C’est un autre pilier du concept.

Des « éléments » pour construire plutôt qu’un plan tout tracé

Comme son nom l’indique, le Futurium invite ses visiteurs à réfléchir à l’avenir et aux questions qu’il ouvre. Une manière de le rendre moins effrayant…
Aperçu de l’une des salles d’exposition et d‘expérimentation du nouveau musée. Comme son nom l’indique, le Futurium invite ses visiteurs à réfléchir à l’avenir et aux questions qu’il ouvre. Une manière de le rendre moins effrayant…© dpa

Le musée présente donc des « éléments » (en particulier un état des lieux sur les sciences et les techniques) pour (se) construire « un » avenir parmi plusieurs possibles. Le parcours est didactique et ludique, visuel, expérimental, interactif et concret. L’éventail des problématiques est large : Quels matériaux pour remplacer le béton demain quand le sable manquera ? Quel habitat ? Mais aussi comment travaillerons-nous ? Nous alimenterons-nous ? Gèrerons-nous l’énergie ? Comment lutter contre la perte de biodiversité ou la montée des inégalités ?

Le concept se veut aussi évolutif : le contenu du musée se transformera en même temps que le monde qui nous entoure. Il tient aussi à mettre l’être humain au centre de la réflexion. Et ce n’est pas un vœu pieux. C’est le résultat de l’histoire du musée lui-même.

En effet, lorsque l’idée a germé, au début de la décennie, il s’agissait surtout d’offrir une vitrine à l’innovation « made in Germany ». Mais avec le temps, un certain scepticisme s’est répandu dans la société au sujet de l’avenir. Beaucoup de gens se sentent en effet menacés par un environnement qu’ils trouvent déshumanisé, ou dépassés par des exigences nouvelles, par exemple liées au numérique.

Plutôt que peindre en rose un monde magnifié par la technologie, le Futurium invite donc ses visiteurs à réfléchir à un futur désirable,  mettant la technologie au service de l’être humain. Plutôt que d’être le musée d’un futur tout tracé, il propose d’apprendre à composer avec l’incertitude inhérente à l’avenir. Pour en faire un allié plutôt qu’une menace.

Il attend 200 000 visiteurs d’ici à trois ans. Et prévoit déjà l’ouverture d’une filiale à Nuremberg en 2020.

A.L.

Plus d’informations :

Site web du Futurium (en anglais et allemand)

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