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Femmes dans les carrières scientifiques : le compte n’y est pas

Au printemps 2019, il manquait dans les entreprises allemandes 311 000 salariés qualifiés issus des filières scientifiques et techniques

Au printemps 2019, il manquait dans les entreprises allemandes 311 000 salariés qualifiés issus des filières scientifiques et techniques, © blickwinkel

28.06.2019 - Article

Berlin accueillait hier le 7e Sommet des filières MINT (mathématiques, informatique, sciences et techniques). Ce type de qualifications manque de plus en plus dans les entreprises allemandes. Le gouvernement veut motiver les jeunes, notamment les jeunes femmes.

C‘est un constat inquiétant à l‘heure de la numérisation et du développement de l‘intelligence artificielle : les carrières scientifiques attirent trop peu. Au printemps 2019, selon l‘institut IW de Cologne, il manquait dans les entreprises allemandes 311 000 salariés qualifiés issus des filières « MINT » (mathématiques, informatique, sciences et techniques), dont 60 000 informaticiens, un chiffre qui a triplé en cinq ans. Et encore, souligne l’institut, le déficit serait bien plus élevé sans l’immigration : il dépasserait le demi-million. Comment attirer les jeunes vers ces filières ? C’était l’enjeu du 7e Sommet des filières MINT qui s’est tenu hier à Berlin.

« Il faudrait renforcer l’orientation professionnelle et universitaire précoce », affirment Nathalie von Siemens et Ekkehard Winter. Pour les deux porte-paroles du Forum national des filières MINT (NMF), « il faudrait aussi ne pas s’attacher seulement aux aptitudes à suivre des études ou un apprentissage, et veiller à susciter l’enthousiasme » pour ces métiers où le taux de chômage est particulièrement faible.

Mais concrètement, quelles mesures prendre ? C’est la grande question. Elle a été au centre de la plupart des débats. Une problématique a tout particulièrement retenu l’attention : comment susciter des vocations chez les jeunes femmes ?

Agir plus tôt contre l’auto-limitation

En effet, malgré les divers programmes publics mis en place, ces dernières restent ultra-minoritaires dans les cursus et les métiers d’ingénieur et de technicien. A peine 6,4 % dans l’électronique, et 15 % sur l’ensemble des professions scientifiques et techniques.

Qui plus est, la relève peine à émerger. Les filles ne signent que 11 % des nouveaux contrats d’apprentissage dans les filières MINT, selon une étude de l’académie allemande des sciences et techniques (acatech). La situation est un peu meilleure à l’université, avec 64 % de jeunes femmes en plus en dix ans.

Les causes du phénomène sont cependant de mieux en mieux connues. Ce sont les stéréotypes de genre, qui restent profondément ancrés dans les mentalités, le manque de modèles féminins susceptibles d’inspirer les jeunes filles, mais aussi le manque de confiance en soi.

Le discours affirmant que les filles sont meilleures en lecture et les garçons meilleurs en maths a la vie dure, soulignent les spécialistes. Conséquence : à l’heure de choisir leur orientation, les adolescentes l’ont intériorisé. Une influence clé de l’environnement que confirme l’institut IW. Par exemple, a-t-il constaté, 30 ans après Le Réunification les jeunes femmes restent beaucoup plus nombreuses à faire études scientifiques dans les Länder de l‘est (20 % à Berlin, 18 % en Thuringe) qu’à l’ouest (12,5% en Sarre).

Un nouveau plan d’action

Sciences: les filles aussi ! Les nouveaux programmes de promotion des sciences visent à éviter que les filles n‘apprennent à douter de leurs capacités avant même l‘adolescnce
Sciences: les filles aussi ! Les nouveaux programmes de promotion des sciences visent à éviter que les filles n‘apprennent à douter de leurs capacités avant même l‘adolescnce© dpa

Les spécialistes s’accordent donc à dire qu’il faut créer une spirale positive, avec des modèles inspirants pour les jeunes filles, et ce, dès avant l’adolescence.

C’est aussi l’avis du gouvernement allemand. En février dernier, la ministre fédérale de l’Education et de la Recherche, Anja Karliczek, a ainsi présenté un nouveau plan d’action pour les filières MINT. Il est dans la droite ligne de ces recommandations.

Doté de 55 millions d’euros jusqu’en 2022, il prévoit, par exemple, de multiplier les mentors féminines auprès des jeunes filles. Il s’attache aussi à intégrer davantage la « formation scientifique » comme partie intégrante de la formation générale (la grande majorité des adolescents d’aujourd’hui exerceront un métier qui n’existe pas encore).

Enfin, il crée une plateforme qui fonctionne comme une sorte de marché du travail virtuel pour les métiers scientifiques et techniques. Mais ce nouvel outil ne se contente pas de rassembler des offres d’emploi. Il met aussi en valeur les bonnes pratiques et donne une image positive de ces métiers.

Cela suffira-t-il ? Il faut le souhaiter pour les jeunes, les filles comme les garçons. Car 90 % des métiers du futurs, même s’ils ne sont pas encore connus, devraient requérir des compétences en informatique ou des connaissances scientifiques.

A.L.

Plus d’informations :

Site web du sommet (en allemand)
Gouvernement allemand (en allemand)

Plan d’action gouvernemental :
Ministère fédéral de l’Education et de la Recherche (en allemand)
Office de presse et d’information du gouvernement allemand (en allemand)

Études & analyses :
Étude de l’académie allemande des sciences et techniques (acatech) (en allemand)
Enquête de l‘institut IW de Cologne (en allemand/anglais)

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