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#Réseaux sociaux : en quoi changent-ils notre langue ?

Langue et réseaux sociaux : une nouvelle façon de communiquer ? C’était le thème du congrès annuel de l’Institut pour la langue allemande de Mannheim, spécialisé dans la recherche sur l’évolution de la langue contempor

Langue et réseaux sociaux : une nouvelle façon de communiquer ? C’était le thème du congrès annuel de l’Institut pour la langue allemande de Mannheim, spécialisé dans la recherche sur l’évolution de la langue contempor, © PA Wire

19.03.2019 - Article

WhatsApp, Twitter, Facebook & Co. : inexistants il y a 20 ans, ils sont devenus indispensables pour communiquer. Mais à quel prix ? Leur impact sur l’usage de la langue a récemment fait l’objet d’un congrès de linguistes à Mannheim.

Lorsqu’on évoque le sujet, c’est souvent pour déplorer la déperdition de l’orthographe et la dégradation de la maîtrise du langage, notamment chez les jeunes. Mais que pensent les linguistes de l’influence des réseaux sociaux sur l’usage de la langue ? Un congrès de l’Institut pour la langue allemande (IDS) les réunissait sur le sujet il y a quelques jours à Mannheim. Leurs réponses sont nuancées.

Henning Lobin, professeur de linguistique appliquée et directeur de l’Institut pour la langue allemande (IDS)
Henning Lobin, professeur de linguistique appliquée et directeur de l’Institut pour la langue allemande (IDS) : avec les réseaux sociaux, « nous nous évoluons dans un espace de communication totalement nouveau ». Il crée « une nouvelle façon d’utiliser la langue. […] En ce sens, c’est un enrichissement »© dpa

En scientifique, Henning Lobin, professeur de linguistique appliquée et directeur de l’IDS, commence par observer ce qu’il lit sur WhatsApp, Twitter, Facebook & Co avant de se prononcer. Et il constate principalement deux évolutions. La première est « la vitesse » d’écriture. « Nous écrivons avec beaucoup plus de spontanéité », dit-il. Nous écrivons dans l’instant, et pour l’instant puisque la réponse vient tout de suite. « Cela fait que nous contrôlons bien moins ce que nous écrivons, quitte à faire des fautes d’orthographe ou de ponctuation ».

Un danger ? Pas aux yeux de M. Lobin. « Heureusement, nous savons utiliser différents registres de langage, par exemple selon que nous sommes avec des amis ou que nous passons un entretien d’embauche », souligne-t-il. Ce n’est pas différent avec les réseaux sociaux, y compris chez les plus jeunes. Des études ont montré qu’ils ne rédigeaient pas leurs devoirs scolaires comme on écrit un tweet…

La deuxième évolution réside dans la nature même de la communication. Elle devient beaucoup plus visuelle en s’enrichissant d’innombrables emojis pour marquer l’émotion, la surprise ou l’ironie. Elle inclut également des photos et des vidéos, un phénomène totalement nouveau. Quant à la ponctuation, elle est détournée de sa fonction syntaxique pour exprimer des émotions, etc.

Faut-il y voir un appauvrissement ou un enrichissement de la langue ? Pour Henning Lobin, il en va des réseaux sociaux comme jadis du téléphone ou  de la télévision. « Nous nous évoluons dans un espace de communication totalement nouveau ». Cela crée « une nouvelle façon d’utiliser la langue. […] En ce sens, c’est un enrichissement », dit-il. « Mais il y a aussi des problèmes, nous ne le nions pas ». Le congrès de Mannheim s’est également penché très attentivement sur le problème des discours de haine, ainsi que sur celui de la désinformation.

A.L.

Plus d’informations :

Institut Leibniz pour la langue allemande (IDS) (en allemand)

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