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Waldorf, les 100 ans d’une école pas comme les autres

Une classe de CM2 de l’École Waldorf de Dresde (Saxe, Est de l’Allemagne) suit un cours de cirque au gymnase. Écolo, ésotérique : les clichés sur la pédagogie Waldorf ne manquent pas

Une classe de CM2 de l’École Waldorf de Dresde (Saxe, Est de l’Allemagne) suit un cours de cirque au gymnase. Écolo, ésotérique : les clichés sur la pédagogie Waldorf ne manquent pas, © ZB

31.01.2019 - Article

Vantées pour leur pédagogie alternative ou considérées avec scepticisme, les écoles Waldorf ont cent ans. La première a vu le jour à Stuttgart le 30 janvier 1919.

« On y apprend à danser son nom », « il n’y a pas de notes », « les élèves ne veulent pas apprendre »… Modèle de pédagogie alternative bâtie autour des principes définis par Rudolf Steiner (1861-1925), un penseur autrichien fondateur de l’anthroposophie, une pensée parfois controversée, les écoles Waldorf inspirent de nombreux clichés. Mais cent ans après leur naissance en Allemagne, elles ont le vent en poupe.

Le tout premier établissement Waldorf a ouvert ses portes à Stuttgart le 30 janvier 1919. Il porte le nom d’une ancienne usine de cigarettes, Waldorf-Astoria. Le propriétaire Emil Molt a voulu offrir une bonne éducation à tous les enfants d’ouvriers. Il s’est inspiré de la pensée de Rudolf Steiner pour développer une pédagogie basée sur l’identification et l’épanouissement des forces propres à chaque individu.

Chacun ses talents

Au quotidien, cela débouche sur une organisation scolaire très différente, pour ne pas dire antithétique de celle des écoles publiques traditionnelles. On le remarque dès l’entrée : l’architecture des salles est courbe, organique, dynamique. Elle évite soigneusement les angles droits et la symétrie afin de stimuler la créativité des élèves et d’accompagner le processus d’apprentissage. Tout est fait pour mettre l’enfant en confiance.

La journée commence par des rituels, et par de la lecture. Pas de dogme, ici, cependant. Pas de recette toute faite. Le point de départ est toujours l’enfant, pris dans sa globalité, et l’époque à laquelle il vit.

Les huit premières années, la plupart des cours sont donnés par un même enseignant et il n’y a pas de notes. Les bulletins scolaires sont seulement un compte-rendu des progrès de l’élève, et de ses difficultés éventuelles, d’après les notes consigné quotidiennement par l’enseignant. Certaines matières (maths, littérature, biologie, histoire, etc.) sont enseignées en bloc, appelés « époques ». Il s’agit de cycles de quelques semaines où une seule matière est abordée.

Moins de pression, l’enfant pris dans sa globalité

Une École Waldorf libre à Stuttgart, dans le sud-ouest de l’Allemagne
Une École Waldorf libre à Stuttgart, dans le sud-ouest de l’Allemagne© dpa

La pédagogie Waldorf réduit la pression qui pèse sur l’élève et veille sans cesse à ce qu’il soit motivé à apprendre. Elle prévoit des ateliers et des activités sportives, mise sur l’art et sur les langues, propose du jardinage ou une forme particulière de « danse », l’eurythmie, qui associe des gestes à chaque lettre de l’alphabet. Il s’agit d’amener l’enfant à découvrir le plus de choses possibles pour qu’il trouve ses talents et ses aspirations. On apprend des valeurs comme l’entraide, le partage, la sérénité et l’enthousiasme. Tout redoublement est exclu.

Il existe aujourd’hui plus de 230 écoles Waldorf en Allemagne, et plus de mille dans le monde. À l’heure où la pression scolaire et la compétition ne cessent de se renforcer dans les classes traditionnelles, les parents sont de plus en plus nombreux à chercher des alternatives. En dix ans, le nombre d’écoles Waldorf a grimpé de 16 % en Allemagne (principalement dans l’est du pays, l’ouest étant déjà bien doté). Les études réalisées tendant à démonter les clichés : les résultats obtenus au baccalauréat sont globalement les mêmes que ceux des établissements classiques.

Un choix de départ

La médaille a toutefois aussi son revers. La pédagogie Waldorf est progressive, et suit son propre rythme, indépendant de celles des écoles classiques. Elle ne permet pas de faire des aller et retours dans le système classique, sauf à désorienter l’élève. C’est donc un choix précoce à opérer.

A.L.

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