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Déclaration liminaire du ministre fédéral des Affaires étrangères, Heiko Maas, lors de l’interrogation du gouvernement fédéral concernant le « 21e Rapport du gouvernement fédéral sur la politique culturelle et éducative à l’étranger »

Heiko Maas au Bundestag

Heiko Maas au Bundestag, © dpa

17.01.2019 - Article

Il est heureux que le rapport sur la politique culturelle et éducative à l’étranger nous fournisse en ce tout début d’année l’occasion de nous entretenir d’un volet de la politique étrangère dont l’importance comme instrument de la politique de paix n’a fait que croître depuis des années. À l’heure des « bulles de filtres » et des « faits alternatifs », la concurrence narrative se durcit. Le rétrécissement mondial des espaces ouverts de la société civile s’accompagne d’une montée du nationalisme et de l’enfermement, phénomène qui, malheureusement, n’épargne pas l’Europe. En cette période, nous avons besoin d’une politique culturelle et éducative internationale qui soit active, qui communique à l’échelle mondiale aussi bien nos valeurs que nos intérêts, qui s’appuie sur l’échange et qui favorise les espaces ouverts et donne à tous accès à l’éducation. Information, entente et compréhension, voilà le triptyque qui nous aidera à y parvenir.

Concernant le premier élément, « l’information », je dirai ceci : ces derniers mois, nous avons développé notre stratégie de communication à l’étranger. Nous renforçons par exemple le travail de la Deutsche Welle. Nous avons intensifié notre communication sur le thème des migrations, en particulier pour dévoiler les fausses informations dangereuses des trafiquants d’êtres humains. Nous fournissons également des informations sur notre pays, par exemple sur le nouveau site de « Deutschland.de » qui informe chaque jour en neuf langues de tout ce qui concerne l’Allemagne.

Concernant le deuxième élément, « l’entente », je préciserai ceci : ces derniers jours et ces dernières semaines, il a été pas mal question du durcissement du ton dans le débat politique, y compris en Allemagne. C’est certes regrettable mais, d’un autre côté, nous avons la chance que l’échange soit possible chez nous car, dans bien des endroits du monde, des débats comme ceux tenus dans cette enceinte et dans notre pays n’ont tout simplement plus lieu. La politique culturelle et éducative internationale doit donc préserver des espaces d’échange et de dialogue, des espaces permettant de confronter différentes opinions, confrontation qui débouchera finalement sur de l’énergie.

C’est pourquoi nous prévoyons par exemple en amont des élections européennes une série de dialogues citoyens et développerons, également dans les médias sociaux, la communication sur les thèmes européens. Car contrairement à ce que peuvent penser l’un ou l’autre, nous ne considérons pas le Parlement européen comme un modèle dépassé mais comme le signe le plus fort d’une Europe démocratique.

Mesdames et Messieurs les Parlementaires, nous multiplions également à l’extérieur de l’Union européenne nos efforts d’entente. C’est la raison pour laquelle nous avons intensifié les programmes d’échange et la coopération avec la société civile, par exemple en Europe orientale. De plus, « l’Année de l’Allemagne aux États-Unis », que nous avons lancée en octobre 2018 et au cours de laquelle sont prévus plus d’un millier d’événements dans tous les États américains, représente notre plus grande campagne de communication actuelle dans le monde.

Concernant le troisième et dernier élément, « la compréhension », je soulignerai ceci : pour pouvoir comprendre, il faut avoir accès à la culture et à l’éducation. Outre les Goethe-Instituts, le DAAD et en particulier nos écoles allemandes à l’étranger jouent un rôle très important dans ce contexte. Environ 70 nouvelles écoles ont rejoint notre réseau d’écoles partenaires durant la seule année 2017. Chacune de ces écoles ancre l’Allemagne dans le monde en tant que lieu où sont enseignées non seulement notre langue mais aussi des valeurs telles que le respect, la tolérance et l’ouverture d’esprit. Les écoles, les universités et les centres culturels doivent rester des espaces ouverts et là où ils ne le sont pas, la politique culturelle et éducative internationale aide précisément à créer ces espaces.

Grâce aux initiatives Martin Roth et Philipp Schwartz, nous sommes devenus un pays synonyme d’espoir pour des artistes et des scientifiques persécutés et harcelés. Il me semble que c’est là une bonne raison d’être fier, en particulier lorsque l’on songe à notre propre passé.

Chers collègues, c’est pourquoi je tenais à vous dire un grand merci pour votre soutien, tous partis confondus, à notre politique culturelle et éducative à l’étranger. Car celle-ci envoie un message clair en faveur de la liberté, de l’art, de la culture, de l’éducation et de la science dans le monde entier. Et cela nous va bien.

Je vous remercie.

Pour en savoir plus sur le rapport (en allemand) :

21e Rapport du gouvernement fédéral sur la politique culturelle et éducative à l’étranger

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