Bienvenue sur les pages du Ministère fédéral des Affaires étrangères

Les inégalités scolaires se réduisent en Allemagne

Selon la dernière étude de l’OCDE, la réussite scolaire dépend un peu moins qu’avant de l’origine sociale en Allemagne

Selon la dernière étude de l’OCDE, la réussite scolaire dépend un peu moins qu’avant de l’origine sociale en Allemagne, © dpa-Zentralbild

25.10.2018 - Article

Selon une nouvelle analyse des données de l’étude PISA de l’OCDE, les écarts de réussite liés à l’origine sociale se réduisent, mais ils restent forts.

En Allemagne, un élève dont les parents n’ont pas le bac aura un peu moins de 15 % de chances d’obtenir un diplôme de l’enseignement supérieur. La proportion est de 21 % en moyenne dans l’OCDE (Organisation de coopération et de développement économiques). Le constat n’est pas nouveau : en République fédérale, l’origine sociale influe plus qu’ailleurs sur les performances scolaires. La bonne nouvelle est que le phénomène s’amenuise.

C’est le principal enseignement d’une analyse publiée mardi par l’OCDE. Elle examine les performances de près de 540 000 élèves de quinze ans dans 72 pays, testées entre 2006 et 2015 dans le cadre de l’étude internationale sur l’éducation PISA.

Une constante plus marquée qu’ailleurs

Elle montre qu’en Allemagne, à peine un élève sur quatre parvient à un niveau d’études supérieur à celui de ses parents. Autrement dit, l’école perpétue les inégalités sociales. Et ce, davantage qu’ailleurs : dans l’OCDE, 41 % des jeunes pousseront leurs études plus loin que leurs parents, élargissant les perspectives professionnelles qui s’offrent à eux.

L’Allemagne bénéficie des efforts réalisés ces dernières années pour développer l’enseignement dès le plus jeune âge et allonger la journée d’école (développement des jardins d’enfants, école primaire à plein temps, etc.)
L’Allemagne bénéficie des efforts réalisés ces dernières années pour développer l’enseignement dès le plus jeune âge et allonger la journée d’école (développement des jardins d’enfants, école primaire à plein temps, etc.)© dpa

Mais en analysant les données de plus près, les chercheurs ont observé une autre tendance : en dix ans, aucun pays n’a autant réduit le poids de l’origine sociale dans la réussite que l’Allemagne. La proportion de jeunes issus de milieux socialement ou culturellement défavorisés qui obtiennent des performances solides aux tests est passée de 25,2 % à 32,3 % entre 2006 et 2015. Un record.

Les tests en sciences offrent un autre exemple. Un écart de niveau de 16 % est attribuable à l’origine sociale, selon les chercheurs. C’est quatre points de moins qu’il y a dix ans.

Il ne fait donc pas de doute que l’Allemagne a tiré des enseignements du puissant traumatisme qu’avait constitué il y a 17 ans les mauvais résultats de la première étude PISA. Beaucoup de réformes ont été entreprises : niveaux de connaissances standards à valider, multiplication des écoles ouvertes toute la journée (et non plus seulement jusqu’à la mi-journée), investissements dans l’éducation dès la petite enfance (jardins d’enfants, etc.). Elles ont visiblement porté leurs fruits. « Nous sommes sur la bonne voie », s’est réjouie la ministre allemande de l’Éducation et de la Recherche, Anja Karliczek.

 

Les recommandations de l’OCDE

Le pays n’en reste pas moins loin des premiers de la classe en matière d’égalité des chances. Les chercheurs de l’OCDE formulent plusieurs recommandations pour y remédier : nouveaux investissements dans la petite enfance, augmentation des moyens financiers consacrés aux élèves défavorisés, accroissement de la mixité sociale (46 % des élèves défavorisés fréquentent un établissement dans une zone défavorisée).

Plusieurs d’entre elles ont reçu du soutien au sein de la classe politique, notamment les mesures concernant la petite enfance. À l’heure où l’Allemagne craint la pénurie de main-d’œuvre qualifiée avec le départ à la retraite des baby-boomers, une opinion fait consensus : aucun talent, aucun potentiel ne doit être laissé de côté.

A.L.

Plus d’informations :

Étude de l'OCDE (en anglais et français)

Retour en haut de page