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Étude : pourquoi on aime les frites et les chips sans modération

Aliments riches en glucides et en graisses : attention danger ! Ils activent fortement les mécanismes de la récompense dans le cerveau et nous font donc manger très au-delà de notre faim, confirme une étude allemande.

Aliments riches en glucides et en graisses : attention danger ! Ils activent fortement les mécanismes de la récompense dans le cerveau et nous font donc manger très au-delà de notre faim, confirme une étude Allemande., © Dpa/pa

18.06.2018 - Article

On voulait picorer deux ou trois chips et le paquet y est passé. Un carré de chocolat et on a avalé toute la plaque. Des chercheurs de Cologne viennent de le confirmer : les aliments riches en sucres et en graisses sont particulièrement addictifs.

Qui n’a jamais ressenti de culpabilité après avoir englouti un paquet de chips devant la télévision ? Senti ses hanches s’arrondir à la troisième part de gâteau ? Maudit sa balance après les fêtes de fin d’année ? Pourtant, peu d’entre nous ont su résister à la tentation d’avaler sans mesure tous ces aliments si mauvais pour la santé… mais bons pour le moral ! Et cela s’explique. Selon des chercheurs allemands, les aliments riches à la fois en sucres et en graisses sont particulièrement attirants et addictifs pour notre cerveau.

L’étude a été menée à l’Institut de recherche sur le métabolisme de Cologne en coopération avec l’Université de Yale, dans le Connecticut (États-Unis). Les chercheurs ont fait jouer 40 volontaires à des jeux vidéo permettant de gagner de la nourriture et de tester dans quelle mesure les joueurs étaient prêts à payer pour en recevoir. Le résultat a été sans appel : les joueurs ont été massivement attirés par les aliments riches en graisses et en sucres. En mesurant leur activité cérébrale en temps réel, les chercheurs se sont aperçus que ces aliments stimulaient le système de la récompense dans le cerveau - le système impliqué dans les addictions.

Circuit de la récompense dans le cerveau

Dans la nature, aucun aliment n’est simultanément riche en glucides et en graisses. À une exception près : le lait maternel. Nous serions donc conditionnés à réagir fortement à ces types d’aliments, estiment les chercheurs.
Dans la nature, aucun aliment n’est simultanément riche en glucides et en graisses. À une exception près : le lait maternel. Nous serions donc conditionnés à réagir fortement à ces types d’aliments, estiment les chercheurs.© Dpa/pa

Selon les auteurs de l’étude, les aliments riches en sucres activent ce système de récompense. Les aliments en graisses le font également. Mais lorsque les deux sont combinés, l’effet est encore beaucoup plus fort. Résultat : nous mangeons bien au-delà de notre faim. Et nous grossissons.

À cela s’ajoute, selon l’étude, le fait que nous avons beaucoup de mal à évaluer la valeur calorique de ces aliments. Beaucoup plus que celle des aliments seulement riches en sucres ou seulement riches en graisses.

D’où cela vient-il ? Dans la nature, notent les chercheurs, les aliments peuvent être riches en glucides ou riches en graisses. Mais il n’en existe aucun qui soit à la fois riche en glucides et en graisses comme peuvent l’être frites, chips, gâteaux, barres de chocolat et biscuits. À une exception près : le lait maternel. Selon le directeur de l’étude, Marc Tittgemeyer, « nous avons probablement été habitué par le lait maternel à réagir avec une intensité particulière à la nourriture en glucides et en graisses et à la percevoir comme une récompense, car comme quelque chose de vital ».

La récompense plus forte que la satiété

De là notre triste sort : l’attrait de la récompense est un mécanisme lié à l’évolution. Son rôle était de permettre à l’humanité de survivre. Mais il devient fatal dans le monde d’abondance actuel. « Nous n’avons pas été fait pour dire non en permanence », explique Marc Tittgemeyer. « C’est pourquoi la plupart du temps, nous n’arrêtons pas de manger quand nous sommes rassasiés ».

Avec les conséquences que l’on connaît : surpoids, obésité et problèmes de santé divers. L’étude de  l’Institut Max Planck de Cologne devrait donc beaucoup améliorer la prise en charge des personnes qui en souffrent. Et pour les autres, effacer un peu de culpabilité…

A.L.

 

Plus d’informations :

Société Max Planck – Institut de recherche sur le métabolisme de Cologne (en allemand et anglais)

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