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Opération reforestation

Un sommet national sur la forêt avait lieu aujourd’hui à Berlin pour élaborer des mesures d’urgence et de long terme après les ravages dus au événements climatiques extrêmes

Un sommet national sur la forêt avait lieu aujourd’hui à Berlin pour élaborer des mesures d’urgence et de long terme après les ravages dus au événements climatiques extrêmes, © blickwinkel

25.09.2019 - Article

La ministre allemande de l’Agriculture, Julia Klöckner, réunissait aujourd’hui à Berlin un sommet national sur la forêt. Son objectif : reboiser massivement après les ravages engendrés par les sécheresses, les tempêtes, les incendies et les parasites.

« Chaque arbre qui manque est un combattant de moins contre le changement climatique ». La ministre allemande de l’Alimentation et de l’Agriculture, Julia Klöckner, veut massivement replanter la forêt allemande, décimée ces deux dernières années par une succession de sécheresses, de tempêtes, d’incendies et d’attaques de parasites. Elle a annoncé ce mercredi que l’État allait débloquer 547 millions d’euros au cours des quatre prochaines années. La contribution (obligatoire) des länder devrait porter cette enveloppe à au moins 800 millions d’euros, a-t-elle souligné lors d’un sommet national sur la forêt.

Premiers ravages du changement climatique

La ministre avait convié autour de la table plus de 170 experts, responsables d’associations et représentants d’institutions. Du garde forestier à l’exploitant et du propriétaire au militant écologiste, tous font le même constat : jamais la forêt allemande n’avait subi d’aussi graves dégâts en si peu de temps. Les sécheresses et les fortes chaleurs ont succédé depuis 2018 aux violentes tempêtes de 2017 et 2018. Ces phénomènes extrêmes à répétition ont tué une partie des arbres, et ils ont rendu les autres plus vulnérables aux incendies, aux champignons et aux pullulations des parasites comme les scotyles.

Des bénévoles replantent des arbres en Bavière après la sécheresse de l’été 2019
Des bénévoles replantent des arbres en Bavière après la sécheresse de l’été 2019© Bergwaldprojekt

180 000 hectares de forêt, soit l’équivalent de près de 260 000 terrains de football, ont ainsi été détruits, selon les derniers chiffres du ministère de l’Alimentation et de l’Agriculture. « Le réchauffement climatique nous a touché bien plus vite que prévu », a reconnu Mme Klöckner.

En première ligne, les propriétaires forestiers appellent l’État à la rescousse. Ils réclament 2,3 milliards d’euros d’aides. Ils sont, en effet, confrontés à la destruction de la forêt, mais aussi à la chute des cours du bois et à la difficulté technique de gérer des stocks immenses.

La forêt, arme contre le réchauffement

Mme Klöckner justifie, pour sa part, la nécessité d’agir vite par le rôle des arbres dans la lutte contre le réchauffement climatique. « Sans la forêt, nous émettrions 14 % de dioxyde de carbone (CO2) en plus », souligne-t-elle (chiffre de 2014). Selon le rapport annuel du gouvernement allemand sur la forêt (2018), un tiers du territoire allemand (11,4 millions d’hectares) est couvert de forêts, principalement d’épicéas (26 %), de pins (23 %), de hêtres (16 %) et de chênes (11 %).

Les sommes promises par l’État proviendront du Fonds national pour l’énergie et le climat, a dit la ministre. Elles s’ajouteront à d’autres aides déjà annoncées. Elles doivent principalement servir à abattre le bois mort, à reboiser mais aussi à renforcer la capacité d’adaptation de la forêt allemande au changement climatique. Il faut s’orienter vers une exploitation durable des surfaces forestières et développer une utilisation efficace du bois, estime Mme Klöckner.

Les associations de défense de l’environnement réclament, de leur côté, un « tournant » dans la politique forestière. Elles appellent à cesser de regarder la forêt comme un réservoir de bois à exploiter et revendiquent une conversion plus rapide des plantations artificielles de conifères en forêts de feuillus plus protectrices face au réchauffement.

Plusieurs avis cohabitent d’ailleurs en ce qui concerne la nature des espèces à replanter. Les libéraux appellent, par exemple, à miser sur des espèces plus robustes face au réchauffement et sur les nouvelles techniques de culture axées sur les modifications génétiques. À l’inverse, les Verts souhaitent favoriser la régénération naturelle des écosystèmes forestiers.

C’est aussi l’avis de l’Office allemand pour la protection de la nature. « Il faut restreindre autant que possible le recours aux espèces exogènes, et procéder avant toute plantation à une analyse des risques », explique sa présidente, Beate Jessel, car les effets de ces plantations sont mal connus. Il faut, par ailleurs, planter « plus de forêts mixtes de feuillus », mais « sans tomber dans l’activisme » car la régénération naturelle donne de meilleurs résultats à terme. Il s’agit d’une « crise » qui peut offrir « des opportunités », souligne-t-elle, pas d’un « dépérissement ».

A.L.

Plus d’informations :

Ministère allemand de l'Alimentation et de l'Agriculture (en allemand)
L'état de la forêt allemande : faits et chiffres (en allemand)
Ministère allemand de la Coopération économique et du Développement (en allemand)

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