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200 pays réunis à Bonn pour tenter de répondre à l’urgence climatique

Les représentants de quelque 200 sont réunis à Bonn jusqu’au 27 juin pour tenter de répondre à l’urgence climatique

Les représentants de quelque 200 sont réunis à Bonn jusqu’au 27 juin pour tenter de répondre à l’urgence climatique, © blickwinkel

19.06.2019 - Article

À mi-chemin entre la COP24 et la COP25, Bonn accueille du 17 au 27 juin une conférence annuelle des Nations unies sur le climat. Son objectif : convaincre les États de mener des politiques beaucoup plus ambitieuses. Car le temps presse.

C’est un rendez-vous que les diplomates du climat connaissent bien. Tous les ans, entre deux conférences internationales sur le climat (COP), ils se retrouvent à Bonn, au siège du Secrétariat de la Convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques (CCNUCC), pour une session de quinze jours. C’est l’occasion de préparer les échéances des six mois à venir, et notamment la prochaine COP qui aura lieu au Chili. Mais cette année, la conférence s’est ouverte lundi 17 juin dans un climat d’urgence particulièrement vif.

Les représentants de quelque 200 pays (quelque 3000 personnes au total jusqu’au 27 juin) ne l’ignorent pas : une pression croissante pèse sur leurs épaules. D’une part, l’opinion publique est de plus en plus sensible aux enjeux climatiques. Les nombreuses marches pour le climat, la mobilisation mondiale des jeunes du mouvement « Fridays for future » ou encore le succès des partis écologistes aux élections sont là pour en témoigner.

De l’autre, les événements climatiques extrêmes (tempêtes mortelles en Afrique, vague de chaleur en Asie, etc.) se succèdent. Et ce, presque aussi vite que rapports d’experts aux conclusions chaque jour plus alarmantes. Quand les gouvernements prendront-ils le taureau par les cornes ? De plus de en plus de jeunes, de militants pour le climat, d’experts et de simples citoyens se posent la question.

Conférence des Nations unies à Bonn

Et Patricia Espinosa aussi. La Secrétaire exécutive de l’ONU Changements climatiques est comme de nombreux experts : elle a conscience que la décennie qui vient sera cruciale pour éviter une catastrophe climatique. Et elle sait que l’année 2019 est une année clé pour prendre les décisions nécessaires. C’est donc par un vibrant appel aux gouvernements qu’elle a inauguré lundi les débats de la Conférence de Bonn.

Nous sommes face à une « urgence climatique », a-t-elle déclaré. Les jeunes nous le rappellent utilement. Les récents rapports d’experts montrent, en effet, « l’impérative nécessité » de limiter la hausse moyenne de la température mondiale à 1,5°C pour éviter « des conséquences désastreuses pour l'humanité ». Or, « nous ne sommes pas sur la bonne voie, loin de là ». Selon des estimations récentes, les plans d'action climat nationaux actuels nous orientent vers un réchauffement deux fois supérieur, de quelque 3°C.

Relever les ambitions pour limiter la hausse des températures

Il faut donc intensifier significativement les efforts. C’est l’enjeu de la conférence de Bonn : convaincre les pays signataires de l’Accord de Paris de revoir nettement à la hausse leurs ambitions en matière de réduction des émissions de gaz à effet de serre.

En novembre dernier, lors de la COP24 à Varsovie, ils avaient défini des lignes directrices pour rendre l'Accord de Paris opérationnel. Mais sans s’accorder sur les points clés. À la COP25 de Santiago du Chili, ils doivent aboutir. Cela suppose de trouver en amont des accords sur les points controversés : les « mécanismes de marché » qui doivent permettre aux pays de « s’entraider » pour réduire leurs émissions, des règles claires pour que les marchés du carbone prennent forme mais aussi le financement de l’adaptation au changement climatique des pays en développement par les pays industrialisés, qui ont une responsabilité historique particulière.

Il n’est pas trop tard, a plaidé Patricia Espinosa. « Atteindre la neutralité carbone d'ici 2050 et stabiliser les températures mondiales à 1,5°C est possible ». Cela suppose de réduire les émissions de 45 % d’ici à 2030. Cela implique « des politiques et des mesures de transformation en profondeur ». « Ce travail ne peut pas attendre ».

A.L.

Plus d’informations :

Conférence de Bonn sur les changements climatiques SB 50 (en français/anglais/allemand)
Ministère allemand de l'Environnement (en allemand/ anglais)

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