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Apprendre de la forêt pour mieux la protéger

La forêt, un milieu qui doit être protégé

La forêt, un milieu qui doit être protégé, © www.picturedesk.com

22.03.2019 - Article

Sécheresse, tempête : en Allemagne, les arbres viennent de subir une année difficile. La Journée mondiale des forêts est l’occasion de rappeler la nécessité de les protéger. Et pour cela, quoi de mieux que d’y grandir ? L’Allemagne compte 2 000 écoles en forêt.

« Mon fils a complètement changé. […] Il est bien plus équilibré, bien moins turbulent », raconte une maman. Et si grandir en forêt était la nouvelle panacée en matière d’éducation ? En Allemagne, depuis le début des années 1990, le concept danois de jardin d’enfants ou d’école maternelle en forêt fait de plus en plus d’émules. Il existe 2 000 de ces établissements de Hambourg à Berlin et Munich. Ils accueillent en tout 400 000 enfants. Et ils sont à l’honneur à l’occasion de la Journée mondiale des forêts qui met l’accent sur l’éducation.

L’idée d’éduquer les enfants au grand air de la forêt par tous les temps (sauf tempête ou orage la rendant dangereuse) a beau sembler à contre-courant, elle présente d’après ses adeptes de nombreux avantages. Les enfants passent leur journée dans la forêt, qu’il pleuve ou qu’il vente, encadrés par un minimum de deux enseignants qualifiés pour vingt bambins.

On ne protège bien que ce que l’on connaît. S’inspirant du modèle danois, l’Allemagne a popularisé le concept pédagogique de l’école en forêt. Elle en compte 2000 au total, qui accueillent 400 000 enfants
On ne protège bien que ce que l’on connaît. S’inspirant du modèle danois, l’Allemagne a popularisé le concept pédagogique de l’école en forêt. Elle en compte 2000 au total, qui accueillent 400 000 enfants© dpa-Zentralbild

Ici, pas de jouets classiques. Pourquoi en aurait-on besoin ? La forêt offre un terrain de jeu bien plus varié et stimulant pour l’imagination. Or, celle-ci se révèle sans limite chez les petits. Ils prennent en outre un malin plaisir à expliquer les jeux qu’ils inventent à leurs camarades. Et cela a une influence très positive sur leur maîtrise du langage car il leur faut nommer avec précision de nombreux outils (pelle, corde, serviette, scie, etc.), plantes ou animaux.

L’école en forêt a aussi ses règles que les enfants apprennent à respecter. Il est interdit de couper des branches et de cueillir des champignons hors de la présence de l’enseignant, mais aussi de crier, de pousser ses camarades ou d’être violent avec eux. Pour le reste, c’est une école normale, avec ses cours, ses repas et sa sieste pour les petits.

Les enfants semblent s’épanouir dans ces écoles. Mais ce n’est pas tout. Il s’agit aussi pour la société d’un investissement à long terme. Car apprendre à connaître la forêt dans son inimité est le meilleur moyen de veiller à ce qu’elle continue à être protégée à l’avenir.

Au cœur des problématiques contemporaines

Or, c’est un enjeu majeur auquel les Allemands sont très sensibles. Il remonte loin dans l’histoire des mentalités allemandes, tout comme dans l’histoire du mouvement écologiste.

Ainsi, à l’échelle mondiale, la forêt est au cœur des problématiques contemporaines. Elle est un réservoir unique de biodiversité, un facteur économique, une source de matière premières, un régulateur essentiel pour le climat et bien sûr un lieu de ressourcement pour tout un chacun. Or, à l’échelle mondiale, quelque 20 hectares sont déboisés chaque année.

En Allemagne, la situation est plutôt bonne. La forêt allemande est exploitée de manière durable, composée d’espèces variées et sa superficie (un tiers du pays) est stable. Les autorités soutiennent sa protection à travers de nombreux programmes. Mais elle n’est pas à l’abri. « L’année écoulée a été catastrophique pour nos forêts entre les tempêtes, la sécheresse prolongée et la pullulation de scolytes qui a suivi », déplore ainsi la ministre de l’Agriculture, Julia Klöckner. C’est le plus gros coup dur pour la sylviculture allemande « depuis trente ans ».

A.L.

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