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Protection des espèces : l’urgence

Les abeilles, une espèce en voie d’extinction si rien n’est fait. En Allemagne, le nombre d’insectes a diminué de 75% en 30 ans. 42 % des espèces d’insectes sont considérées comme étant menacées, très rares ou ayant déjà disparu

Les abeilles, une espèce en voie d’extinction si rien n’est fait. En Allemagne, le nombre d’insectes a diminué de 75% en 30 ans. 42 % des espèces d’insectes sont considérées comme étant menacées, très rares ou ayant déjà disparu, © ZB

04.03.2019 - Article

Allons-nous vers une sixième extinction des espèces ? Certains l’évoquent. Au lendemain de la Journée mondiale de la vie sauvage (3 mars), une chose est sûre : la disparition accélérée de la faune et de la flore préoccupe de plus en plus les citoyens et les pouvoirs publics.

À la mi-février, une pétition pour la sauvegarde des abeilles a recueilli plus de 1,7 million de signatures en Bavière. Cela représente 18,4 % du corps électoral, un score inédit dans ce land du sud de l’Allemagne. Le gouvernement régional va devoir écouter la vox populi et prendre des mesures ambitieuses pour protéger les abeilles, les insectes et plus généralement la biodiversité. C’est ce que prévoit la Constitution bavaroise.

Que le slogan «  Sauver les abeilles  » soit aussi mobilisateur, qui l’eût imaginé il y a vingt ans ? À l’heure où l’on célèbre la Journée mondiale de la vie sauvage (dimanche 3 mars), deux faits s’imposent : l’urgence de plus en plus palpable qui pèse sur la biodiversité de la planète, et la sensibilité croissante de l’opinion publique à son égard.

Prise de conscience

En Allemagne, la pétition des défenseurs des abeilles n’est pas un fait isolé. On pourrait aussi citer les manifestations de l’automne dernier pour la sauvegarde de la Forêt d’Hambach, l’une des dernières forêts primaires d’Europe, située près d’Aix-la-Chapelle.

La gravité de la situation n’est plus un secret pour personne. Selon le gouvernement, plus d’un tiers des espèces animales et plus du quart des espèces végétales endémiques sont menacées. Les insectes semblent même subir une véritable hécatombe : leur nombre a chuté de 75 % en trente ans.

«  Le recul à la fois du nombre d’insectes, et de la diversité des variétés d’insectes en Allemagne est dramatique  », souligne un rapport du gouvernement fédéral présenté à la 90ème conférence des ministres de l’environnement en juin 2018 à Brême. Même si les causes du problème restent multiples, complexes et encore à examiner, «  il est urgent d’agir  », conclut-il. Car sans insectes, pas d’oiseaux, ni de pollinisation, ni de fraises… ni de huile pour les pizzas.

Plan d’action pour les insectes

L’Allemagne dispose depuis 2007 d’une Stratégie nationale pour la biodiversité, forte de 330 objectifs et 430 mesures concrètes. Mais face à l’urgence, elle est en train de passer à la vitesse supérieure. Plusieurs mesures sont inscrites dans le contrat de coalition qui lie les partis au gouvernement : un dialogue citoyen sur la stratégie de protection de la biodiversité, une utilisation des pesticides plus respectueuse de l’environnement, un plan pour verdir les villes et un Plan d’action pour la protection des insectes.

Ce dernier vient tout juste d’être présenté par la ministre fédérale de l’Environnement, Svenja Schulze. Il est actuellement en phase de concertation au sein du gouvernement. Et il poursuit un objectif clair : «  inverser la tendance  ».

Il rassemble plusieurs mesures phares : une enveloppe de 100 millions d’euros par an pour la protection des insectes et la recherche, un encadrement strict et une nette réduction de l’usage des pesticides, la lutte contre les effets de l’éclairage artificiel sur les insectes, la protection et la restauration des habitats dans tous les types de paysages et en ville.

La ministre veut, par ailleurs, une loi pour renforcer la protection des biotopes ou interdire les pesticides et biocides dans certaines zones.

«  Ruban bleu  »

Ces mesures viennent s’ajouter à d’autres initiatives récentes du gouvernement allemand en faveur de la biodiversité. Berlin vient, par exemple, de soumettre à la Commission européenne des propositions pour limiter la pêche dans les zones protégées en Mer du Nord afin de remettre l’environnement marin «  dans un état convenable  » d’ici à 2020.

Et depuis 2017, l’Allemagne poursuit un ambitieux projet baptisé «  ruban bleu  ». Il vise à créer un réseau de biotopes sur tout le territoire allemand d’ici à 2027. Les 16 länder doivent consacrer chacun à ce réseau 10 % de leur surface.

A.L.

Plus d’informations :

Ministère allemand de l'Environnement : protection de la nature et de la biodiversité (en allemand)

Office de presse et d'information du gouvernement fédéral (en allemand)

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