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Sortie du charbon : et maintenant ?

Quelles mesures et quel calendrier pour la sortie du charbon en Allemagne ?

Quelles mesures et quel calendrier pour la sortie du charbon en Allemagne ?, © dpa

01.02.2019 - Article

La commission d’experts a rendu son rapport à la chancelière Angela Merkel. Elle indique le chemin à suivre pour sortir du charbon à l’horizon 2038 et faire de l’Allemagne un modèle parmi les pays industrialisés. Quelles sont les prochaines étapes ?

Le gouvernement va-t-il suivre les recommandations du rapport ?

La remise officielle du rapport d’experts sur la sortie du charbon à la chancelière Angela Merkel a eu lieu jeudi soir à Berlin
La remise officielle du rapport d’experts sur la sortie du charbon à la chancelière Angela Merkel a eu lieu jeudi soir à Berlin© Gouvernement fédéral/ Bergmann

« Nous allons les considérer avec beaucoup de soin », a fait savoir hier Angela Merkel après avoir rencontré les ministres-présidents des länder allemands concernés par la fermeture des mines.

La sortie du charbon constitue un chantier immense, « impliquant toute la société », a souligné la chancelière. Mais le fait que le rapport de la commission ait été adopté par 27 voix sur 28 laisse espérer qu’elle se fera sur la base d’un large consensus dans la société.

Berlin va maintenant examiner de plus près le détail du rapport pour élaborer une stratégie concrète.

La prochaine étape : planifier la reconversion des bassins miniers (avril-mai 2019)

L’un des premiers défis va consister à organiser la reconversion des bassins miniers. Quelque 20 000 emplois dépendent encore directement du charbon en Allemagne, selon le rapport. Ils sont répartis dans quatre bassins : la Lusace autour de Cottbus (8 600 emplois) et l’Allemagne centrale autour de Leipzig (2400 emplois) à l’Est, le Bassin rhénan autour d’Aix-la-Chapelle et de Mönchengladbach (9 700 emplois) et le Bassin de Halmstedt à l’Ouest.

Les populations et les dirigeants politiques de ces régions attendent maintenant beaucoup du gouvernement fédéral. Le rapport de la commission prévoit, en effet, qu’il leur verse des aides conséquentes (40 milliards d’euros sur 20 ans) pour faciliter la transition. Il préconise, par ailleurs, la création de 5 000 emplois dans ces bassins miniers au cours des dix prochaines années, principalement par l’installation d’administrations fédérales et de centres de recherches (Instituts Max Planck, Instituts Fraunhofer).

Des projets concrets sont déjà sur la table (par exemple la construction d’un Centre de compétences en protection climatique pour les industries à forte intensité énergétique en Lusace). Dans tous les cas, les choses vont se préciser rapidement. Le rapport demande au gouvernement de présenter les grandes lignes d’un projet de loi pour organiser la reconversion des bassins miniers d’ici à la fin du mois d’avril. État et länder doivent conclure un traité qui sera contraignant pour le gouvernement.

La chancelière a annoncé que son gouvernement ferait le nécessaire en ce sens. Berlin adoptera également une seconde loi pour accélérer la mise en œuvre de ces mesures, conformément au souhait des länder, a-t-elle ajouté.

La 1ère phase de la transition (jusqu’en 2022)

Le rapport de la commission recommande d’engager tout de suite la transition afin que l’Allemagne remplisse au plus vite ses objectifs en matière de réduction des émissions de gaz à effet de serre. Il suggère de réduire les capacités de production d’électricité issue du charbon de 12 Gigawatts (la capacité de 24 gros blocs de centrales au charbon) dès 2022, dont 3 GW de lignite issus du Bassin rhénan.

Cette réduction rapide va induire deux défis pour les autorités. Le premier sera d’éviter ou de contenir la hausse du prix de l’électricité. En effet, 2022 est aussi la date à laquelle l’Allemagne sortira entièrement du nucléaire. Le rapport préconise donc, à partir de 2023, de réduire la taxe d’accès au réseau, qui représente 1/5e du prix de l’électricité pour les ménages, afin de soulager particuliers et entreprises.

Le second défi consistera à indemniser les exploitants de centrales au charbon. Le rapport préconise un règlement consensuel et contractuel indemnisant la perte d’exploitation résultant de la fermeture des centrales existantes et en construction, et ce y compris au-delà de 2022. Aucun montant n’est cité. Mais il y a quelques années, l’État avait dû débourser 600 millions d’euros par GW pour la mise en réserve de certaines centrales.

La 2ème phase de la transition (2022-2030)

La sortie du charbon s’accélèrera sur la période 2022-2030. L’objectif est clair : diviser par deux la production d’électricité liée au charbon d’ici à 2030 et atteindre les objectifs ambitieux de réduction des émissions de gaz à effet de serre que l’Allemagne s’est fixé à cet horizon.

Le rapport prévoit un processus rigoureux, avec des bilans d’étape en 2023, 2026 et 2029. Il s’agira de vérifier que tout se passe comme prévu tant du point de vue de la sécurité d’approvisionnement que des objectifs climatiques, de la reconversion de bassins miniers ou de l’évolution du prix de l’électricité.

La sortie définitive du charbon (2035-2038)

Pour finir, la commission estime qu’il serait possible de sortir du charbon dès 2035. Un nouveau bilan doit être effectué en 2032 pour déterminer s’il faut maintenir la date de 2038 ou l’avancer de trois ans.

A.L.

 
Plus d’informations :

La Commission d'experts a rendu son rapport : l’Allemagne sortira du charbon à l’horizon 2038 (en français)
Office de presse et d'information du gouvernement fédéral (en allemand)
Rapport final de la commission Croissance, mutation structurelle et emploi (en allemand)

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