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L’Allemagne sortira du charbon à l’horizon 2038

La commission chargée de planifier la fin du charbon a fixé 2038 comme date butoir. Les premiers pans de centrales doivent fermer dès 2022

La commission chargée de planifier la fin du charbon a fixé 2038 comme date butoir. Les premiers pans de centrales doivent fermer dès 2022, © ZB

25.01.2019 - Article

Une commission réunissant responsables politiques, partenaires sociaux et défenseurs de l’environnement a fixé un calendrier : l’Allemagne sortira du charbon au plus tard en 2038.

C’était un rapport très attendu. La commission chargée par le gouvernement allemand d’élaborer un calendrier pour la sortie du charbon a rendu son verdict : la dernière mine devra fermer au plus tard en 2038.

27 des 28 membres de la commission (responsables politiques, partenaires sociaux, défenseurs de l’environnement) ont signé le compromis. Il prévoit une réduction significative des capacités de production d’électricité à partir du charbon dès 2022. Ce démarrage rapide doit permettre à l’Allemagne de respecter au plus vite ses objectifs en matière de réduction des émissions de gaz à effet de serre.

Les capacités de production doivent ensuite continuer à refluer jusqu’en 2030. Des bilans réguliers (2023, 2026, 2029) seront faits pour s’assurer qu’aucune menace ne pèse sur la sécurité d’approvisionnement en électricité. La date butoir pour la fermeture définitive est fixée à 2038. Cependant, la commission demande d’examiner en 2032 s’il n’est pas possible de l’avancer à 2035.

Aides à la reconversion des bassins miniers

Sur la question sensible de l’emploi, la commission propose le versement d’aides importantes (40 milliards d’euros sur 20 ans) pour la reconversion des trois grands bassins miniers : la Lusace à l’Est, l’Allemagne centrale et la Rhénanie à l’Ouest. Elle recommande la création par l’État de 5 000 emplois, administratifs par exemple, dans ces régions d’ici à 2028.

Elle suggère, par ailleurs, d’épargner aux entreprises et aux ménages toute hausse du tarif de l’électricité. La mesure pourrait coûter quelque deux milliards d’euros par an, selon la presse.

La préservation de la Forêt d’Hambach est « souhaitable », a estimé la commission
La préservation de la Forêt d’Hambach est « souhaitable », a estimé la commission. L’énergéticien RWE entend déboiser cette forêt primaire pour étendre l’exploitation d’une mine de lignite, mais le processus a été stoppé après l’occupation du site par des zadistes et plusieurs mobilisations citoyennes© dpa

Enfin, la commission s’est prononcée sur le dossier sensible de la Forêt de Hambach, l’une des dernières forêts primaires d’Europe dont le déboisement à des fins d’extraction minière vient d’être interrompu par l’occupation de zadistes et par des manifestations citoyennes. Le rapport juge que sa préservation est « souhaitable ».

Le rapport a été bien accueilli par le patronat comme par les défenseurs de l’environnement. C’est « la percée espérée », a déclaré une représentante de la fédération du secteur, BDEW. « Ambitieux mais faisable », renchérit la Fédération de l’industrie allemande (BDI). Seule l’entreprise RWE a mis en garde contre des suppressions d’emploi dès 2022.

De son côté, le ministre allemand de l’Économie et de l’Énergie, Peter Altmaier, a annoncé que le rapport serait examiné « de manière constructive » et aboutirait à deux projets de loi. Le premier portera sur la reconversion des bassins miniers, et notamment sur la nature des emplois à créer. La chancelière Angela Merkel rencontrera dès jeudi les ministres-présidents des länder les plus concernés. L’autre concernera la fermeture progressive des centrales. M. Altmaier a assuré que tout serait fait pour préserver les ménages d’une hausse du prix de l’électricité.

A.L.

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