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CO2 : comment l’Etat allemand compense les déplacements de ses agents

Pour les trajets en train, les administrations allemandes recourent à des « billets verts » de la Deutsche Bahn

Pour les trajets en train, les administrations allemandes recourent à des « billets verts » de la Deutsche Bahn, © dpa Themendienst

11.12.2018 - Article

A l’heure où la COP24 se réunit à Katowice, en Pologne, que font les gouvernements pour réduire leurs propres émissions de CO2 ? En Allemagne, la fonction publique donne l’exemple en compensant entièrement les déplacements professionnels de ses agents.

Des diplomates et des experts du monde entier réunis pour sauver le climat… et autant de voyages en avion à destination de Katowice, Bonn, Marrakech, Paris, Lima ou Doha. Un paradoxe ? Pas si l’on se donne les moyens d’économiser des émissions de CO2 ailleurs. C’est le principe de la compensation carbone : « échanger » les émissions que l’on ne peut pas éviter pour financer des actions de réduction des émissions partout dans le monde. En Allemagne, le gouvernement s’y astreint depuis plusieurs années. Non seulement pour la COP, mais pour tous les déplacements de ses agents du quotidien.

Le dispositif a été inauguré en 2014 et il n’a cessé de prendre de l’ampleur depuis. La première règle est simple, explique le ministre allemande de l’Environnement, Svenja Schulze : « renoncer à l’avion à chaque fois que c’est possible », par exemple en organisant une visioconférence. Et quand un déplacement s’impose vraiment, « compenser systématiquement les émissions induites ».

La procédure est désormais bien rodée. Les administrations coopèrent avec l’Office fédéral de l’Environnement (UBA). Celui-ci est chargé de comptabiliser les émissions générées par les déplacements professionnels des agents publics, puis de choisir les projets de compensation et enfin d’acquérir les crédits carbone correspondants.

Il ne prend en considération que les déplacements en avion (90 % des déplacements comptabilisés) et en voiture (10 %). Pour les trajets en train, les administrations allemandes recourent à des « billets verts » de la Deutsche Bahn, qui n’offrent pas de possibilité de compensation pour le moment. La quantité de CO2 émise est ensuite évaluée selon différents critères, par exemple la catégorie de siège, le type d’appareil utilisé et les effets « hors CO2 » tels que les émissions de vapeur d’eau, d’oxyde d’azote et de particules de suie pour les vols et la consommation de carburant pour les trajets en voiture.

Des projets à l’utilité certifiée

L’UBA sélectionne ensuite des projets de compensation carbone. Ils doivent obligatoirement porter le label de l’ONU, c’est-à-dire le plus haut niveau de certification existant, celui qui garantit le plus grand bénéfice pour le climat. Il peut s’agir de projets pour rendre l’eau potable, construire des centrales au biogaz qui permettent de produire de l’energie à partir des déchets ou d’autres projets d’exploitation d’énergies renouvelables. Le gouvernement allemand finance de cette manière la construction de centrales au biogaz au Népal et celle de fours modernes qui facilitent la vie des paysans de Zambie en étant plus efficaces.

En 2017, toutes les administrations ont joué le jeu, soit 121 ministères et autorités fédérales (au lieu de 74 en 2014). Cela représenté un coût de compensation de 1,7 million d’euros. Et 298 040 crédits de réduction des émissions de carbone. C’est la bonne nouvelle : le chiffre, en hausse de plus du quart par rapport à 2016, a plus que doublé depuis 2014.

A.L.

Plus d’informations :

Office de presse et d’information du gouvernement fédéral (en allemand)
Office fédéral pour l’environnement (UBA) (en allemand)

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