Bienvenue sur les pages du Ministère fédéral des Affaires étrangères

La multiplication des Brötchen, pas très écolo

Selon le WWF, le gaspillage annuel de pain en Allemagne revient à jeter à la poubelle la production de céréales d’une surface plus grande que l’île de Majorque. Cela représente 2,5 millions de tonnes de rejets de CO2 inutiles, sans compter les pesticides

Selon le WWF, le gaspillage annuel de pain en Allemagne revient à jeter à la poubelle la production de céréales d’une surface plus grande que l’île de Majorque. Cela représente 2,5 millions de tonnes de rejets de CO2 inutiles, sans compter les pesticides, © dpa

12.10.2018 - Article

Selon le WWF, 1,7 million de tonnes d’invendus sont jetés à la poubelle chaque année dans les boulangeries allemandes. Une surproduction coûteuse pour l’environnement et parfois même nuisible pour la santé.

Une surface plus grande que l’île de Majorque cultivée en pure perte. 2,46 millions de tonnes de gaz à effet de serre inutilement rejetés dans l’atmosphère. Sans compter les pesticides utilisés pour maximiser les rendements. C’est, selon le WWF Allemagne, le coût écologique annuel de la « surproduction  massive » de pain qui existe en Allemagne. L’ONG appelle les producteurs et les consommateurs à réagir.

Une « surproduction massive » qui passe inaperçue, dénonce le WWF

Il y a 1,7 million de tonnes d’invendus par an dans les boulangeries allemandes, a calculé le WWF. Cela représente 12 à 15 % de la production journalière, et jusqu’à un pain sur cinq pour les mauvais élèves, en général des boulangeries industrielles. Une partie de ces invendus sont  écoulés à bas prix, donnés à des associations ou recyclés dans l’alimentation animale, pour produire du biogaz ou de la chapelure. Mais c’est loin d’être le cas de tous les Brötchen, croissants et autres Pumpernickel.

« C’est un comportement schizophrène », relate Jörg-Andreas Krüger, directeur du département Empreinte écologique de WWF Allemagne. « Pour maximiser les rendements, on intensifie les cultures. Outre les pesticides, on utilise des engrais azotés qui polluent l’environnement. Et ensuite, on jette par sacs entiers les denrées produites à partir de ces céréales ». 398 000 hectares de champs sont ainsi mis en culture chaque année pour rien.

Rejets de CO2, pesticides, résidus plastiques

Certains invendus industriels sont broyés avec leur emballage. Ils rejoignent ensuite l’alimentation animale, au risque de faire entrer des microplastiques dans la chaîne alimentaire et, finalement, dans l’alimentation humaine
Certains invendus industriels sont broyés avec leur emballage. Ils rejoignent ensuite l’alimentation animale, au risque de faire entrer des microplastiques dans la chaîne alimentaire et, finalement, dans l’alimentation humaine© KEYSTONE

Mais pas sans conséquences. Outre l’empreinte écologique de ce gaspillage, le WWF dénonce de potentiels risques sanitaires lorsque ces pains invendus sont recyclés dans l’alimentation animale. « Comme le révèlent nos recherches », explique l’ONG, « le pain est broyé avec son emballage. Les résidus sont séparés dans un deuxième temps. Il faut s’attendre à ce que des particules plastiques, en particulier des microplastiques, ne soient pas correctement retirés ». Et entrent donc dans la chaîne alimentaire.

Le WWF réclame que le Parlement légifère, comme il vient de le faire pour interdire le compostage des aliments emballés dans du plastique. 400 000 tonnes de pains invendus servent chaque année à nourrir les animaux, notamment les porcs.

Quant au gaspillage, l’ONG appelle les pouvoirs publics à adopter une stratégie nationale assortie d’objectifs clairs et contraignants, tout en améliorant la transparence des données. Mais surtout, elle appelle à un « changement de mentalité » des consommateurs et des entreprises.

« Cela commence par nos attentes en termes de fraîcheur et de diversité pour aller jusqu’à la fermeture des magasins la nuit, en passant par un changement de mentalité des boulangers et des magasins d’alimentation, ainsi que par une transparence accrue des entreprises de collecte des déchets et des producteurs d’aliments pour animaux », indique-t-elle. Comme elle l’a constaté, les solutions sont parfois toutes simples. Notamment avec l’arrivée du numérique.

A.L.

Plus d’informations :

WWF Allemagne (en allemand)

Retour en haut de page