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Les morts du Mur

Chris Gueffroy, l’un des derniers morts du mur

05.02.2019, Berlin: Das Bild von Chris Gueffroy mit einer weißen Rose ist am Fenster des Gedenkens für die Todesopfer der Berliner Mauer auf dem früheren Todesstreifen an der Bernauer Straße zu sehen. Chris Gueffroy, der vor 30 Jahren an der Berliner Mauer bei einem Fluchtversuch erschossen wurde, ist der letzte Mauertote, der durch Schusswaffengebrauch starb. Foto: Christoph Soeder/dpa | Verwendung weltweit, © dpa

07.11.2019 - Article

Ils ont cherché à franchir le Mur, et parfois ils y sont parvenus. Mais tous n’ont pas eu cette chance. Entre 1961 et 1989, au moins 140 personnes sont mortes au pied du mur de la honte. Qui étaient-ils ?

Des recherches récentes ont cherché à en savoir plus sur les victimes du Mur. Elles ont permis d’établir le bilan suivant :

Berlin-Est, 1985. La « zone de la mort » (ou « bande de la mort ») vue depuis l’Est
Berlin-Est, 1985. La « zone de la mort » (ou « bande de la mort ») vue depuis l’Est© KPA

La moitié des victimes du Mur ont succombé dans les cinq ans suivant sa construction. À partir de 1967, et plus encore de 1976, le nombre de morts a fortement diminué. C’est la conséquence d’une modernisation de la surveillance de la frontière, mais aussi, à partir d’août 1975, après la signature des Accords d’Helsinki dans le cadre de la Détente.


Les chercheurs s’efforcent aussi de redonner aujourd’hui un visage et une histoire à ces personnes au destin tragique. On trouvait ainsi parmi eux :

Ida Siekmann, la première victime du Mur
D’origine polonaise, elle a trouvé la mort le 22 août 1961 à la veille de 59e anniversaire. Elle a sauté de la fenêtre de son appartement, situé au troisième étage d’un immeuble de la Bernauer Straße, juste à côté du Mur. Elle voulait rejoindre sa sœur à Berlin-Ouest.

Eckhard et Christel Wehage
Ne trouvant pas de travail, ni d’appartement dans la même ville, le jeune couple a pris en otage un avion pour Hanovre au départ de l’aéroport de Schönefeld, à Berlin-Est, le 10 mars 1970. Malheureusement, les pilotes se sont barricadés dans le cockpit et posés à nouveau à Schönefeld. Les jeunes gens, âgés de 22 et 24 ans, se sont suicidés dans l’avion en laissant une note : « La seule chose que nous voulons, c’est de pouvoir vivre comme nous l’entendons. Dans le cas présent, la mort est la meilleure solution ».

Chris Gueffroy, l’avant-dernière victime du Mur
Jeune Berlinois de l’Est repéré pour ses dons en gymnastique, Chris Gueffroy dut abandonner ses rêves de devenir pilote ou comédien après avoir refusé de devenir officier. Il devint garçon de café et découvrit avec horreur la corruption du milieu de la restauration en RDA. Le 5 février 1989, il tenta de fuir avec un camarade pour échapper au service militaire. À 22 heures, ils s’approchèrent du Mur et, armés d’une ancre fixée au bout d’une corde, ils se firent la courte échelle. Ils réussirent à escalader le Mur, haut de plusieurs mètres. Mais, alors qu’ils rampaient au sol tout proches du but, une alarme retentit et une vingtaine de coups de feu criblèrent l’obscurité. Chris Gueffroy, touché en plein cœur, s’effondra. Son ami fut grièvement blessé et jeté en prison.

Winfried Freudenberg, le dernier mort
Jeune ingénieur en génie électrique originaire de Saxe-Anhalt, Winfried Freundenberg décida de fuir Berlin-Est au lendemain de son mariage, faute de perspectives en RDA. Le jeune couple parvint à construire un ballon dans son appartement. Dans la nuit du 7 mars 1989, il commença à le remplir d’hydrogène dans une entreprise où Winfried Freundenberg s’était fait embaucher. Mais un garçon de café qui venait de terminer son service aperçut le ballon et appela la police vers deux heures du matin. Le ballon était trop peu gonflé pour supporter le poids de deux personnes. Winfried monta seul. Il vola toute la nuit au-dessus de Berlin avant de s’écraser vers 7h30 à Berlin-Ouest, à quelques centaines de mètres de la RDA. La raison de sa chute est inconnue. La police ouest-allemande pense qu’il a réussi à libérer du gaz au dernier moment pour accélérer sa descente et éviter de revenir à Berlin-Est.

Mais heureusement, parfois, l’histoire finissait bien…

Peter Strelzyl, l’évasion la plus spectaculaire
Le 16 septembre 1979, cet électricien originaire de Pösneck, en Thuringe, a fui la RDA avec sa famille et celle d’un ami à bord d’une montgolfière artisanale. Après une première tentative qui s’était soldée par un atterrissage en catastrophe, les quatre adultes et quatre enfants ont réussi à rejoindre la Bavière de nuit au péril de leurs vies, après un voyage de 30 kilomètres dans les airs par-delà la frontière interallemande. Cette évasion qui compte parmi les plus spectaculaires a fait à l’époque la une de la presse internationale. Elle a été adaptée au cinéma en 1982 (« Night crossing », en allemand : « Mit dem Wind nach Westen »). Elle est aujourd’hui racontée en détail au musée du Mur de Check Point Charlie à Berlin. La montgolfière est conservée au musée local de Naila, en Bavière. Peter Strelzyl est décédé en mars 2017 à l’âge de 74 ans.

A.L.

Plus d’informations :

Mairie de Berlin : les morts du Mur (en allemand)
Les lieux de commémoration à Berlin (en français)
Mémorial de la Bernauer Straße à Berlin (en français, anglais, allemand)

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