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Que reste-t-il du Mur ?

East Side Gallery

East Side Gallery, © dpa

07.11.2019 - Article

Le « mur de la honte » a été détruit sans états d’âme dans l’année qui a suivi la révolution du 9 novembre 1989. Mais que les touristes se rassurent : il en reste des vestiges à Berlin... Et ailleurs !

Les grues et les pelleteuses n’ont pas attendu. Les chasseurs de souvenirs non plus. À coups de pelleteuses ou à coups de pioche, le démantèlement du mur de Berlin a commencé dès le lendemain du 9 novembre. Et lorsque les Allemands ont célébré leur Réunification, un peu moins d’un an plus tard, il n’en restait quasiment plus rien. Le « mur de la honte » avait séparé les familles pendant 28 ans. Chaque journée supplémentaire était ressentie comme un coup de poignard dans le cœur et une insulte à la liberté.

East Side Gallery. L’un des pans les plus célèbres du mur de Berlin décoré en 1990 par des artistes
East Side Gallery. L’un des pans les plus célèbres du mur de Berlin décoré en 1990 par des artistes© picture alliance

Mais que sont devenus ces 43 km de mur en béton, hauts de 3,50 m ? Et les 156 km de frontière entre Berlin-Ouest et la RDA ? Les 1 400 km de frontière entre les deux États allemands ? Les barbelés ? Les miradors? Les fortifications parfois larges de 500 mètres ? La « bande de la mort » ?

Selon l’historien Hans-Hermann Hertle, récemment cité dans la presse allemande, plus de 40.000 fragments de mur ont été concassés pour être réutilisés comme granulat dans la construction de routes. D’autres morceaux ont atterri dans des déchetteries, ou ont été ré-exploités comme agents séparateurs du béton. Plusieurs milliers ont été emmenés ou envoyés à l’étranger par des curieux, des collectionneurs, etc. Au même moment, les gratte-ciels de la Potsdamer Platz poussaient à l’ancien emplacement de la « bande de la mort », l’immense terrain vague qui séparait les deux parties de Berlin.

Au début, le besoin de tourner la page a été plus fort que les appels de l’ancien chancelier Willy Brandt, maire de Berlin lors de la construction du mur, à conserver ces témoignages de l’oppression et de la dictature. Mais les autorités berlinoises ont peu à peu changé leur fusil d’épaule. En effet… que cherchent en priorité les touristes qui viennent visiter Berlin ?

Ainsi, depuis une dizaine ou une quinzaine d’années, les restes du mur sont de mieux en mieux mis en valeur. On les trouve rassemblés sur quelques sites répartis dans Berlin :

- Les pavés « BERLINER MAUER 1961-1989 »
Au sol, des pavés en métal marquent jusqu’à aujourd’hui le tracé du mur de Berlin.

- East Side Gallery
Le plus long vestige du mur authentique (1,3 km de long). Ses pans ont été déplacés sur les rives de la Spree et décorés par 118 artistes de 21 pays en 1990. Leurs graphes et peintures expriment l’euphorie qui a suivi la chute du mur. Certains ont fait le tour du monde comme l’image de la Trabant, voiture de la RDA, transperçant le mur.

-  Le Mémorial du mur (site de la Bernauer Straße)
Le principal lieu de mémoire consacré à la division allemande. Les pans du mur d’alignent sur 1,4 km le long de l’ancienne zone frontalière. On y trouve un centre de documentation, ainsi que le dernier segment du mur dans toute sa largeur. Cela permet de se le représenter à la fin des années 1980. Sa construction, en 1961, a eu des conséquences particulièrement dramatiques dans ce quartier. Les portes et les fenêtres des appartements furent murées, séparant les familles et les voisins. Certains habitants n’hésitèrent pas à sauter par la fenêtre pour fuir à l’Ouest avant qu’il ne soit trop tard.

- Un pan du mur à deux pas de la Potsdamer Platz
Moins connu, un pan de mur authentique de 200 mètres de long est conservé à côté de la Potsdamer Platz. Il est situé dans la Niederkirchnerstraße sur le site du centre de documentation Topographie de la Terreur. Il marquait jusqu’en 1989 la frontière entre les quartiers de Mitte (à l’Est) et Kreuzberg (à l’Ouest). Il laisse apparaître des traces de destruction datant de l’automne 1989. Il est classé monument historique.

- Check-Point-Charlie et le musée du mur
L’ancien poste-frontière entre Berlin-Ouest et Berlin-Est, dans le quartier central de Kreuzberg, est aujourd’hui l’un des principaux sites touristiques de la ville. Il a vécu des moments de tension extrême : à la fin octobre 1961, les chars russes et américains s’y sont fait face 16 heures durant, tenant le monde en haleine dans la crainte d’une nouvelle guerre. Il a aussi connu la liesse de l’ouverture du mur dans la nuit du 9 au 10 novembre 1989. Il comprend aujourd’hui un musée, les vestiges authentiques du mur et ceux d’un poteau-frontière, ainsi que la reconstitution du poste-frontière.

- De la Porte de Brandebourg au quartier gouvernemental
La Porte de Brandebourg est associée pour toujours à la « folle nuit » du 9 novembre 1989. Elle conduit, en se dirigeant vers le Bundestag et la rive de la Spree, à un alignement de sept croix blanches. Il s’agit d’un monument à la mémoire de toutes les victimes du mur.

À travers le monde…

Les restes du mur de Berlin ont, par ailleurs, voyagé sur tous les continents. On en trouve des segments dans le parc des Nations-Unies à New-York, et devant la Commission européen, à Bruxelles. Il en existe aussi des pans entiers aux États-Unis (Miami, Seattle, Los Angeles, etc.), mais aussi à Londres, à Madrid, au Luxembourg, à Moscou, en Israël, au Cap (Afrique du Sud), en Indonésie, à Yokohama (Japon), à Séoul (Corée), à Bangkok (Thaïlande), à Canberra (Australie), à Mexico (Mexique), à Buenos Aires (Argentine) ou encore au Costa Rica. Enfin, en France, il reste des sections du mur de Berlin à Paris (Porte de Versailles), à La Défense, à Caen ou encore à Strasbourg.

Et aussi…

Si les vestiges authentiques du mur sont rares, le développement d’Internet et des technologies numériques a démultiplié les possibilités de cheminer sur ses traces a posteriori. Les sites Internet du land de Berlin, de la Fondation du mur de Berlin, mais aussi des applications utilisant les techniques de réalité virtuelle ou augmentée permettent aujourd’hui de voyager dans le temps (voir les quelques liens ci-dessous).

A.L.

Plus d’informations :

Land de Berlin (en français)
Fondation du mur de Berlin (en français, anglais, allemand)
East Side Gallery : site officiel (en français, anglais, allemand)

Et aussi…
Retrouver les restes du mur sur la carte de Berlin (en anglais/allemand)
Une promenade le long du mur de Berlin en 1989 grâce à la réalité augmentée (en allemand et anglais)
Une plongée dans Berlin-Est et Berlin-Ouest avec l'aide de la réalité virtuelle (en anglais/ allemand)

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