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Angela Merkel : les syndicats, artisans de la cohésion sociale

La Confédération des syndicats allemands (DGB) fête ce mois-ci ses 70 ans.

La Confédération des syndicats allemands (DGB) fête ce mois-ci ses 70 ans., © picture alliance/Geisler-Fotopress

22.10.2019 - Article

À l’occasion du 70e anniversaire de la Confédération des syndicats allemands (DGB), la chancelière a appelé de ses vœux une meilleure couverture des salariés par les conventions collectives.

À l’heure où près d’un salarié allemand sur deux n’est plus protégé par une convention collective, la chancelière Angela Merkel a souhaité que les entreprises redécouvrent les vertus de tels accords entre les partenaires sociaux. «  Il est souhaitable que nous retrouvions en Allemagne un meilleur taux de couverture par des conventions collectives. […] Il en va de la qualité des conditions de travail. Il en va aussi de la flexibilité des entreprises  », a-t-elle déclaré hier, à l’occasion du 70e anniversaire de la Confédération des syndicats allemands (DGB), à Berlin.

 

Seuls 54 % des salariés allemands dépendaient en 2017 d’une convention collectives, selon le DGB. Ils étaient 68 % au début du siècle. Le phénomène progresse depuis le début des années 1990. Il s’explique principalement, selon le DGB, par la baisse de l’emploi industriel au profit du secteur tertiaire (où les entreprises sont généralement de plus petite taille) ainsi que par la résistance de certains employeurs.

Angela Merkel : « Il est souhaitable que nous retrouvions en Allemagne un meilleur taux de couverture par des conventions collectives. […] Il en va de la qualité des conditions de travail. Il en va aussi de la flexibilité des entreprises ».
21 October 2019, Berlin: Chancellor Angela Merkel (CDU) speaks at the 70th anniversary ceremony of the German Federation of Trade Unions (DGB). Photo: Bernd von Jutrczenka/dpa | Verwendung weltweit© picture alliance/Bernd von Jutrczenka/dpa

Pourtant, la couverture des salariés par des conventions collective «  influe sur la négociation salariale  », a plaidé Angela Merkel. C’est d’ailleurs la raréfaction de ces accords qui avait poussé le gouvernement allemand à fixer un salaire minimum légal en 2014.

 

Conquêtes syndicales

 

La chancelière a rappelé les conquêtes de 70 ans de luttes syndicales. Le DGB a été le fer de lance d’avancées multiples et un ciment social essentiel pour la République fédérale. On lui doit la loi sur la cogestion dans les entreprises, un rôle dans l’intégration des travailleurs immigrés dans les années 1960, l’accompagnement des mutations structurelles, notamment dans les nouveaux länder après la Réunification, et un rôle lors de la crise économique de 2009, lorsqu’il a fallu trouver des solutions constructives pour sauver des centaines de milliers d’emplois.

On pourrait ajouter la baisse de la durée du travail, le maintien du salaire en cas d’arrêt maladie, la stabilisation du niveau des pensions de retraites ou encore le retour au financement paritaire de l’assurance maladie.

Le syndicalisme allemand se caractérise par une recherche du compromis et du consensus, a loué la chancelière. C’est un ardent «  défenseur de la solidarité, de la tolérance et de la cohésion sociale  ». Or, ce sont là des valeurs qui doivent plus que jamais être défendues, a-t-elle ajouté. Dans la société face à la recrudescence du populisme, du racisme et de l’antisémitisme. Et dans le monde de l’entreprise à l’heure où la transformation numérique modifie le travail de fond en comble.

 

Un syndicalisme unitaire et indépendant

Divisé et politisé jusqu’à la Seconde Guerre mondiale, le syndicalisme allemand s’est refondé en 1949 sur une base unitaire et indépendante. Le DGB en est l’incarnation. Fondé à Munich le 12 octobre 1949, il rassemble sous un même toit des fédérations professionnelles organisées par branches (au nombre de 16 en 1949 et de huit aujourd’hui).

À travers ses diverses fédérations, il couvre tous les secteurs de l’économie : industrie automobile et construction mécanique (IG Metall), services (Ver.di), mines, chimie et énergie (IB Bergbau, Chemie, Energie), agriculture et environnement (IG Bauen, Agrar, Umwelt), alimentation et restauration (Gewerkschaft Nahrung, Genuss, Gaststätten), rail et transports (Eisenbahn- und Verkehrsgewerkschaft), éducation et recherche (Gewerkschaft Erziehung und Wissenschaft), police (Gewerkschaft der Polizei).

Ses effectifs ont fluctué au cours du temps. Avec quelque six millions d’adhérents, ils sont aujourd’hui proches du niveau de 1949 (5,5 millions), mais en nette baisse depuis les années 1990. Le pic a été atteint au moment de la Réunification avec plus de 11 millions d’adhérents.

Aujourd’hui comme hier, les syndicats allemands qui ne font pas partie du DGB se comptent sur les doigts de la main : Fédération allemande des fonctionnaires (DBB), Confédération des syndicats chrétiens (CGB), ainsi que quelques syndicats sectoriels comme le «  Marburger Bund  » pour les médecins ou les syndicats Vereinigung Cockpit (pilotes) et UFO (personnels navigants) dans l’aéronautique.

A.L.

Plus d’informations :

Discours de la chancelière Angela Merkel (en allemand)

Confédération des syndicats allemands (DGB) (en français/ anglais/ allemand)

70 ans de syndicalisme et d'avancées sociales (texte et graphiques en allemand)

Étude du DGB sur le recul de la couverture des salariés par les conventions collectives depuis le début des années 1990 (en allemand)

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